Miyakoji : peu de retours envisagés

On s’en souvient, les habitants de la partie Est du district de Miyakoji à Tamura, située à moins de 20 km de la centrale, peuvent retourner et dormir chez eux pour rétablir les conditions de vie sur place. L’ordre d’évacuation n’est pas encore levé pour qu’ils puissent continuer à recevoir une indemnisation. Il devrait l’être au printemps prochain et l’aide financière s’arrêtera un an plus tard.

Sur 117 foyers concernés, seuls 30 sont revenus pour une longue durée. Le débit de dose est tel que l’exposition externe dépasse 1 mSv par an, la limite de dose en temps normal. Les jeunes avec enfants ne veulent donc pas rentrer. Certaines personnes âgées préfèrent rentrer, d’autres préfèrent rester avec leurs enfants et petits enfants.

L’Asahi a interrogé les 117 foyers et a obtenu 60 réponses : 16 vont rentrer après la levée de l’ordre d’évacuation, 7 ne rentreront jamais. 24 ne rentreront pas, mais n’excluent pas de le faire plus tard. Les 13 restant sont indécis.

Le quotidien a ensuite demandé aux 37 foyers qui n’ont pas encore de réponse définitive, quelles seraient les conditions nécessaire à un retour. C’est la stabilisation de la situation à la centrale qui arrive en premier (29 réponses), suivie par la baisse des niveaux de contamination (26 réponses). Trois réponses étaient possibles.

Le scénario de fusion revisité

TEPCo a rendu publiques de nouvelles conclusions sur la fusion du cœur du réacteur n°3. Elle avait estimé que la fusion avait commencé le 13 mars 2011 à 13h40. La fusion est due à un manque d’eau qui serait dû, d’après la nouvelle étude, à un dysfonctionnement d’un système de secours (pas vraiment une révélation…). Le système d’injection d’eau de refroidissement sous pression serait tombé en panne. Le rapport d’enquête gouvernementale avait dit que ce système avait été arrêté manuellement, mais TEPCo prétend qu’il était déjà défaillant. La fusion aurait donc pu commencer plus tôt et plus de combustible pourrait avoir fondu et percé la cuve.

Ce n’est pas le seul problème : l’eau injectée par les camions pompier à partir de 9h ce jour là ne serait pas parvenue dans la cuve du réacteur à cause de vannes restées ouvertes qui auraient dévié une partie de l’eau vers d’autres zones. TEPCo prétend que la quantité d’eau injectée était suffisante. Plus de 7 fois la quantité nécessaire pour le réacteur n°2. Des problèmes similaires sur les vannes auraient eu lieu dans les réacteurs 1 et 2, où il y a aussi eu fusion du coeur. Il était impossible d’envoyer des personnes actionner les vannes à cause de la trop forte radioactivité.

Voir le document, la présentation et le communiqué de presse en japonais. La version anglaise est maintenant disponible pour la présentation. Voir aussi la liste des documents.

TEPCo connaissait ces problèmes de circulation de l’eau depuis la fin mars 2011, mais n’en a jamais parlé avant… TEPCo reste TEPCo. Elle a modifié les vannes en conséquence dans ses réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa, toujours à l’arrêt.

Toshiba et ses sous-traitants rappelés à l’ordre

Toshiba et ses 17 sous-traitants se sont fait rappeler à l’ordre par l’inspection du travail car les ouvriers ont travaillé trop longtemps à proximité de l’eau radioactive. La loi japonaise limite à 10 heures par jour la durée du travail quand il y a des risques, 8 heures plus deux heures supplémentaires. Toshiba et ses sous-traitants ont reconnu que certains de leurs employés ont dépassé cette durée. Et comme les alarmes des dosimètres sonnaient au bout de 9 heures et trente minutes de travail, ils étaient changés avant de retourner sur le chantier.

Ils ont donné comme excuse qu’ils ne savaient pas que le temps de préparation et d’attente est compris dans le temps de travail. Un représentant de la compagne a même dit que le dépassement n’était, au plus, que de quelques heures… Après dix heures de travail, on l’espère ! Si une multinationale comme Toshiba n’est pas capable de comprendre correctement le droit du travail, c’est inquiétant.

Abattage des cochongliers

Des cochons abandonnés lors de l’évacuation se sont croisés avec des sangliers sauvages pour former des “inobuta” ou “conchongliers”. Ils pénètrent dans les maisons et les fermes abandonnées à la recherche de nourriture. Les autorités veulent demander à des chasseurs de les abattre pour faciliter le retour des populations.