La relance de Tôkaï 2 malgré les nombreux obstacles

En novembre dernier, Japan Atomic Power Co (JAPCo), filiale de plusieurs compagnies d’électricité japonaises, a déposé une demande « exceptionnelle » de prolongation de 20 ans de la durée de vie de son réacteur Tôkaï 2, dans la province d’Ibaraki malgré les nombreux obstacles. Le but est d’atteindre 60 ans d’exploitation alors que ce réacteur aura 40 ans en novembre prochain.

Cette compagnie, qui a perdu quasiment tous ses réacteurs nucléaires est maintenue sous perfusion financière par 5 compagnies d’électricité. Comme les banques refusent de prêter les 174 milliards de yens (1,3 milliard d’euros) nécessaires au renforcement de la sûreté du réacteur Tôkaï 2, Tôhoku Electric et TEPCo vont, selon le Maïnichi, payer, ou plutôt garantir les emprunts. Face à la situation financière difficile de JAPCo, l’autorité de régulation nucléaire avait exigé un plan de financement.

TEPCo est, elle-même, exsangue financièrement et ne survit que grâce au soutien financier de l’Etat japonais qui l’a nationalisée après la catastrophe de Fukushima. Comme la probabilité que Tôkaï 2 redémarre est assez faible, y investir est très risqué. Cela en dit long sur l’état de l’industrie nucléaire au Japon qui est prête à risquer beaucoup d’argent sur un réacteur en piteux état. Il a été affecté par les séisme et tsunami de 2011 qui a noyé un de ses diesels de secours. Il avait alors fallu 4 jours pour arrêter le réacteur, qui est vétuste et a des kilomètres de câbles inflammables.

Afin d’obtenir l’assentiment des élus locaux, JAPCo a signé un accord avec 5 communes voisines, toutes situées à moins de 30 km, en plus de celle de Tôkaï. Il s’agit de Hitachi, Hitachinaka, Naka, Hitachiota et Mito, la capitale de la province. La compagnie s’engage à les consulter avant de démarrer son réacteur, mais l’accord n’est pas juridiquement contraignant. Les six communes peuvent mener des inspections et demander des garanties supplémentaires.

Selon l’Asahi, le président de JAPCo, Mamoru Muramatsu, a déclaré : “Nous écouterons les opinions [des municipalités] d’une manière sincère et nous mènerons des négociations ([avec elles] jusqu’à ce qu’elles acceptent notre position.” La concertation au Japon, c’est Décider – Annoncer – Défendre (DAD) !

Au Japon, seule la commune hôte a son mot à dire alors que toutes les communes situées à moins de 30 km doivent préparer un plan d’évacuation. C’est le précédent maire de Tôkaï, opposé au nucléaire, qui a pris l’initiative d’associer les communes voisines. Il faut dire qu’il y a 960 000 personnes qui vivent dans un rayon de 30 km.

L’accord signé entre JAPCo et les communes voisines risque de faire des jaloux. Le ministère de l’industrie a tenu à souligner que l’accord n’était pas contraignant.

Pour la septième fois, un tribunal demande une meilleure indemnisation des victimes de la catastrophe nucléaire

Le tribunal d’Iwaki, à Fukushima, vient d’ordonner à TEPCo de verser 610 millions de yens (4,7 millions d’euros) à 213 plaignants originaires de zones situées à moins de 30 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. Ils réclamaient 13,3 milliards de yens (100 millions d’euros) pour compenser la perte de leur commune, en plus de leurs biens. Chaque plaignant devra recevoir entre 700 000 et 1,5 millions de yens.

C’est la septième fois que la justice demande à TEPCo de verser des indemnisations supplémentaires. A chaque fois, la justice estime que TEPCo aurait dû prendre des mesures contre le risque de tsunami. L’Asahi a fait un tableau de synthèse que nous reprenons :

Un autre tribunal, la Haute Cour de Sendaï, dans la province de Miyagi, a partiellement annulé une décision antérieure et ordonne à TEPCo de décontaminer des terrains agricoles. Huit agriculteurs et une coopérative couvrant cinq communes de Fukushima avaient demandé à TEPCo une décontamination visant à retrouver les niveaux de contamination d’avant la catastrophe nucléaire en remplaçant 30 cm de sol par de la terre non contaminée.

