Peu de retours à Kawauchi

La plus grande partie du village de Kawauchi est située entre 20 et 30 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a d’abord eu un ordre de se tenir à l’abri qui a duré longtemps, puis, comme c’était intenable, les autorités ont recommandé l’évacuation. Presque tous les 3 000 habitants sont partis. En avril 2011, la recommandation à l’évacuation a été levée, sauf pour les parties à moins de 20 km de la centrale, et des travaux de décontamination ont été menés.

Le village a 2 700 habitants inscrits, mais seulement 535 habitants étaient rentrés chez eux en octobre dernier. Ils étaient 342 en avril 2012. 65% des villageois de retour ont plus de 65 ans, contre 35% avant la catastrophe. Les jeunes ne rentrent pas car les obstacles sont nombreux : le lycée de secteur est toujours en zone évacuée. D’autres se sont habitués à une vie plus urbaine et ne veulent pas retourner. Le maire appelle au retour des habitants.

Avant mars 2011, les habitants de Kawauchi faisaient 30 min en voiture pour se rendre à Ôkuma ou Tomioka pour voir un médecin, faire des courses ou travailler. Ce n’est plus possible car ces deux bourgs sont évacués. La commune fait tout pour développer les services et commerces. Elle espère aussi attirer de nouveaux habitants.

Rapport de l’AIEA sur la décontamination

L’AIEA est allée visiter des chantiers de décontamination Potemkine. Son rapport final est ici. Rien sur les scandales liés aux déchets réjetés dans les rivières, rien sur la sous-traitance et les conditions de travail. Mais une affirmation que n’importe quelle dose entre 1 et 20 mSv/an est acceptable. Les membres de l’équipe seraient-ils prêts à aller y vivre avec leurs enfants ?

Electricité thermale à Tsuchiyu

A Tsuchiyu, un célèbre onsen (source thermale) de Fukushima qui a perdu de nombreux touristes, des hôteliers ont investi dans la génération d’électricité grâce à l’eau chaude naturelle. Après avoir fait tourné une turbine, l’eau est encore assez chaude pour être utilisée dans les bains. Ils espèrent ainsi générer 2,8 MWh d’électricité, de quoi fournir 500 foyers.

Dosimètres personnels de moins en moins utilisés

Les autorités ont distribué des dosimètres individuels à Fukushima, d’abord aux enfants et femmes enceintes, puis à toute la population. Ce sont les mairies qui en ont la charge. La télévision publique, la NHK, a contacté 26 mairies et il apparaît qu’il y a une forte baisse de l’utilisation de ces appareils, de 40% par rapport à 2011. Et c’est dans la ville de Fukushima que la baisse est la plus forte.
Environ 85 000 personnes continuent à les utiliser.

Le maire de Minami-Sôma réélu

Katsunobu Sakuraï a été réélu au poste de maire de Minami-Sôma. Il était devenu célèbre dans le monde entier suite à son appel sur Youtube où il appelait à l’aide au tout début de la catastrophe en expliquant sobrement la situation sur place. La partie Sud de la commune côtière est à moins de 20 km de la centrale et a dû être évacuée. Le tsunami a aussi fait des dégâts. Sur 54 000 électeurs, 11 000 vivent en dehors de la commune.
Il est devenu anti-nucléaire et très actif dans le mouvement des élus locaux opposés à cette énergie, alors que ses deux rivaux, proches du principal parti au pouvoir, soutenaient l’énergie nucléaire… dans les autres régions.

Retour à Tamura ?

Le district de Miyakoji de Tamura, commune située à une vingtaine de kilomètres de la centrale, devrait être le premier à voir l’ordre d’évacuer levé. Lors d’une rencontre entre les autorités, des représentants de la commune et 25 habitants du district, ces derniers ont demandé à ce qu’ils puissent officiellement rentrer à partir du 1er avril prochain, car cela correspond au début de l’année fiscale et scolaire.
Ils peuvent déjà rester chez eux, même pour la nuit, mais l’ordre d’évacuation est maintenu pour qu’ils puissent continuer à recevoir un soutien financier.
Les travaux de décontamination sont officiellement terminés. Mais des familles avec enfants réclament une nouvelle décontamination et des objectifs en terme de débit de dose. Le gouvernement refuse ces objectifs chiffrés car il ne pourra probablement pas les atteindre. D’autres demandent une décontamination plus vaste car elle se limite actuellement à la proximité immédiate des zones de vie. Une fois les habitants rentrés, le gouvernement continuera-t-il à décontaminer ? Certains en doutent et réclament un engagement ferme des autorités.

Fukushima peu attractive

Il y a de moins en moins d’étudiants à Fukushima alors que dans les provinces voisines touchées par le tsunami, le nombre d’étudiants est revenu au niveau de l’avant 11 mars 2011. C’est surtout le nombre d’étudiants en provenance d’autres régions qui a chuté.

Le blog ex-skf a déniché et traduit une petite annonce pour aller décontaminer à Fukushima : “Travail facile, surtout tonte, élagage et élimination de la couche supérieur de sol”. Aucune mention de la radioactivité, même si les lieux concernés sont contaminés.

Le gouvernement envisage une aide pour pousser au retour

Le gouvernement veut accélérer le retour des populations en leur donnant une prime pour les aider à reconstruire leur vie sur place. Les personnes qui rentreront dans les deux ans qui suivent la levée de l’ordre d’évacuation devraient recevoir 900 000 yens supplémentaires (6 400 euros). Les détails sur cette prime seront connus à partir du printemps prochain. Il va aussi leur distribuer des dosimètres individuels pour qu’elles puissent contrôler leur exposition réelle dans des zones où elle pourrait monter jusqu’à 20 mSv/an. Rappelons que 20 mSv par an correspond à la limite des travailleurs du nucléaire. Le but des dosimètres est d’apprendre à vivre en territoire contaminé en limitant les doses prises.
De nombreuses associations d’aide aux victimes réclament de laisser le choix aux populations évacuées en leur proposant soit de rentrer, soit de se réinstaller ailleurs, sans discrimination financière.
Pour le moment, l’aide à la réinstallation ailleurs n’est prévue que pour les 25 000 personnes qui vivaient dans la zone classée “retour difficile” là où l’exposition externe pourrait dépasser 50 mSv/an.
C’est TEPCo qui devra payer ces aides supplémentaires grâce aux prêts sans intérêt du gouvernement.