Loi sur le secret et nucléaire

Alors que la loi sur le secret continue de faire des remous, que les sondages montrent une forte opposition, le premier ministre se veut rassurant. Il a promis qu’il n’y aurait pas d’abus. Mais, au Japon aussi, les promesses n’engagent que ceux qui y croient… Il a aussi proposé, à la dernière minute, la mise en place d’une commission qui supervisera le secret. Mais, comme l’explique le Maïnichi, depuis la mise en place de la nouvelle autorité de sûreté, en septembre 2012, le secret concernant le nucléaire n’est contrôlé par personne. Une telle commission avait été mise en place par la précédente autorité de sûreté, la NISA. La nouvelle, qui est plus indépendante, se déclare être, elle même juge dans cette affaire. Mais elle a surtout des compétences techniques et d’autres urgences. En attendant, les compagnies classifient ce qu’elles veulent.

Aveux d’un ancien premier ministre

L’ancien premier ministre, Junichiro Koïzumi, a déclaré à une journaliste du Asahi : “Denjiren (la Fédération des compagnies électriques du Japon) a dit un paquet de mensonges. Quand les experts disent que la production d’énergie nucléaire est sûr et ne coûte pas cher et que c’est la seule voie à suivre si nous voulons cesser de compter sur le charbon, bien, nous les croyons. Mais ils nous ont menti pendant des années. Et le fait est que nous ne connaissions pas grand chose à propos de la production d’énergie nucléaire. Nous avons eu peu d’intérêt pour ce sujet avant le 11 mars 2011, et nous avions aucune idée de comment il est difficile de contrôler l’énergie nucléaire.”

Sites d’entreposage : achat des terrains envisagé

Le gouvernement veut acheter les terrains où il compte installer les centres d’entreposage des déchets issus de la décontamination : cela devrait lui coûter 100 milliards de yens (plus de 700 millions d’euros) sur le budget 2014 qui ne seront pas remboursés par TEPCo. La construction des centres et leur exploitation devraient coûter 10 fois plus. En 2013, 14,6 milliards de yens (100 millions d’euros) ont été affectés aux études préliminaires sur les sites présentis à Futaba, Ôkuma et Naraha.

Le gouvernement espère commencer à y mettre des déchets en 2015. Les estimations sont de l’ordre de 3 à 5 km2 pour ces sites et le gouvernement prévoit d’acheter 18 km2 de terrains. Le volume de déchets à y mettre serait de l’ordre de 15 à 28 millions de m3. Les deux ministres viendront le 14 décembre tenter de convaincre les élus locaux.

Reprise des déchets liquides à Tôkaï-mura

On l’a déjà dit, l’installation de retraitement de Tôkaï-mura (Ibaraki) a des déchets liquides qui menacent. La NRA va donc autoriser la reprise partielle des activités afin de les reprendre. Il y a 3,5 m3 d’une solution qui contient du plutonium et plus de 400 m3 de déchets très radioactifs à vie longue. La solidification du plutonium devrait prendre deux ans et la vitrification des déchets liquides, 21 ans !

Arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi

TEPCo devrait annoncer la semaine prochaine qu’elle va demander l’arrêt définitif des réacteurs n°5 et 6 de Fukushima daï-ichi, comme cela lui a été fortement suggéré par le premier ministre. Elle va consulter les élus locaux avant.

Il ne restera, officiellement, plus que 48 réacteurs, tous à l’arrêt. D’autres arrêts définitifs devraient suivre.

Sûreté nucléaire : peut mieux faire

Le président de la commission d’enquête parlementaire qui avait travaillé sur l’accident de Fukushima, n’est pas entièrement satisfait de la nouvelle autorité de sûreté japonaise, la NRA. Elle est certes indépendante, comme cela avait été réclamé, mais il l’a trouve trop repliée sur elle-même. Dans une interview à l’agence Bloomberg, il réclame une internationalisation de la sûreté à l’instar de ce qui a été fait pour l’aviation civile.
Les grandes compagnies d’électricité gardent une grande influence sur la politique du pays et font un lobbying intense pour retarder certaines décisions concernant l’ouverture du marché.

Limiter les indemnisations

Un groupe gouvernemental veut limiter les indemnisations reçues par les évacués de la catastrophe de Fukushima à un total allant de 10 à 14 millions de yens (71 000 à 100 000 euros). Et comme les habitants des zones les plus contaminées, où l’exposition externe dépasse les 50 mSv/an, ont déjà reçu 7,5 millions de yens, ils seront bientôt au maximum. De nombreuses personnes concernées sont furieuses.

Mission “déchets”

Les ministres de l’environnement et de la reconstruction sont à Fukushima pour prier les populations locales d’accepter les centres d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination dans les communes de Futaba, d’Ôkuma et de Naraha, qui sont les plus proches de la centrale.
Officiellement, ces déchets n’y resteront que 30 ans, le temps de trouver un site définitif, mais personne n’est dupe. Ces trois communes avaient accepté les études pour la recherche de site, pas les sites. Les discussions se font avec le gouverneur de Fukushima et les trois maires, pas la population.
Les deux ministres veulent aussi convaincre le maire de Tomioka d’accepter les boues de stations d’épuration et les cendres d’incinérateurs qui dépassent les 100 000 Bq/kg en césium.
Le ministre de l’environnement va aussi mettre en place un groupe de travail pour discuter du transport des déchets vers ces trois sites. La quantité totale de sol contaminé est de l’ordre de 35 millions de tonnes, selon les estimations officielles. Cela va donc prendre des années.