La route nationale n°6, qui passe à travers la zone interdite autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, vient d’être rouverte à la circulation pour les voitures, camions… mais pas pour les deux-roues. Les automobilistes n’ont pas le droit de s’arrêter et de sortir de leur véhicule sur la portion de 14 km située entre Futaba and Tomioka qui vient d’être rouverte.
En effet, les débits de dose le long de cette portion de route restent très élevés : ils sont, en moyenne, de 3,5 microsieverts par heure et culminent à 14,7 microsieverts par heure. D’après les tests, les véhicules récolteraient peu de poussières.
Cette route, orientée Nord-Sud, va éviter un grand détour à de nombreux véhicules et leur permettre de gagner deux heures de route entre Sôma et Iwaki.
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Levée prochaine d’un ordre d’évacuation
Ouverture prochaine de la route nationale 6
La route nationale 6, qui traverse du Nord au Sud la zone interdite autour de la centrale de Fukushima, devrait être entièrement rouverte à la circulation. Actuellement, 14 km passent dans la zone où l’exposition annuelle dépasse 50 mSv. Les travaux de décontamination sont terminés depuis Août dernier.
Le gouvernement devrait bientôt indiquer les débits de dose résiduels et installer des caméras de surveillance pour garantir la sécurité.
Vidéos IRSN
L’IRSN a mis en ligne les vidéos d’un colloque interne sur la « récupération des territoires contaminés ». L’Institut vante toujours son ouverture à la société civile mais ne l’invite jamais quand il s’agit de sujets l’intéressant directement.
Tourisme radioactif
Réunion publique pour le retour à Kawauchi
Le gouvernement a organisé une réunion publique, dimanche, avec les habitants de Kawauchi à propos de la levée de l’ordre d’évacuer. 80 personnes étaient présentes en plus des émissaires. La dernière fois, le gouvernement avait proposé de lever l’ordre d’évacuation le 26 juillet dernier, mais les habitants s’y étaient opposés. Cette fois-ci, il a mieux préparé la réunion avec l’aide du maire et a proposé une deuxième décontamination des points les plus chauds et la réparation des routes. Tout devrait être fini d’ici septembre et l’ordre d’évacuer pourrait être levé à partir du 1er octobre 2014. Le gouvernement a proposé deux dates : le 26 août, qui correspond à la fin de la première période de retour temporaire qui a commencé le 26 avril, et 1er octobre.
Comme toujours, c’est le droit à choisir son lieu de résidence, garanti par la constitution, qui est mis en avant par le gouvernement. Et donc, si les zones en question ne posent pas de problème pour la santé, l’ordre d’évacuation doit être levé. Mais la limite de dose déterminée par le gouvernement pour le retour reste élevée. Et le droit à la santé doit concerner chaque individu, pas un individu moyen.
275 habitants répartis dans 139 foyers sont concernés. Ils habitaient dans la partie Est de la commune, qui est à moins de 20 km de la centrale.
Le maire a donné son accord, sous le prétexte qu’est autorisé à rentrer ne signifie pas être obligé à rentrer. Mais le sujet divise toujours les habitants. La majorité d’entre eux a exprimé fortement son opposition, mettant en avant le fait que la contamination est encore élevée. Par ailleurs, l’indemnisation de TEPCo qui va s’arrêter au bout d’un an, est aussi un sujet d’inquiétude. Comment gagner sa vie à Kawauchi ? Qu’en sera-t-il de la nourriture ? Peut-on cultiver ?
La décision officielle sera prise bientôt. Ce sera alors le deuxième district où l’ordre d’évacuer est levé. Les habitants étaient déjà autorisés à rentrer chez eux, et même y passer la nuit, pour préparer leur retour. Mais seulement 55 d’entre eux en ont fait la demande à ce jour. le retour ne devrait pas être immédiat.
Par ailleurs, le statut d’un district adjacent va changer de catégorie : de zone de retour difficile, il va passer à zone de préparation au retour. 54 habitants répartis dans 18 foyers sont concernés.
Chantiers pilote de décontamination de la forêt
Des chantiers pilote de décontamination de la forêt vont être lancés dans quatre villages de Fukushima : 30 hectares dans le district de Miyakoji de la commune de Tamura où l’ordre d’évacuer a été levé récemment, 10 hectares dans le district d’Odaka de Minami-Sôma, 30 hectares dans le district de Modo de Kawauchi et 10 hectares dans le district de Nimaibashi à Iitaté. Il s’agit de tester l’efficacité des méthodes tout en limitant l’exposition des travailleurs afin de permettre la reprise des activités de l’industrie forestière et de réduire « l’anxiété » des habitants qui souhaitent rentrer. Pas leur exposition à la radioactivité ? Ce sont des forêts privées situées dans les zones où c’est le gouvernement qui a pris en charge la décontamination.
L’agence des forêts estime le coût à 300 millions de yens (2,2 millions d’euros). Un appel d’offre va être lancé pour débuter en septembre prochain.