Face à l’augmentation de recours devant la justice, l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) a décidé d’embaucher. 17 personnes sont en charge de répondre à la justice. Elles seront 22 à partir du 1er avril 2018. La NRA aurait à traiter 45 plaintes actuellement. 29 d’entre elles ont été déposées par plus de 10 000 plaignants. Comme l’Etat a été reconnu coupable de négligences plusieurs fois, il veut renforcer sa défense afin de limiter les indemnisations à verser. Une telle attitude choque les plaignants qui estiment qu’il ferait mieux de reconnaître sa faute.

La NRA doit aussi faire face à une multiplication des plaintes pour obtenir l’arrêt des réacteurs nucléaires.

Baisse des suicides liés à la catastrophe nucléaire

Les autorités japonaises comptent le nombre de suicides liés à la triple catastrophe. Le lien est établi par la police à partir du message laissé ou du témoignage des proches. Sur la synthèse publiée en 2015, on voyait clairement que le nombre de suicides liés au tsunami dans les provinces d’Iwaté et de Miyagi était en baisse. Ce n’est pas le cas à Fukushima, où il stagne, voire augmente :

En 2016, le nombre de suicides liés à la catastrophe est retombé à 7 à Fukushima, avant de remonter à 12 en 2017.

Depuis mars 2011, le nombre total de suicides liés à la catastrophe est de 99 à Fukushima, 53 à Miyagi et 48 à Iwaté.

Deux tribunaux viennent de condamner TEPCo et le gouvernement à mieux indemniser les victimes de l’accident nucléaire

Le 15 mars, un tribunal vient de donner raison à 110 personnes qui ont fui les radiations pour se réfugier dans la province de de Kyôto et qui demandaient à être indemnisées. Il a aussi reconnu la responsabilité de TEPCo et de l’Etat japonais qui devront verser 110 millions de yens (850 000 €).

A l’exception d’une personne originaire de Tomioka, tous les plaignants sont des “auto-évacués” originaires de zones où il n’y a pas eu d’ordre d’évacuer. Ils venaient de Fukushima, bien sûr, mais aussi des provinces de Miyagi, Ibaraki, Tochigi et Chiba. Ces 174 personnes dans 57 familles réclamaient 846,6 millions de yens (6,5 millions d’euros). La plupart des plaignants réclamaient 5,5 millions de yens (42 000 euros) chacun, mais 64 d’entre eux n’ont pas obtenu gain de cause auprès de la justice. Le groupe veut donc faire appel de cette décision. Les critères de la justice ont été l’éloignement du lieu d’habitation par rapport à la centrale accidentée et le niveau de contamination, la date de départ, la présence d’enfants et le besoin de soins dans les deux ans qui ont suivi l’évacuation. Ainsi, des personnes originaires de Chiba, à 240 km environ de Fukushima daï-ichi, devront être indemnisées selon la justice. D’autres, originaires de Tochigi et Ibaraki aussi.

La justice a estimé que TEPCo et l’Etat étaient responsables car ils n’ont pas pris les mesures nécessaires pour protéger la centrale contre les tsunamis. Dès 2002, un rapport gouvernemental mentionnait la possibilité d’un fort séisme et d’un tsunami dans la région. TEPCo a négligé ce risque et l’Etat n’a pas su lui imposer des mesures de protection.

Le 16 mars, c’est au tour d’un tribunal de Tôkyô de juger que des personnes déplacées par la catastrophe nucléaire devaient être indemnisées. Là encore, TEPCo et l’Etat japonais ont été reconnus responsables et devront verser 59 millions de yens (462 000 euros) à 42 personnes.

Les 47 plaignants, issus de 17 familles, étaient tous, à une seule exception près, des auto-évacués qui ont quitté Fukushima pour se réfugier dans les provinces de Tôkyô et d’Aïchi. Ils réclamaient un total de 634 millions de yens (4,9 millions d’euros).

Il y a plus d’une trentaine de plaintes similaires en cours d’instruction au Japon. Le nombre de plaignants dépasse les 12 000 personnes. TEPCo a déjà été reconnue responsable six fois et l’Etat, quatre fois. A cela s’ajoute une plainte des actionnaires contre les dirigeants de TEPCo, qui réclament 5 500 milliards de yens (42 milliards d’euros) et une trentaine d’autres plaintes pour empêcher le redémarrage de réacteurs nucléaires ou obtenir leur arrêt définitif. Source.

