Exportation de réacteurs vers la Turquie

La chambre basse du parlement japonais a voté en faveur de l’exportation de technologie nucléaire en Turquie et aux Emirats Arabes Unis. Les deux partis au pouvoir, dont le parti bouddhiste, ont voté pour. Le principal parti d’opposition, qui était au pouvoir au moment de la triple catastrophe, a aussi voté pour. Certains de ses élus s’y sont opposés. L’ancien premier ministre, Naoto Kan, qui s’oppose maintenant à l’énergie nucléaire, était opportunément absent.
Le passage devant la chambre haute devrait avoir lieu avant l’été.
Avant 2011, la sûreté du matériel nucléaire exporté devait être garanti par l’autorité de sûreté. La NISA mettait le tampon requis sans rechigner, mais la nouvelle autorité, la NRA, s’y refuse, arguant que ce n’est pas son rôle, étant indépendante.
Il n’est même pas sûr que les réacteurs exportés satisfassent aux nouvelles règles japonaises, prétendument les plus strictes au monde. Le ministère des affaires étrangères veut donc mettre en place un nouveau système de contrôle pour l’exportation.
En Turquie, comme au Japon avant l’accident, l’autorité de sûreté nucléaire n’est pas indépendante.
Comme tous les vendredis, il y a eu des manifestations anti-nucléaire devant le siège du premier ministre et les parlement. La 96ième, qui a eu lieu la veille, a rassemblé environ 350 personnes.

Nouvelles cuves

TEPCO peut actuellement stocker jusqu’à 480 000 m3 d’eau contaminée dans ses cuves, qui sont pleines à 90% et elle compter porter cette capacité à 800 000 m3 d’ici mars 2015. Elle installe maintenant des cuves préfabriquées qui arrivent par bateau.

Départ des déchets après 30 ans ?

Les déchets radioactifs issus de la décontamination ne devraient rester que 30 ans maximum dans le centre de stockage prévu à cet effet, si l’on en croit les autorités. Après, les déchets seront stockés définitivement en dehors de la province de Fukushima. Interrogés par le Fukushima Minpo, 82,7% des habitants de Fukushima ne croient pas à cette fable. Ils sont 71,5% a penser qu’une loi en ce sens serait nécessaire.

Relogement

Selon l’agence de la reconstruction, le terrain a été trouvé pour 3 741 logements pour les évacués de la catastrophe nucléaire. Il reste encore à trouver des terrains pour 1 149 unités. Ce devrait être fait d’ici septembre prochain. Le but est d’avoir tout construit d’ici septembre 2016.

Réacteur n°3 : fin du retrait des débris

Réacteur n°3 : TEPCo a fini de démanteler la partie supérieure du bâtiment réacteur, a commencé à retirer une partie des débris de la piscine et va couvrir le haut du bâtiment pour réduire le débit de dose.Tout a été fait à l’aide d’engins télécommandés car les humains ne peuvent pas y travailler à cause des débits de dose.

Une structure analogue à celle construite sur le réacteur n°4 va être mise en place. Elle devra aussi réduire le débit de dose autour du réacteur.
Documents en japonais sur le retrait des débris et sur la protection de la partie haute.

Présentation du projet de rejet en mer de l’eau pompée en amont

TEPCO a mis en ligne une vidéo en anglais de présentation de son projet de détournement de l’eau souterraine dans le but de réduire les infiltrations dans les sous-sols où elle se contamine. Cela devrait commencer en mai. Cette vidéo n’est pas sur sa page en japonais.
Basée sur une maquette qui ressemble à du sucre, tout est blanc, propre, net. Le commentateur a quelques raccourcis qui tentent de dédouaner TEPCo :
–    il dit que la centrale est au pied de la colline, sur le trajet de l’eau souterraine, mais ne dit pas que TEPCo a rasé la falaise pour y placer les réacteurs à cet endroit ;
–    quand la compagnie explique qu’elle espère ainsi réduire les infiltrations dans les sous-sols, elle retire des cuves pleines d’eau contaminées de l’image. Mais l’eau souterraine continuera à s’infiltrer et TEPCO continuera à construire des cuves de stockage, à un rythme moins soutenu.
–    le mur face à la mer n’arrêtera pas l’eau car on n’arrête pas un écoulement. Il va juste faire que l’eau choisira d’autres chemins pour finir dans l’océan.
Le commentateur dit que l’eau en amont n’est pas contaminée, mais qu’elle va être contrôlée. Il mentionne qu’elle pourrait transporter de la contamination collectée en surface. Dans les faits, cette eau souterraine pompée en amont est contaminée en tritium, jusqu’à 1 200 Bq/L ! Il suffit de regarder les résultats de mesure des derniers prélèvements.
Le tritium vient des cuves, pas de la pollution des sols. Quant aux contrôles en bêta total, ils indiquent tous « ND », qui signifie non-détecté, mais la limite de détection choisie est très élevée : 16 Bq/L. Pour les rejets d’eau de pluie contaminée, TEPCo s’est fixé une limite de 10 Bq/L en strontium à ne pas dépasser. Pourquoi ce ne serait pas la même chose pour l’eau souterraine ?
TEPCO s’engage à publier ses résultats de mesure dans les cuves tampon avant rejet en mer, mais ne parle toujours pas d’analyse faite par des tiers pour contrôler son travail. Elle s’est pourtant déjà trompée plusieurs fois dans ses mesures.
Certains articles de presse mentionnent un laboratoire tiers.

Records du jour de la contamination

Seuls deux petits records de contamination ont donc été battus :
–    près des cuves, en amont des réacteurs, dans le puits F1, il y a maintenant 25 Bq/L en bêta total (prélèvement du 1er avril 2014). Ce puits est en amont de la cuve qui a fui.
–    près du rivage, dans le puits 3-5, il y a maintenant 300 Bq/L en bêta total (prélèvement du 2 avril 2014).

Suite à une menace de tsunami suite à un séisme au Chili, il n’y a pas eu de prélèvement le long du rivage. L’alerte tsunami a été levée. La vague la plus haute a fait 60 cm à Iwaté. L’industrie nucléaire a beaucoup communiqué pour mettre en avant les précautions prises.
Voir, par exemple, le communiqué de TEPCo qui a suspendu les prélèvements le long du rivage.