Le gouvernement a reporté la levée de l’ordre d’évacuer une partie du village de Kawauchi, situé à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. C’était prévu pour le 26 juillet prochain, mais les habitants sont réservés. Lors de la dernière réunion publique qui a eu lieu la veille, le représentant du gouvernement a donc conclu qu’il valait mieux revoir le calendrier.
Les habitants sont autorisés à dormir sur place depuis avril dernier. Mais parmi les récriminations, il y a les niveaux encore élevés de la contamination, que des infrastructures doivent encore être réparées, comme des routes. Et puis, il y a les déchets issus de la décontamination qui s’entassent toujours partout, sans solution. Le contrôle citoyen de la contamination n’a pas eu lieu non plus. Il vient à peine d’être organisé.
Il y a 157 foyers (329 personnes) qui vivaient dans la partie Est du village située à moins de 20 km de la centrale. Parmi eux, 139 foyers (275 personnes) sont concernés par ce programme de retour et peuvent passer la nuit chez eux. Mais seulement 20 foyers en ont fait la demande.
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Prévisions de dose
Le gouvernement a fait une estimation des doses liées à l’exposition externe dans les zones évacuées à l’horizon 2021, c’est à dire après 10 ans. Après des travaux de décontamination, là où il y a 100 mSv/an, il y aura entre 9 et 20 mSv/an. Et là où il y a 50 mSv/an, il y aura entre 6 et 11 mSv/an. Ces calculs sont basés sur une hypothèse que les habitants passent 6,5 à 8 heures par jour à l’extérieur (selon les médias) et le reste du temps dans une maison en bois où l’exposition est moindre.
A titre de comparaison, la limite d’exposition en temps normal est de 1 mSv/an et les autorités ont augmenté cette limite à 20 mSv/an pour l’évacuation et pour le retour. Il a promis un retour à la limite de 1 mSv/an à long terme, sans donner de calendrier.
Comme les autorités semblent optimistes, cela signifie qu’elles ne vont pas passer à 1 mSv/an avant 2021. Pour s’approcher de la limite basse, il veut revoir la méthode de calcul et considérer un scénario moins pénalisant. Il espère ainsi pouvoir afficher des doses annuelles allant de 1 à 12 mSv/an.
Reprise de la culture du riz
Après la catastrophe nucléaire de mars 2011, le gouvernement avait interdit la culture du riz dans 12 communes. De nombreux agriculteurs ont aussi renoncé d’eux-mêmes à planter. Ce printemps, l’interdiction de cultiver et les restrictions volontaires ont été levées sur 5 600 hectares répartis sur 6 communes. C’est lié à la baisse de la contamination des sols et aux autorisations de retour pendant la journée. Cependant, peu d’agriculteurs concernés ont planté du riz cette année.
A Minami-Sôma, la culture a repris sur 111 hectares, soit 3,6% de la surface disponible. C’est 0,2% à Tomioka et 0,1% à Namié et Ôkuma, 0,06% à Katsurao. Rien à Futaba.
Ils estiment que la décontamination des rizières ou des canaux d’irrigation n’a pas été suffisante. Dans 5 communes, il a d’abord été décidé de planter du riz à titre expérimental, de le faire contrôler, puis de décider ensuite si la culture à grande échelle peut être reprise.
Il y a aussi un manque de motivation de certains agriculteurs et la peur de ne pas pouvoir vendre la récolte.
Projet de ville nouvelle pour les travailleurs de Fukushima daï-ichi
Le gouvernement prévoit la construction d’une ville nouvelle pour héberger les 5 000 travailleurs impliqués dans le démantèlement des 6 réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a voit là aussi l’opportunité de créer de l’emploi localement et favoriser le retour des populations. Mais les élus locaux se demandent qui d’autre voudra y vivre ?
Actuellement, la plupart des travailleurs demeurent au-delà des 20 km. Le gouvernement veut s’installer à Ôkuma, situé à 10 km, après avoir décontaminé. Le projet inclut aussi une clinique, des restaurants… Le maire d’Ôkuma y est favorable.
Ce projet accompagne aussi la volonté du gouvernement de faire des réacteurs 5 et 6 une centre de recherche sur le démantèlement ouvert aux université et à l’industrie. Un institut de recherche en robotique devrait y être installé.
