TEPCo veut retirer le chapiteau qui recouvre le réacteur n°1 pour commencer le démantèlement, mais elle vient, une fois de plus, de retarder le démarrage des travaux à la fin octobre. C’était juillet dans le calendrier initial, puis fin septembre à cause de la polémique suscitée par les rejets lors du démantèlement du réacteur n°3 qui a contaminé du riz de Minami-Sôma.
Le 22 octobre, TEPCo va faire 48 trous et asperger des produits chimiques pour tenter de fixer les poussières. Puis, TEPCo va retirer deux panneaux à la fin du mois et regarder l’intérieur à l’aide de caméras. Le retrait du chapiteau ne devrait commencer qu’en mars 2015 et prendre un an. Le retrait des débris en haut du réacteur devrait commencer en octobre 2016.
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Riz récolté en zone évacuée
Du riz a été planté à Ôkuma, village évacué, à titre expérimental dans une rizière de 25 ares qui a été décontaminée. La moisson vient d’avoir lieu en présence d’une dizaine d’agriculteurs. Les grains vont être séchés pendant deux semaines avant d’être contrôlés.
Avant la catastrophe, 800 hectares de rizières étaient cultivés à Ôkuma.
Contrôle de bois de culture des champignons
C’est bien connu, les champignons sont de vraies pompes à césium. Les shiitakés sont cultivés sur du chêne qui provient souvent de Fukushima. Au début, il n’y a pas eu de contrôle sur le bois de culture et des shiitakés dépassant les normes ont été cultivés à l’autre bout du pays. A Kyôto, le bois a même contaminé un terrain avant d’être renvoyé discrètement à Fukushima.
Les autorités régionales veulent instaurer un contrôle systématique du bois de culture afin de relancer l’industrie forestière. Ces contrôles systématiques existent depuis 3 ans pour le riz et les kakis.
Des premiers tests sur le bois vont avoir lieu dans la région d’Aïzu. Le matériel de détection est non destructif et permet de garder les échantillons entiers. Si les tests sont concluants, la méthode sera déployée pour la récolte de l’automne 2015. La province de Fukushima espère ainsi retrouver sa place de premier producteur de bois pour la culture des champignons.
De nombreux échantillons ont plus de 50 Bq/kg pour le césium et la production est passée à 300 000 bûches en 2012, soit 6% de la production antérieure au désastre nucléaire.
Craintes persistantes envers les produits de Fukushima
Les autorités font régulièrement effectuer des sondages sur les pratiques alimentaires des Japonais. La dernière étude a été faite auprès de 5 176 personnes du Tôhoku, qui a été particulièrement touché et des grandes agglomérations comme Tôkyô, Nagoya ou Ôsaka. La crainte envers les produits de Fukushima ne diminue pas.
19,6% des personnes interrogées expliquent éviter d’acheter des produits de cette région. En février dernier, c’était 15,3%. En 2013, c’était 17,9 et 19,4%. Ce chiffre de 19,6% est le plus élevé enregistré.
Par ailleurs, 70% des personnes interrogées disent faire attention à la provenance des produits. Ce chiffre est aussi en augmentation. 22,5% demandent des limites plus basses et 47% ne veulent pas consommer des produits contaminés, même si la concentration en césium est inférieure à 100 Bq/kg.
Certains prétendent que le Manga Oishinbo, qui avait défrayé la chronique, est responsable.
Lien vers l’étude.
Contamination des poissons
Données de la contamination des poissons dans le port devant la centrale et dans un rayon de 20 km autour de la centrale : la situation s’améliore. Aucun poisson ne dépasse les 100 Bq/kg au-delà du port, mais le maximum est à 96 Bq/kg… Dans le port, cela monte jusqu’à 32 500 Bq/kg pour les deux césium.
Reprise de la pêche à Iwaki
Les pêcheurs d’Iwaki vont reprendre la pêche de la petite friture (petits poissons de 3 cm qui sont bouillis et séchés) pour la première fois depuis le début de la catastrophe. Il s’agit d’une pêche expérimentale avant de reprendre une pêche commerciale. Les pêcheurs avaient voulu reprendre en octobre 2013, mais le scandale de l’été précédent sur les fuites en mer avait suspendu leur projet.
17 bateaux sont partis en mer ce premier jour et ont rapporté 3 tonnes de poissons qui ont été testés et déclarés conformes aux normes de mise sur le marché. Cette friture représentait la principale activité des petits bateaux de pêche, qui ne reprend, d’abord, qu’avec une seule sortie par semaine.
Réévaluation du rejet du 19 août 2013
TEPCo avait estimé, à la louche, à 1,12 TBq (1 120 milliards de becquerels) le rejet atmosphérique du 19 août 2013 lors de travaux de démantèlement de la partie haute du réacteur n°3. Comme nous l’avons déjà raconté, ces travaux ont entraîné plusieurs rejets, mais celui du 19 août serait le plus fort et aurait contaminé du riz à plus de 20 km de la centrale. Cette contribution venant s’ajouter à la contamination déjà existante aurait rendu ce riz impropre à la consommation.
La compagnie vient d’affiner son estimation pour le seul 19 août et avant un chiffre 5 à 10 fois inférieur. Cela reste très élevé !
Voir les 27 pages d’explications en japonais.
Riz de Fukushima à Singapour
Du riz de Fukushima devrait être exporté à Singapour ce mois-ci. 300 kg sont prêts à partir et seront vendus dans un magasin d’une chaîne japonaise.
C’est la première fois que du riz de cette province est exporté depuis l’accident nucléaire. C’était plus de 100 tonnes par an avant, vers Hong-Kong, Taïwan…
Contamination des poissons
TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des poissons pêchés au large de la centrale, à moins de 20 km et dans le port devant la centrale. Au large, la plus forte contamination est de 131 Bq/kg et c’est la seule à dépasser la limite de 100 Bq/kg. En revanche, dans le port, les valeurs sont beaucoup plus élevé et atteignent 85 000 Bq/kg.
Désarroi des agriculteurs
Cette vidéo date un peu, mais la situation n’a pas beaucoup changé : le désarroi des agriculteurs de Fukushima est toujours aussi grand et le gouvernement est complètement désemparé face à la situation. Quand les agriculteurs lui parlent de dignité, de raison d’être, il ne répond que par l’argent, comme si c’était la seule valeur qui vaille. Sa seule stratégie, est de combattre les « rumeurs », comme s’il n’y avait pas de problème réel.
Les politiques et les hauts fonctionnaires n’écoutent que les experts qui leur disent ce qu’ils ont envie d’entendre. Les populations, qui doivent faire face au danger, écoutent plusieurs points de vue et, en cas de doute, choisissent l’option la plus protectrice quand c’est possible. Au Japon, tout ce qui ne correspond pas à l’opinion sélectionnée par les autorités, n’est que « rumeurs ». En France, ce serait « l’irrationalité » de la population ou un problème « d’acceptabilité sociale », plus neutre.