La NRA a mis en ligne une traduction en anglais de son rapport sur l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il fait 137 pages.
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Conflit d’intérêt
Procédure judiciaire contre des dirigeants de TEPCo
Les procureurs ont décidé de prolonger leurs investigations avant de décider s’ils mettaient en examen 3 anciens dirigeants de TEPCo pour négligence. La décision est attendue pour février 2015.
Rappelons que l’an dernier, les procureurs avaient refusé de mettre en examen une trentaine de cadres de TEPCo, des hauts fonctionnaires et des membres du gouvernement. Mais un jury de citoyens tirés au hasard les a enjoint de reconsidérer le cas de trois anciens dirigeants de la compagnie. Si les procureurs maintiennent leur position, la mise en examen reste possible si 8 membres du jury sur 11 le demandent.
Risque sismique et de tsunami à Fukushima
TEPCo s’est fixé comme critère que la secousse maximale possible au niveau de sa centrale de Fukushima daï-ichi est de 600 gals, et la vague de tsunami la plus haute, de 14 m. En mars 2011, ce fut 675 gals et 15,5 m. La NRA a demandé à TEPCo de revoir ces critères et TEPCo a proposé 900 gals et 26,3 m. La NRA donnera son avis plus tard, mais ne devrait pas demander de rehausser la digue qui ne fait que 14 m. Un nouveau tsunami entraînerait un fort rejet radioactif en mer, à cause des sous-sols inondés, qui pourrait atteindre une centaine de térabecquerels de césium 137. C’est 30% de ce qu’il y a dans les galeries souterraines. En revanche, TEPCo prétend que ses réacteurs accidentés peuvent supporter 900 gals.
C’est désormais 27,2 m pour Fukushima daï-ni.
Accord entre TEPCo et Sellafield Ldt
TEPCo a signé un accord avec Sellafield Limited, qui a démantelé le réacteur accidenté de Windscale en Grande-Bretagne et qui a la charge de démanteler d’autres installations nucléaires. Le site a été rebaptisé depuis et s’appelle Sellafield.
Lettre de TEPCo au New York Times
Le PDG de TEPCo a écrit au New-York Times pour le remercier d’avoir signalé que l’Asahi a retiré ses allégations que les travailleurs avaient désobéi aux ordres et avaient fui, ce que n’ont pas fait de nombreux autres journaux.
Témoignage de l’ancien directeur de la centrale
La presse a commencé à lire les témoignages mis en ligne par le gouvernement, en commençant par celui de l’ancien directeur, Masao Yoshida.
D’après l’agence Kyodo, ce dernier a critiqué vertement la classe politique qui n’a pas su saisir la gravité de la situation et qui n’a fait qu’aggraver la confusion ambiante. Les politiques ne semblaient pas comprendre qu’après avoir donné un ordre, il n’était pas rapidement exécuté, comme s’il s’agissait d’appuyer sur un bouton.
Pour tenter d’éventer le réacteur n°1 pour que l’enceinte de confinement tienne, il fallait ouvrir les vannes à la main, faute d’électricité. Mais les débits de dose étaient trop élevés et la seconde équipe a dû faire demi-tour sans pouvoir remplir sa mission. En revanche, il explique que la visite du premier ministre n’a, en rien, retardé les opérations.
Plusieurs personnes l’appelaient directement, dont le premier ministre, alors qu’il avait d’autres priorités que de répondre à leurs questions.
Il critique aussi vertement le siège de TEPCo à Tôkyô qui ne comprenait pas non plus la gravité de la situation. D’après le Maïnichi, M. Yoshida se serait plaint du peu d’aide apportée. Au contraire, le siège ne faisant que transmettre les messages du premier ministre. On se souvient qu’il avait passé outre un ordre d’arrêter l’injection d’eau de mer.
En 2008, avant d’être directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi, M. Yoshida, était en charge de superviser la construction des réacteurs et était conscient qu’un tsunami d’une hauteur de 15,7 m pouvait frapper la centrale, mais il n’a rien fait pour protéger les centrales. D’après le Maïnichi, dans son témoignage, il rejette la critique à ce propos, mais reconnaît qu’il était trop confiant en les capacités des centrales nucléaire face à des agressions externes.
Les réactions suite à la rétractation de l’Asahi sont diverses. Certains journaux, comme le Maïnichi, se contentent de rapporter les faits, d’autres, comme le Yomiuri, tirent à boulets rouges sur le quotidien concurrent. L’Asahi a repris le passage critique en ajoutant les passages qu’il avait omis et qui changent ses conclusions.
Les médias français ne semblent pas intéressés par ce démenti.
Témoignage du directeur de la centrale est en ligne
Le témoignage de l’ancien directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi devant la commission d’enquête mise en place par le gouvernement est maintenant en ligne, en japonais.
