Centrales enclavées

Les déchets radioactifs, les cuves et autres équipements occupent une grande surface à Fukushima daï-ichi, surface qui est plus grande que la plupart des autres centrales nucléaires. En cas d’accident sur une autre centrale, y aura-t-il assez de place pour faire face ?
A Fukushima daï-ichi, où il y avait de la place pour deux réacteurs supplémentaires, 90% des 3,5 millions de mètres carrés n’étaient pas utilisés. 2,55 millions de mètres carrés sont dévolus à la gestion de la catastrophe et TEPCo en aurait besoin de 700 000 m2 supplémentaires. Mais, la place va finir par manquer avec le temps.
Le Maïnichi a interrogé les exploitants de 16 centrales nucléaires. Seule la centrale d’Ikata a répondu. Le cadastre a été consulté pour les autres. Il apparaît que pour 13 d’entre elles, la surface de la centrale est plus petite que la surface utilisée à Fukushima.
Japan Atomic Power Co. et Kansai Electric Power Co. ont aussi refusé de répondre à propos de leur stratégie pour faire face au problème en cas d’accident.
Un représentant de Chubu Electric Power Co. a expliqué que la compagnie faisait tout pour éviter un tel accident. Et d’ajouter qu’il n’y avait pas le même problème d’eau souterraine à sa centrale.

Déchets générés par le démantèlement

Selon TEPCo, le démantèlement devrait générer 560 000 m3 de débris radioactifs d’ici 2027 et elle n’a pas d’emplacement pour les mettre. La compagnie en a déjà 250 000 m3. Elle veut incinérer les matériaux combustibles. Il y a en particulier le bois de la forêt que TEPCo a dû raser pour mettre des cuves de stockage de l’eau contaminée. En ce qui concerne les débris les moins radioactifs, elle veut les compresser et s’en servir pour faire des routes par exemple sur le site de la centrale. Le volume pourrait ainsi être réduit à 220 000 m3. Il manque actuellement des capacités de stockage pour 160 000 m3.
Le cœur des réacteurs avec les déchets les plus radioactifs ne sera pas démantelé avant 2027 et n’est donc pas pris en compte dans ce bilan.

Départ des déchets après 30 ans ?

Les déchets radioactifs issus de la décontamination ne devraient rester que 30 ans maximum dans le centre de stockage prévu à cet effet, si l’on en croit les autorités. Après, les déchets seront stockés définitivement en dehors de la province de Fukushima. Interrogés par le Fukushima Minpo, 82,7% des habitants de Fukushima ne croient pas à cette fable. Ils sont 71,5% a penser qu’une loi en ce sens serait nécessaire.

Centrale solaire contre déchets nucléaires

En 2007, le maire de Toyo (Kôchi, sur l’île de Shikoku) s’était porté volontaire pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs. Il voulait ainsi améliorer les finances de sa commune. La population n’a pas accepté et il a perdu son poste. En 2012, le nouveau maire a décidé de construire une centrale solaire de 45 000 m2 sur le terrain prévu à cet effet. Cette centrale vient juste d’être reliée au réseau.

Rapport IRSN pour les 3 ans

L’IRSN a mis en ligne un dossier de presse à l’occasion du troisième anniversaire de la catastrophe de Fukushima.
– Concernant les travailleurs, on peut y lire : “Il est à noter que des informations précises quant à la méthodologie mise en oeuvre pour évaluer les doses reçues par les travailleurs ont désormais été transmises par les autorités japonaises aux membres d’un groupe de travail du Comité des Nations Unies en charge de l’étude des effets des expositions aux rayonnements ionisants chargé d’expertiser les évaluations dosimétriques publiées par les autorités japonaises. Les conclusions définitives de cette expertise devraient être publiées au mois d’avril 2014 ; nous pouvons cependant d’ores et déjà confirmer qu’un bon accord a été trouvé entre les évaluations japonaises et celles réalisées par des experts indépendants, au moins en ce qui concerne les travailleurs ayant reçu les doses les plus élevées. Pour les travailleurs ayant reçu des doses inférieures à 100 mSv, le travail d’analyse entrepris par des experts indépendants a montré des écarts parfois importants entre les doses enregistrées par certaines sociétés sous-contractantes et celles évaluées par l’UNSCEAR. Ces écarts ont conduit en juillet 2013 les autorités japonaises à réévaluer les doses estimées pour près de 25 000 travailleurs.”
– Concernant l’eau contaminée, l’IRSN confirme que “TEPCO prévoit de réaliser la décontamination de l’eau (hors tritium) fin 2014, ce qui est ambitieux au vu des difficultés rencontrées sur l’ALPS et de la nécessité de construire des modules supplémentaires.” En revanche, l’Institut ne fait, comme TEPCo, aucune mention du carbone 14.
Même l’IRSN a peu d’information sur les déchets engendrés par la station de traitement ALPS : “En outre, l’IRSN souligne que, nonobstant les difficultés d’entreposage des eaux accumulées, leur traitement génère des déchets dont la gestion constitue un enjeu d’importance, à la fois en termes d’entreposage pérenne sûr et de conditionnement ultérieur. TEPCO a d’ores et déjà défini des actions en ce sens. Par exemple, des conteneurs dits « à haute intégrité » sont prévus pour les déchets issus de l’installation ALPS et un programme de recherche devrait être engagé. En tout état de cause, les informations disponibles concernant ces sujets restent moins détaillées que celles relatives aux enjeux plus immédiats.”

Décontamination des retenues d’eau

Après avoir hésité, le gouvernement va décontaminer les réservoirs qui servent à l’irrigation à Fukushima. Il y en a 576 où la contamination de la boue dépasse 8 000 Bq/kg et 14 où elle dépasse 100 000 Bq/kg. Ces deux limites sont utilisées pour la classifications des déchets issus de la décontamination.

Nouveau rapport sur la triple catastrophe

Le HCFDC a publié un rapport sur les conséquences des trois catastrophes au Japon avec beaucoup de chiffres et de données.