C’est officiel, les autorités régionales de Fukushima ont accepté l’implantation d’un centre d’entreposage des déchets issus de la décontamination à Fukushima, à cheval sur les communes de Futaba et d’Ôkuma, à la condition qu’il soit inscrit dans la loi que les déchets n’y resteront pas plus de 30 ans. Il sera plus facile de changer la loi que de trouver un nouveau site…
Il y a encore une réunion de prévue samedi entre le gouverneur les communes, puis une rencontre officielle avec le premier ministre est prévue lundi 1er septembre pour transmettre la décision.
Le gouvernement devra encore négocier avec 2 000 propriétaires terriens pour les 16 km2 requis, ce qui ne sera pas forcément très simple.
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Coût de la catastrophe nucléaire
Selon une étude par deux universitaires, Ken’ichi Ôshima et Masafumi Yokémoto, les coûts directs de la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima daï-ichi s’élèveront à 11 000 milliards de yens (80 milliards d’euros). C’est près du double de l’estimation gouvernementale de 2011. Cela se décompose ainsi :
– 4 910 milliards de yens (36 milliards d’euros) d’indemnisations des évacués ;
– 2 480 milliards de yens (18 milliards d’euros) pour la décontamination ;
– 2 170 milliards de yens (16 milliards d’euros) pour le démantèlement des réacteurs ;
– 1 076 milliards de yens (7,9 milliards d’euros) pour la gestion des déchets radioactifs engendrés par l’accident, sans leur stockage définitif, qui est inconnu.
Il s’agit du prix minimum, préviennent les auteurs. D’autres études donnent un coût deux fois plus élevé pour la décontamination. Le fond de soutien gouvernemental, qui avance, sans intérêt, le coût de l’indemnisation, a fixé à 9 000 milliards de yens la limite. Cette estimation ne prend pas en compte tous les coûts indirects sur l’économie locale, l’industrie nucléaire japonaise…
Accord pour le centre de stockage
Les autorités régionales de Fukushima ont donné leur feu vert à l’installation à Futaba et Ôkuma d’un centre d’entreposage de déchets radioactifs issus de la décontamination après en avoir discuté avec les communes, l’assemblée régionale et des chefs de communauté. L’annonce officielle est prévue pour vendredi. Débuteront alors les négociations avec les 2 000 propriétaires terriens. Il est toujours prévu que ces déchets quittent les sites au bout de 30 ans, sans que personne ne sache où.
Offre gouvernementale pour les déchets radioactifs
Le gouvernement et les autorités régionales de Fukushima ont précisé leur offre aux deux communes, Futaba et Ôkuma, qui acceptent l’installation d’un site « temporaire » d’entreposage des déchets radioactifs dus à la catastrophe nucléaire. La région va leur verser directement 15 milliards de yens (110 millions d’euros) pour rebâtir les communes et aider les habitants à refaire leur vie et le gouvernement 85 milliards de yens (620 millions d’euros). Cette somme est incluse dans l’offre globale faite récemment et servira, notamment, à compenser la perte de valeur des terrains suite à la catastrophe. Une brochure explicative va être distribuée à tous les habitants et un numéro vert mis en place.
Les conseils municipaux se sont déclarés satisfaits mais certains membres ont demandé au gouvernement de rencontrer directement les propriétaires des terrains concernés avant de prendre une décision finale.
Vers un accord pour les déchets à Fukushima
Les autorités régionales de Fukushima vont finalement accepter la proposition gouvernementale relative à l’installation d’un centre d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination, à Ôkuma et Futaba. Les conseils municipaux devraient aussi donner leur accord lors de la réunion avec la région le 25 septembre. Le lendemain, une autre réunion avec le gouvernement est prévue, pour discuter de l’utilisation des fonds (301 milliards de yens). Le surlendemain, ce sera au tour des habitants. Le marchandage entre le gouvernement et les autorités locales semble terminé.