Le gouvernement veut aussi construire une centrale thermique le long de la côte et installer un centre de développement des énergies nouvelles. Il y a aussi l’idée d’une ferme contrôlée par ordinateur… Il espère ainsi créer 15 000 emplois supplémentaires.
Le nom de tout cela, « Innovation coast ».
Retour et limite de dose
Le gouvernement japonais s’est fixé comme objectif à long terme de décontaminer de façon à ce que l’exposition annuelle soit inférieure à 1 mSv/an. Il n’a jamais donné de calendrier et, pour la politique de retour actuelle, il s’accroche au 20 mSv/an.
Cet objectif est traduit par un débit de dose de 0,23 microsievert par heure. Pour faire ce calcul, il est supposé que les personnes passent 8h par jour à l’extérieur et 16h à l’intérieur où le débit de dose est 60% plus faible qu’à l’extérieur. Le bruit de fond naturel de 0,04 microsievert/h est ensuite ajouté.
Selon le blog ex-skf, le ministère de l’environnement serait en discussion avec les communes pour revoir cet objectif qui est difficilement atteignable. Un seuil 2 fois plus élevé serait choisi, avec un débit de dose entre 0,4 et 0,6 microsievert/h.
Pour justifier ce choix, les autorités estiment que le calcul précédent est trop pénalisant : peu de gens restent 8 heures par jour à l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments en béton, le débit de dose est réduit de 80, voire 90%.
Rappelons que cette limite de 1 mSv/an n’est pas une limite d’innocuité, mais une limite à ne pas dépasser en prenant compte de toutes les sources d’exposition possibles.
Train en zone évacuée
Le train a recommencé à circuler entre Hirono et la station Tatsuta à Naraha, commune complètement évacuée. C’est la première fois qu’un train circule dans la zone évacuée. Il y avait 160 passagers pour le premier voyage qui a eu lieu le 1er juin matin.
La commune de Naraha a aussi rouvert sa mairie. Une vingtaine d’employés municipaux étaient résents.
Naraha : retour au printemps 2015 ?
Le maire de Naraha, commune située à proximité de la centrale nucléaire, espère que ses 7 500 administrés pourront rentrer au printemps 2015. Les travaux de décontamination sont presque terminés. Il faut encore rétablir les infrastructures, commerces, centres de soins…
Cependant, le gouvernement n’a pas encore répondu aux exigences de la municipalité :
– décontamination des forêts qui couvrent 70% de la commune ;
– décontamination des sédiments d’un réservoir d’alimentation en eau qui sont très contaminés ;
– décontamination et nettoyage de l’intérieur des maisons abandonnées depuis plus de trois ans.
Lors de la dernière réunion publique qui s’est tenue en avril dernier, les habitants n’ont pas réclamé un retour rapide.
La décontamination des points chauds est terminée
En dehors des zones d’évacuation, le gouvernement avait recommandé l’évacuation de points chauds qui avaient été découverts jusqu’à l’automne 2011. Il ne s’agissait que d’un conseil à évacuer, mais 80% des foyers concernés sont partis. A Minami-Sôma, par exemple, il y a 142 points chauds affectant 152 foyers.
La décontamination est terminée pour tous ces points chauds et le gouvernement envisage de lever le conseil à évacuer. Il va organiser des réunions.
Restitution de J-Village
J-Village, une ancienne base d’entraînement de foot située à 20 km de la centrale de Fukushima, a été transformée en camp retranché de TEPCo pour gérer l’accident. Le gouvernement persiste à vouloir lui rendre son rôle d’origine avant les JO de 2020. Il espère que l’équipe japonaise de foot et des équipes étrangères viendront s’y entraîner.
TEPCo approuve et veut rendre le site en 2018 pour qu’il soit utilisable à partir de 2019.
Naraha veut plus de décontamination
Le conseil municipal de Naraha a demandé plus de décontamination avant d’envisager le retour des habitants, alors que les travaux sont officiellement terminés depuis mars dernier. Il demande que l’exposition externe soit inférieure à 1 mSv/an, que la décontamination de l’intérieur des maisons soit prise en charge par le gouvernement. La commune exige aussi la décontamination du barrage d’alimentation en eau potable où les sédiments sont fortement contaminés.