L’Asahi en avait publié des extraits en anglais et avait conclu que 90% des personnes présentes avaient désobéi aux ordres du directeur et avaient fui à Fukushima daï-ni dans la matinée du 15 mars 2011. Cette interprétation a fait débat. Le directeur a bien dit que les personnes étaient allées à daï-ni alors qu’il leur avait demandé de rester à proximité. Mais plus tard, il reconnaissait que c’était peut-être la meilleure option. D’autres témoignages de personnes présentes ont mis en avant la grande confusion qui régnait à ce moment là. Le quotidien vient de revenir sur son interprétation du témoignage, mais insiste sur son rôle qui a conduit à la publication du témoignage, qui était secret.
Le Yomiuri, journal conservateur qui s’est fait le porte-parole du village nucléaire, a publié d’autres extraits en anglais : un, deux et trois.
Dans la liste des 19 transcriptions mises en ligne, figurent notamment les déclarations de l’ex-Premier ministre Naoto Kan, de l’ancien ministre de l’Industrie Banri Kaieda, du porte-parole du gouvernement à l’époque, Yukio Edano.
Retour sur le risque d’abandon de la centrale
Le siège de TEPCo à Tôkyô a-t-il voulu évacuer tout le monde à la centrale de Fukushima daï-ichi, le 15 mars 2011 ? L’agence de presse Kyodo News revient sur ce sujet hautement polémique au Japon. Le PDG de la compagnie aurait bien suggéré un retrait de la centrale. D’autres directeurs ont aussi réclamé des critères pour décider de l’évacuation. Le premier ministre de l’époque, Naoto Kan a été réveillé à ce propos et s’est mis en colère contre TEPCo, lui refusant toute idée d’évacuation. Il s’est rendu dans les locaux de la compagnie pour y installer une cellule de crise commune et y a découvert un système de visio-conférence avec liaison directe vers la centrale accidentée et la cellule de crise située à 5 km. Comment se fait-il alors qu’il avait si peu d’information ? Sa confiance envers la compagnie et son administration s’est encore détériorée.
Le PDG de TEPCo a, par la suite, dit qu’il ne parlait pas d’un retrait complet. Il n’a, manifestement, pas été très clair. L’intervention du premier ministre dans les locaux de TEPCo a été suivie en direct à la centrale et a beaucoup choqué, car il n’y était pas question d’évacuer complètement.
Mais, ce même jour, suite à un bruit faisant penser à une explosion dans le réacteur n°2, le directeur de la centrale a demandé aux personnes sur place de s’éloigner, tout en restant à proximité pour pouvoir revenir rapidement, le temps de comprendre ce qui s’était passé. Comme l’avait révélé l’Asahi, qui a eu accès au témoignage du directeur fait devant la commission d’enquête mise en place par le gouvernement, 90% des personnes présentes sont parties à la centrale de Fukushima daï-ni, située à 12 km et y ont retiré leurs habits de protection, bravant ainsi l’ordre du directeur. Il leur a ensuite fallu du temps pour revenir. L’Asahi y voit une volonté de fuir.
Le journal conservateur Sankei cite le même passage où le directeur de la centrale explique qu’il n’a jamais donné l’ordre de fuir, mais y voit surtout une conséquence de la confusion qui régnait sur place et une incompréhension. Il accuse l’Asahi de tordre les faits, ce qu’il qualifie d’injure à l’honneur du journal.
Il y a donc bien eu un retrait d’une grande partie du personnel le 15 mars. Mais la polémique sur les circonstances et les intentions réelles des dirigeants de TEPCo est loin d’être terminée. Il n’est pas sûr que la publication complète du témoignage du directeur de la centrale ne clarifie les choses.
Publication des témoignages
Le gouvernement a confirmé son intention de publier, en septembre prochain, la quasi-intégralité du témoignage de l’ancien directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi, Masao Yoshida, maintenant décédé. Les noms de tiers ou des détails relevant du sécurité nationale seront expurgés. De larges extraits de ce témoignage avaient déjà été publiés par des journaux japonais. Le gouvernement, ne fait donc que rendre public un document qui l’est déjà partiellement. Il y a 771 autres témoignages dans le cadre de la commission d’enquête. Le gouvernement devrait rendre publics ceux pour lesquels il obtient l’accord des personnes interrogées.
L’Asahi avait révélé, en mai dernier, à partir du témoignage de M. Yoshida, que les personnes présentes sur le site avaient désobéi à ses ordres et étaient allées se réfugier à la centrale voisine daï-ni au lieu de rester à proximité. Le Sankei Shimbun, a, ce moi-ci, publié d’autres extraits et dément les conclusions de l’Asahi : les ordres auraient été mal transmis et il régnait une grande confusion sur place. Mais l’Asahi cite d’autres propos de l’ancien directeur, disant que les personnes avaient bien fait de fuir.
Le Sankei rapporte que M. Yoshida a fortement critiqué l’ancien premier ministre Naoto Kan, qui a affirmé que TEPCo voulait abandonner la centrale : ce n’était pas le cas des personnes sur place.