L’annonce devrait être faite avant le 3 septembre, date du prochain remaniement ministériel où le ministre de l’environnement, le très controversé Nobuteru Ishihara, pourrait être remplacé. Le nouveau ministre devant s’approprier le dossier, cela entraînerait un retard supplémentaire d’un mois minimum. Et les pouvoirs locaux ne pensent pas pouvoir obtenir plus.
La province a donc décidé de faciliter les négociations et va prendre à sa charge la différence de prix des terrains entre avant et après la catastrophe. C’était une des revendications des propriétaires prêts à vendre.
Le gouvernement espère commencer les travaux en janvier. Mais il doit encore négocier avec près de 2 000 propriétaires, soit l’achat de leur terrain, soit la location. Ce n’est pas encore gagné.
Refus du centre de stockage
La commune de Shioya dans la province de Tochigi a refusé le plan gouvernemental de venir y installer un centre de stockage pour les déchets radioactifs issus de la décontamination plus les boues de station d’épuration, les cendres d’incinérateurs… qui ont plus de 8 000 Bq/kg en césium. Le maire et un représentant du conseil municipal se sont rendus au ministère de l’environnement pour réclamer le retrait du plan. Le représentant du ministère a insisté pour dire que ce centre était nécessaire et que le ministre était prêt à revenir expliquer le projet.
Ferraille radioactive en Corée
Le gouvernement japonais va mener une enquête à propos de la ferraille contaminée découverte en Corée. Le débit de dose est de 5 microsieverts/h à proximité de ce lot, sans que la distance à laquelle la mesure a été faite ne soit mentionnée par les médias.
Les exportateurs de métaux pour le recyclage ne sont pas tenus de contrôler la contamination radioactive. Mais certains le font, en fonction du pays de destination. C’est, par exemple, fait systématiquement pour la Chine.
La Corée va renvoyer les ferrailles radioactives
Soutien financier lié au centre de stockage de déchets
Plus de précisions sur le montant de l’aide financière proposée par le gouvernement pour faciliter l’acceptation des centres de stockage de déchets issus des travaux de décontamination à Fukushima :
Le gouvernement a fait passer son offre à 301 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) sur 30 ans. Si l’on ajoute les autres aides existantes, on arrive à près de 500 milliards de yens (3,6 milliards de yens). La part dédiée aux déchets était de 100 à 150 milliards de yens le mois dernier, selon les sources. Le gouverneur de Fukushima et les maires des deux communes concernées vont étudier l’offre. Ils ont déjà fait part de leur satisfaction.
La nouvelle offre se décompose ainsi : 150 milliards de yens pour les deux centres, qui iront essentiellement aux deux communes qui acceptent les déchets, 100 milliards pour aider à la reconstruction de Fukushima et 51 milliards supplémentaires aux communes qui hébergent des centres de production d’électricité. Il s’agit des centrales nucléaires.
Les communes qui hébergent les centrales reçoivent déjà 6,7 milliards de yens par an. Cela va être augmenté de 1,7 milliards pour faire face à la baisse de revenus liés à l’arrêt définitif des réacteurs et leur démantèlement. Cela devrait durer 30 ans.
Mais le gouvernement doit encore négocier avec près de 2 000 propriétaires à propos des terrains. Il va les acheter ou les louer, selon leur préférence. Cela ne va pas être aussi facile : le ministre va découvrir qu’avec les citoyens, tout ne se règle pas avec de l’argent…
Soutien financier pour les déchets
Le ministère de l’environnement va augmenter son aide au développement économique de la région de Fukushima à partir du moment où les centres de stockage seront acceptés. Comme le ministre de l’environnement l’avait dit, l’argent viendra à bout des réticences. Le gouvernement propose maintenant 300 milliards de yens (2,1 milliards d’euros) sur 30 ans. Le marchandage continue, mais les populations ne sont pas sur la même logique. Elles veulent des garanties.
Au bout de 30 ans, le gouvernement doit reprendre les déchets, comme il l’a promis. Mais cela va entraîner une baisse des subventions. Les élus locaux demanderont alors le prolongement des centres de stockage…