Record du jour de contamination de l’eau souterraine : en amont des réacteurs, mais en aval des cuves, il y a maintenant 6 100 Bq/L en tritium dans le puits E3 (prélèvement du 20 avril 2014).
Archives mensuelles : avril 2014
Contamination des poissons
TEPCo a mis ses résultats mensuels sur la surveillance des poissons pêchés dans le port et au-delà, à moins de 20 km de la centrale où de nombreux spécimens dépassent encore la limite de mise sur le marché de 100 Bq/kg pour le césium.
Le dernier bilan de la NRA sur la pollution marine est ici en anglais.
Centrales enclavées
Les déchets radioactifs, les cuves et autres équipements occupent une grande surface à Fukushima daï-ichi, surface qui est plus grande que la plupart des autres centrales nucléaires. En cas d’accident sur une autre centrale, y aura-t-il assez de place pour faire face ?
A Fukushima daï-ichi, où il y avait de la place pour deux réacteurs supplémentaires, 90% des 3,5 millions de mètres carrés n’étaient pas utilisés. 2,55 millions de mètres carrés sont dévolus à la gestion de la catastrophe et TEPCo en aurait besoin de 700 000 m2 supplémentaires. Mais, la place va finir par manquer avec le temps.
Le Maïnichi a interrogé les exploitants de 16 centrales nucléaires. Seule la centrale d’Ikata a répondu. Le cadastre a été consulté pour les autres. Il apparaît que pour 13 d’entre elles, la surface de la centrale est plus petite que la surface utilisée à Fukushima.
Japan Atomic Power Co. et Kansai Electric Power Co. ont aussi refusé de répondre à propos de leur stratégie pour faire face au problème en cas d’accident.
Un représentant de Chubu Electric Power Co. a expliqué que la compagnie faisait tout pour éviter un tel accident. Et d’ajouter qu’il n’y avait pas le même problème d’eau souterraine à sa centrale.
Série de records de la contamination et une nouvelle fuite
Nouvelle série de records de contamination de l’eau souterraine après le week-end :
– près du rivage, dans le puits 2-7, il y a maintenant 910 Bq/L en bêta total (prélèvement du 18 avril 2014) ;
– dans le puits 1-16, il y a maintenant 13 Bq/L en bêta total (prélèvement du 17 avril 2014) ;
– dans l’eau de mer, la contamination en tritium à l’intérieur de la barrière de protection, est la plus élevée en 5 points de prélèvement datés du 14 avril 2014. Cela va de 540 à 1 400 Bq/L.
La contamination en tritium de l’eau souterraine dans le puits de pompage n°12 est repassée sous la limite de 1 200 Bq/L en tritium (prélèvement du 18 avril 2014). Pour combien de temps ?
Il y a une nouvelle fuite sur des cuves le 18 avril dernier. La contamination de l’eau est de 29 Bq/L en césium et de 130 Bq/L en bêta total. Voir les photos et explications en japonais.
Piscine n°4
TEPCo a retiré 704 assemblages de combustibles de la piscine du réacteur n°4.
Handicapés en difficulté
On sait que les personnes handicapées sont plus vulnérables lors de la phase d’urgence d’une catastrophe quelle qu’elle soit. Mais c’est aussi le cas à long terme. Selon le Maïnichi, il y avait 28 centres d’accueil pour personnes handicapées dans la dizaine de communes du district de Soso, situé à moins de 30 km de la centrale, il n’y en a plus que 15. Cela entraîne des complications et des souffrances pour les personnes elles-mêmes, mais aussi pour les familles.
Plans d’évacuation
Le Japon requiert maintenant un plan pour évacuer toute la population dans un rayon de 30 km autour des centrales nucléaires. Selon la NRA, seulement 64 communes sur 135 concernées ont fini leur plan. Pour 6 zones sur 13, il n’y a aucun plan. C’est le cas, en particulier, à Fukushima, où les autorités locales ne veulent pas entendre parler de redémarrage, à Miyagi où la reconstruction est la priorité, à Ibaraki et Shizuoka où il y a près d’un million d’habitants dans un rayon de 30 km.
