Visite d’experts coréens

Depuis septembre 2013, la Corée du Sud interdit l’importation de produits de la mer en provenance de huit provinces japonaises suite à la catastrophe nucléaire (Fukushima, Aomori, Iwaté, Miyagi, Ibaraki, Gunma, Tochigi et Chiba). D’autres pays font de même, mais le Japon est particulièrement sensible au cas coréen. Une délégation d’experts coréens va donc venir visiter la région, observer les contrôles et les mesures prises par TEPCo pour tenter de limiter les fuites en mer.

ampo-gaki

Le « ampo-gaki », une spécialité du Nord de Fukushima, à base de kaki séché et fumé, retourne sur les étals des magasins. Les producteurs avaient suspendu la production après la catastrophe nucléaire pour garder la confiance des consommateurs. L’an dernier, quelques producteurs ont repris la production à titre d’essai. Cela a été étendu cette année. Le nombre d’appareils de mesure pour contrôler la radioactivité est passé de 12 à 26. Le maire de Daté veut contrôler toute la production, à l’instar de ce qui est fait pour le riz.
Un cérémonie a célébré le premier envoi d’ampo-gaki depuis Daté, le 5 décembre dernier.

Oïshimbo

On s‘en souvient, le manga Oïshimbo (gourmet) avait défrayé la chronique car il montraient de personnes saigner du nez après être allées à Fukushima. « Rumeurs néfastes » avaient hurlé les autorités. La série, qui paraissait dans un magazine avait dû être arrêtée. Un éditeur qui compile les épisodes dans des livres vient de publier le 111ième volume qui inclut les épisodes controversés, mais après quelques modifications. Ainsi, lors de la première parution, les saignements de nez du héro principal, un journaliste, étaient directement liés à l’exposition aux radiations. Dans la présente version, il déclare, après avoir consulté un médecin, que ce n’est pas dû aux radiations.

Nouvel institut de recherche à Fukushima

L’Institute of Environmental Radioactivity a été inauguré à l’université de Fukushima. Financé avec des fonds gouvernementaux, il va étudier le comportement de la pollution radioactive dans l’environnement. Il y a actuellement 13 chercheurs, dont neuf étrangers. Il est équipé de neuf détecteurs au germanium.

Rejets atmosphériques de 2013 : suite du feuilleton

On s’en souvient, le ministère de l’agriculture avait découvert, en mars dernier, que du riz de Minami-Sôma, moissonné en 2013 à plus de 20 km de la centrale, avait dépassé la limite de mise sur le marché qui est de 100 Bq/kg pour le césium. La commune et ses habitants n’ont été informés qu’en juillet 2014. Ils n’ont pas apprécié !

Des rejets de poussières radioactives provenant du réacteur n°3 avaient été soupçonnés. TEPCo avait fini par reconnaître qu’un rejet plus élevé que d’habitude a eu lieu le 19 août 2013. Des universitaires ont détecté plusieurs pics de contamination des poussières en 2013.
La NRA vient de conclure que ce rejet du 19 août n’est pas responsable du dépassement de la limite du riz. D’après ses calculs, les retombées n’auraient été que de 30 Bq/m2 en un endroit et 12 Bq/m2 ailleurs. Le ministère de l’agriculture a annoncé des investigations supplémentaires pour tenter de comprendre l’augmentation de la contamination du riz.

L’IRSN avait publié une note sur ce sujet le 1er août dernier et avait conclu que les retombées étaient comprises entre 100 et 1 000 Bq/m2. L’écart est important, mais c’est, dans tous les cas, plus faible que la contamination existante des sols. En revanche, le transfert à la plante est beaucoup plus élevé quand cela tombe sur les feuilles que quand cela remonte par les racines.
L’IRSN va-t-il publier une nouvelle note pour corriger son calcul ou celui de la NRA ?

Riz cultivé en zone évacuée

Du riz a été cultivé à Namié, commune complètement évacuée, de manière expérimentale, après décontamination. Les contrôles indiquent une contamination sous la limite de détection de 25 Bq/kg. C’est la première moisson depuis 2011.

Deux tonnes de ce riz ont été offertes aux cafétérias du ministère de l’environnement. Le ministre a organisé une dégustation publique en présence du maire et d’un agriculteur.

Retour sur les rejets de poussières radioactives

Après avoir déchiré accidentellement la couverture du réacteur n°1, TEPCo a finalement retiré l’armature centrale avec six panneaux. La compagnie va contrôler les poussières et en retirer d’autres dans les jours qui suivent. TEPCo va observer les poussières pendant un mois avant de remettre les panneaux. Elle démantèlera le chapiteau à partir de mars 2015, si tout va comme prévu.
Rappelons qu’il y a 392 assemblages de combustibles dans cette piscine et que 70 d’entre eux sont endommagés. Cela date d’avant la catastrophe et TEPCo ne sait pas encore comment les retirer. Le retrait ne devrait pas commencer avant 2019.
TEPCo a mis deux photos en ligne.
Alors que ces poussières inquiètent suite aux rejets liés au retrait des débris dans le réacteur n°3, un des commissaires de la NRA affirme qu’il est peu probable que les poussières du réacteur n°3 aient entraîné la contamination du riz à plus de 20 km. La quantité rejetée le 19 août 2013 serait de 110 GBq (110 milliards de becquerels), ce qui est moins que l’estimation de TEPCo (130 à 260 GBq). Pour cela, elle a analysé les données des balises au Nord Nord-Ouest de la centrale ce jour là. Cela représenterait un incident de niveau 0 sur l’échelle internationale INES.
De plus, les poussières ne sont généralement pas transportées aussi loin. Le commissaire avance plutôt la contamination de l’eau qui irrigue les rizières pour expliquer l’augmentation notée, mais cette hypothèse n’est basée sur aucune mesure ou étude.
Tout comme TEPCo, la NRA ignore les résultats de surveillance indépendante effectuée par des universitaires qui mentionnaient plusieurs rejets significatifs. Il n’y a pas eu que le 19 août.
Chikurin, le laboratoire associatif monté avec le soutien de l’ACRO, a mis en place un système de mesure des retombées des poussières radioactives et effectue aussi sa propre surveillance maintenant.

Taïwan veut revoir sa politique d’importation des aliments en provenance du Japon

Taïwan a interdit l’importation de produits alimentaires provenant de 5 provinces japonaises suite à la contamination radioactive. Le pays fait aussi des contrôles sur les aliments importés. Il pourrait revoir sa politique en 2015 en exigeant des certificats de provenance et de contrôle de la radioactivité pour certains aliments.

Contamination des poissons

TEPCo a mis en ligne, comme tous les mois, des résultats de mesure de la contamination des poissons pêchés dans le port devant la centrale, et au large, jusqu’à une vingtaine de kilomètres. La tendance à la baisse de cette contamination se confirme, ce qui est une bonne nouvelle.
Au large, la plus forte contamination est de 69 Bq/kg pour la somme des deux césiums. Dans le port, il y a jusqu’à 3 190 Bq/kg, mais on est loin des valeurs détectées il y a un an, qui étaient beaucoup plus élevées.