Droits humains au Japon : fin de la revue périodique par le Haut commissariat de l’ONU et engagements du Japon

L’examen périodique universel du Japon par le Haut Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU est terminé. Après les contributions des ONG dont nous avons déjà parlé, ce fut le tour des pays membres. Le rapport des discussions est disponible en ligne sur le site de l’ONU dans plusieurs langues dont le français. Le gouvernement japonais, quant à lui, a mis en ligne ses réponses en anglais.

En ce qui concerne les seuls problèmes liés à la catastrophe nucléaire :

  • L’Autriche a demandé de “continuer d’apporter un appui aux évacués volontaires des zones fortement irradiées de Fukushima, en les aidant sur les plans financier, du logement et des autres composantes de la vie quotidienne, et en mettant en place une surveillance médicale régulière des personnes touchées, en particulier de celles qui étaient enfants au moment de l’accident” (161.214). Le Japon a répondu qu’il acceptait cette recommandation en précisant qu’il y satisfait déjà. Pourtant, les “évacués volontaires” ne bénéficient plus de soutien de l’Etat.
  • Le Portugal a demandé d’“appliquer les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays à tous ceux qui ont été touchés par la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi, afin de garantir la pleine participation, dans des conditions d’égalité, des femmes et des hommes à la prise de décisions concernant leur réinstallation” (161.215). Là encore, le Japon a répondu qu’il acceptait cette recommandation en précisant qu’il continuerait à faire des efforts pour garantir les intentions des principes directeurs. C’est loin d’être la cas, comme nous l’avons expliqué dans notre rapport pour les 5 ans de la catastrophe.
  • L’Allemagne a demandé de “respecter le droit des personnes vivant dans la région de Fukushima, en particulier des femmes enceintes et des enfants, au plus haut niveau de santé physique et mentale, notamment en ramenant la dose maximale de radiation admissible à 1 millisievert (mSv) par an, et en continuant d’apporter un appui aux évacués et aux résidents” (161.216). Rappelons que la limite utilisée pour les évacuations et le retour est de 20 mSv/an, à savoir la valeur la plus haute des recommandations internationales. Le Japon a accepté cette recommandation sans commentaire. Il a bien annoncé vouloir respecter la limite de 1 mSv/an, mais à long terme, sans fixer de calendrier. Comme nous l’avons déjà rapporté, il cherche à changer la méthode de calcul pour arriver à 1 mSv/an…
  • Le Mexique a demandé de “garantir l’accès aux services de santé à ceux qui ont été touchés par l’accident nucléaire de Fukushima, ainsi qu’aux générations de rescapés de l’utilisation d’armes nucléaires” (161.217). Le Japon a accepté en précisant que tout le monde avait accès aux soins au Japon grâce à l’assurance santé et que les victimes des bombes nucléaires bénéficient d’un soutien supplémentaire.

Il est peu probable que le Japon change sa politique vis à vis des victimes de la catastrophe nucléaire. En effet, dans ses réponses écrites auxquelles l’ACRO a eu accès, le Japon défendait sa politique actuelle, quitte à avoir une interprétation bien à lui des règles internationales de radioprotection.

Par exemple, le Japon, continue d’affirmer que la limite d’évacuation de 20 mSv/an correspond à la limite basse des recommandations internationales de la CIPR. Mais la recommandation en question ne concerne que la phase d’urgence. Or, l’ordre d’évacuer basé sur cette limite a été issu en avril 2011, plus d’un mois après le début de la catastrophe et les populations avaient encore un mois pour partir. Ce n’est plus de l’urgence ! Dans ce cas, il faut appliquer les recommandations pour ce que la CIPR qualifie de “situation existante”. Et 20 mSv/an est alors la valeur haute ! Il est ironique de voir le gouvernement japonais critiquer continuellement les “rumeurs infondées” alors que ses règles ne sont pas fondées sur les recommandations internationales en matière de radioprotection…

TEPCo condamnée à dédommager un suicide

Fumio Ôkubo, âgé de 102 ans, était le doyen d’Iitaté-mura. Il s’est suicidé le 12 avril 2011, après que le journal télévisé ait annoncé que le gouvernement s’apprêtait à ordonner l’évacuation de sa commune en avril 2011.