Rappelons que la province de Fukushima est couverte à 70% de forêts. Combien va coûter la décontamination des forêts ?
Vente de fraises d’Iitaté
Des fraises cultivées à Iitaté, village évacué, viennent d’être mises sur la marché. C’est le premier produit agricole cultivé dans les zones évacuées à être vendu.
Les fraises ont été cultivées sous serre dans une zone de préparation au retour où les travaux de décontamination sont terminés. Les bâches en plastique de la serre et la terre ont été changées. Un contrôle de la radioactivité a été fait par les autorités régionales. L’exploitant de la ferme a fait faire d’autres contrôles par la commune et un laboratoire privé pour regagner la confiance des consommateurs.
Le 15 juillet dernier, un agriculteur de Shinchi, dans la province de Fukushima, a repris la vente de champignons shiitaké. Ce sont les premiers shiitakés de Fukushima à être remis sur le marché. Il y en avait 24 kg et la plus forte contamination était de 5 Bq/kg. La provenance était indiquée sur les paquets.
Vie dans les territoires contaminés : gestion par la dose
On en a déjà parlé, mais le ministère de l’environnement progresse dans son choix d’augmenter la limite de dose acceptable à l’issue des travaux de décontamination. Actuellement, l’objectif est de passer sous la limite de 0,23 microsievert par heure. En estimant que l’on passe 8 heures par jour dehors et 16 heures par jour à l’intérieur où l’exposition serait réduite de 60%, cela correspond à une dose annuelle de 1 mSv (après avoir retiré le bruit de fond de 0,04 microsievert par heure). C’est la limite à ne pas dépasser en temps normal.
Le ministère veut passer à une limite située entre 0,3 et 0,6 microsievert par heure et va bientôt présenter son projet aux autorités locales. En effet, même après des travaux de décontamination, il n’est pas facile de descendre sous cette limite. Les habitants concerné demandent de nouveaux travaux de décontamination, qui ne seront peut-être pas beaucoup plus efficaces.
Le ministère pense que l’estimation de la dose annuelle est trop pénalisante et que les indications des dosimètres montrent que les doses réellement reçues sont inférieures. Mais il se base sur des moyennes, alors que chaque individu doit être protégé et des populations qui ont modifié leur façon de vivre.
C’est vrai que le calcul tend à surestimer l’exposition, mais c’est toujours comme cela que l’on fait pour être sûr de protéger tout le monde. Peu de gens passent 8 heures par jour dehors. Mais la marge gagnée de ce côté peut être perdue par le fait que certains habitants doivent aller dans des zones non décontaminées qui ne sont pas prises en compte dans le calcul.
Si des habitants dépassent la limite de 1 mSv/an là où des voisins ne la dépassent pas, que se passera-t-il ? Seront-ils accusés ou montré du doigt ? Auront-ils droit à une aide ?
Gestion du retour par la dose
Le gouvernement s’était engagé à décontaminer toutes les zones où l’exposition externe dépasse le millisievert par an, qui est la limite annuelle à ne pas dépasser en temps normal. En supposant que les habitants passent 8 heures par jour à l’extérieur et 16 heures à l’intérieur, cela se traduit par un débit de dose de 0,23 microsievert par heure.
Mais les travaux de décontamination ne donnent pas les résultats attendus. Les autorités veulent donc changer la façon d’évaluer les doses. Un dosimètre est fourni aux habitants et les données relevées. En faisant attention, il est possible de prendre moins d’un millisievert par an là où le calcul grossier prédit plus. Et donc, il n’est pas besoin de décontaminer autant !
Certaines communes, comme Daté, sont contentes de ce choix. Le maire, soutenu par le programme français Ethos in Fukushima, fait régulièrement venir des experts étrangers pour faire valoir ce point de vue. L’exemple norvégien est mis en avant : les Samis, qui vivent de l’élevage de rennes, ont vu leur mode de vie menacé par la contamination radioactive de Tchernobyl. Les Norvégiens ont donc accepté une augmentation de la limite de contamination de la viande de renne.
Des dosimètres ont été distribués à 50 000 personnes entre juillet 2012 et juin 2013 à Daté. 70% d’entre elles avaient une dose enregistrée inférieure à 1 mSv. Même dans des zones où la contamination engendre un débit de dose supérieur à 0,23 microsievert par heure.
Mais le gouvernement ne se base que sur des moyennes. Or il faut protéger chaque individu, pas un individu moyen. Il est donc important de connaître aussi les valeurs les plus fortes enregistrées. Et puis, les habitants de Daté ont modifié leur mode de vie, en passant moins de temps à l’extérieur. Est-on sûr qu’ils portaient toujours leur dosimètre ?
La municipalité de Tamura est opposée à ce nouveau mode d’évaluation des doses et ne va pas changer ses plans de décontamination. Elle pense que les habitants n’accepteront jamais les nouvelles règles.
Avoir différents standards, est-ce viable ?