Tamura : tensions internes
Dimanche 20 avril, il y aura des élections municipales à Tamura et les candidats ont largement ignoré le district de Miyakoji où l’ordre d’évacuer a été levé le 1er avril dernier. Selon le Maïnichi, les quelques habitants qui sont rentrés ou qui y passent la journée, ont le sentiment d’être oubliés. Ils souhaitent pourtant que leurs problèmes soit pris en compte.
Le district de Miyakoji a été évacué car il était à moins de 20 km de la centrale. Cependant, il y a d’autres zones de Tamura, situées au-delà des 20 km, qui sont plus contaminées que Miyakoji, mais où il n’y a pas eu d’ordre d’évacuation car l’exposition externe y est inférieure à 20 mSv/an. Les habitants ne sont pas indemnisés, alors que ceux de Miyakoji le sont jusqu’au 31 mars 2015. C’est une source de frustration et d’incompréhension.
Ôï : renforcement de la tenue aux séismes
Kansaï Electric (KEPCo) s’est finalement résignée à renforcer la résistance sismique de ses réacteurs 3 et 4 de la centrale d’Ôï (Fukui), ceux là même qui avaient redémarrés durant l’été 2012 pour être arrêtés à nouveau en septembre 2013. La compagnie a longtemps essayé de passer outre les recommandations de la NRA en prétendant que ses réacteurs étaient suffisamment résistants, mais, elle a finalement dû les prendre en compte. Les travaux vont prendre du temps et retarder d’autant tout espoir de redémarrage.
KEPCo va donc mettre la priorité sur les réacteurs 3 et 4 de sa centrale voisine de Takahama.
Sharp va construire une centrale solaire à Tomioka, à 11 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. L’électricité sera vendue à Tôhoku Electric pendant 20 ans. Le terrain est loué à la commune et la compagnie va aider à la reconstruction du village.
Mise en ligne des données secrètes
Le gouvernement a mis en ligne toutes les données sur les doses potentiellement reçues par les habitants qui retourneraient vivre dans les zones évacuées d’Iitaté, Tamura et Kawauchi. Données qui étaient cachées depuis octobre 2013.
Au lieu d’une estimation grossière de la dose potentiellement reçue, basée sur le niveau de dose ambiant et l’hypothèse que chaque habitant passe 8 heures par jour à l’extérieur, le gouvernement avait commandé une étude plus fine à l’aide de dosimètres placés en 43 zones, avec plusieurs appareils par zone, et une reconstitution de la dose en fonction de mode de vie. Il espérait ainsi montrer que la dose réelle est bien inférieure à celle estimé grossièrement. Ce n’est pas le cas.
Partout où les mesures ont été faites, les doses annuelles sont bien inférieures à 20 mSv/an, limite fixée par le gouvernement pour le retour. Mais cette limite correspond à la phase d’urgence et la CIPR préconise de choisir une limite dans la partie basse de la fourchette 1-20 mSv/an pour les situations à long terme.
A Kawauchi, où le gouvernement veut lever l’ordre d’évacuer à partir de juillet prochain, la dose estimée est de 3 mSv/an. A Miyakoji, où l’ordre à déjà été levé, les travailleurs forestiers pourraient prendre 2,3 mSv/an. Les agriculteurs, entre 0,9 et 1,2 mSv/an, un enseignant, environ 0,7 mSv/an.
Un premier document de 8 pages est ici en japonais. Un autre, plus complet, est ici en japonais.
Les habitants originaires du district de Miyakoji, où l’ordre d’évacuer a été levé le 1er avril dernier, se sentent trahis par le gouvernement qui leur a caché les données sur la mesure des doses potentielles obtenues par les nouvelles méthodes d’évaluation.