Sa famille a porté plainte contre TEPCo en juillet 2015 et a réclamé 60,5 millions de yens (450 000 €) de dédommagements. La justice a reconnu le fort stress lié à la perspective de fuir et la crainte d’être un fardeau pour ses proches. Elle vient de lui accorder 15,2 millions de yens (114 000  €).

La veille de son suicide, Fumio Ôkubo avait déclaré avoir vécu trop longtemps et ne pas vouloir quitter sa maison, après avoir entendu à la télévision que le gouvernement s’apprêtait à ordonner l’évacuation de sa commune. TEPCo a nié le lien avec la catastrophe nucléaire, arguant qu’il était malade.

La famille espère que des représentants de TEPCo viendront se recueillir et présenter leurs excuses.

C’est la troisième fois que la justice ordonne à TEPCo de dédommager des suicides. Un premier jugement date de 2014 et l’autre de 2015. La compagnie n’avait pas fait appel.

TEPCo à nouveau condamnée à mieux indemniser

Un tribunal de Tôkyô vient à nouveau de condamner TEPCo à mieux indemniser des victimes de la catastrophe nucléaire. Un groupe de 321 personnes du district d’Odaka de Minami-Sôma demandaient 11 milliards de yens en dédommagement et 318 ont obtenu 1,1 milliards de yens (8 millions d’euros). 3 ont été déboutés.

Ce district est à moins de 20 km de la centrale accidentée et a donc été évacué. L’ordre d’évacuer a été levé en juillet 2016. 12 800 personnes y vivaient avant la catastrophe et elles n’étaient plus que 2 400 en décembre 2017. Les plaignants estimaient que ce district était à jamais perdu et qu’ils ne pourraient jamais retrouver leur vie d’antan, ce que conteste TEPCo.

TEPCo dit qu’elle allait payer 8,5 millions de yens à chaque résident (63 000€), conformément aux règles fixées par le gouvernement. Mais les plaignants estiment que c’est insuffisant, invoquant des difficultés financières et des souffrances psychologiques, et réclamaient 32 millions de yens (237 000€) supplémentaires par personne. Le juge leur accorde 3,3 millions de yens supplémentaires par personne (24 000€), ne s’estimant pas contraint par les directives gouvernementales.

Trois personnes ont été déboutées pour différentes raisons, dont le fait de vivre à l’étranger en 2011.

Les plaignants pourraient faire appel car ils jugent l’indemnisation insuffisante, même si la décision du tribunal montre qu’il reconnait la notion de “compensations pour la perte de sa ville d’origine”. Le juge, quant à lui, a mentionné une rupture du droit à une vie stable sur un territoire.

Une trentaine de plaintes similaires ont été déposées au Japon.

Début des travaux de démolition et de décontamination à Futaba en zone très contaminée

Les communes de Futaba et d’Ôkuma, sur lesquelles est implantée la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi, sont les plus touchées par les retombées radioactives. Elles sont presque entièrement classées en zone dite de retour difficile. Mais, les autorités japonaises ne veulent pas accepter leur disparition et vont y créer un petit centre qui devrait ouvrir en 2022 dans chacune de ces communes.

Les travaux de démolition des maison abandonnées depuis bientôt 7 ans et de décontamination viennent d’être lancés à Futaba. Il est prévu de détruire 55 habitations et immeubles et de décontaminer sur 7 hectares seulement pour cette première phase qui doit durer jusqu’en juillet.

Mis à part quelques tests, ce sont les premiers travaux en zone dite de retour difficile.

La Haute Cour de Hiroshima ordonne l’arrêt de la centrale d’Ikata à cause du risque volcanique

La Haute Cour de Hiroshima vient d’ordonner l’arrêt du réacteur n°3 de la centrale d’Ikata, situé dans la province d’Ehimé, sur l’île de Shikoku. Ce réacteur avait été remis en service il y a un peu plus d’un an et est actuellement en arrêt programmé pour maintenance depuis le mois d’octobre. Il devra donc rester à l’arrêt jusqu’au 30 septembre 2018 alors que l’exploitant comptait sur une relance vers le 20 janvier prochain.

La Japon passe de 5 à 4 réacteurs nucléaires en activité alors qu’il y avait 54 réacteurs de production d’électricité avant la catastrophe de Fukushima. 12 ont déjà été détruits ou arrêtés définitivement. Deux autres devraient être mis à l’arrêt définitif prochainement.

En mars 2017, puis en juillet dernier, deux tribunaux avaient rejeté la demande des plaignants d’arrêter définitivement la centrale d’Ikata. Cette fois-ci, le juge, saisi par quatre citoyens japonais, a estimé que le risque que cette centrale soit touchée par des nuées ardentes en provenance du mont Aso, un volcan actif sur l’île de Kyûshû situé à 130 km, n’était pas négligeable. Ce volcan a déjà eu quatre éruptions massives ces 300 000 dernières années et la dernière a eu lieu il y a 90 000 ans. Et la cour d’ajouter que l’exploitant, Shikoku Electric, a sous-estimé la quantité de scories et cendres volcaniques qui pourraient retomber sur la centrale. Il conclut que l’avis de l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) autorisant le redémarrage était “irrationnel” et que la vie des plaignants était menacée par les tombées radioactives potentielles en cas d’accident grave.

L’exploitant estime, quant à lui, avoir correctement évalué ces risques et va, bien-entendu, faire appel de cette décision. Ses propres calculs montraient que les nuées ardentes pouvaient atteindre sa centrale, mais il pense pouvoir y faire face. Le réacteur n°1 de la centrale d’Ikata est arrêté définitivement et le n°2 n’a pas été remis en service depuis la catastrophe de Fukushima.

Le nouveau référentiel de sûreté mis en place après la catastrophe nucléaire de Fukushima s’est focalisé sur les séismes et tsunamis, mais le risque volcanique reste mal évalué et peu pris en compte. Cette décision de justice, si elle n’est pas annulée en appel, aura un impact sur le programme nucléaire du Japon car d’autres réacteurs sont situés à proximité de volcans actifs. La NRA exige des exploitants qu’ils évaluent le risque liés aux volcans situés à moins de 160 km de la centrale nucléaire. Si des nuées ardentes ou de la lave peuvent atteindre la centrale, elle ne peut pas être exploitée.

111 volcans ont eu une éruption lors des 10 000 dernières années au Japon.

Comme on peut le voir sur la carte ci-dessus, reproduite du Maïnichi, les centrales de Sendaï et de Genkaï, sur l’île de Kyûshû, sont aussi à une distance de 160 km du mont Aso. Il y a même 5 volcans à proximité de la centrale de Sendaï, mais Kyûshû Electric, l’exploitant, assure surveiller de près leur activité et être en capacité de prédire leur éruption. Et la NRA estime qu’il y a peu de chances que la centrale de Sendaï soit affectée par des retombées volcaniques alors qu’elle est en activité. Elle exige aussi que les réacteurs soient arrêtés et le combustible éloigné en cas de risque d’éruption majeure. Cependant, les spécialistes estiment, quant à eux, qu’il est impossible de prévoir l’ampleur de l’éruption.

La centrale de Tomari, sur l’île de Hokkaïdô et celle de Shimané, sur l’île principale, sont aussi situées à moins de 160 km d’un volcan. Mais la NRA n’a jamais jugé que le risque volcanique justifiait l’arrêt d’une centrale.

Il y a un an, Japan Nuclear Fuel, n’a pas trouvé mieux que de proposer de déménager le combustible nucléaire neuf et usé de ses trois installations nucléaires situées à Rokkashô dans la province d’Aomori, en cas de risque d’éruption. Il y a deux volcans à proximité et les nuées ardentes du Towada ont atteint les environs de l’emplacement de l’usine de retraitement par le passé. Mais, selon le Maïnichi, la compagnie n’indique pas où elle va mettre ces matières nucléaires car elle n’a pas d’autre site ! Les trois installations sont, l’usine dite de retraitement qui n’a jamais démarré et accuse déjà 24 ans de retard, l’usine de fabrication de combustible MOX et un centre d’entreposage où s’entassent 3 000 tonnes de combustibles usés, de l’uranium en poudre et des déchets vitrifiés.

Voir Fukushima : un documentaire et une chaîne youtube

“La terre abandonnée”, le documentaire de Gilles Laurent dédié à ceux qui ont refusé de partir est en libre accès jusqu’au 6 décembre 2017 sur tënk.

Il y aussi la chaîne youtube de Bob Thissen et Frederik Sempens sur Fukushima hors des sentiers battus qui montre les territoires évacués.