Le ministère de l’industrie intervient pour modifier la présentation d’un chercheur dans un lycée

Sadamu Yamagata, enseignant chercheur à l’université de Hokkaïdô, devait faire, le 16 octobre 2017, une présentation sur l’énergie pour les lycéens et la population de Niséko. Il avait prévu, notamment, de présenter les problèmes liés à l’énergie nucléaire. Il a envoyé sa présentation en avance, le 11 octobre dernier et dès le lendemain, deux représentants du ministère de l’industrie ont frappé à la porte de son bureau.

Selon l’Asahi, qui rapporte l’affaire, les représentants du ministère lui ont reproché de montrer une image de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi en affirmant qu’il s’agissait de manipulation destinée à donner une mauvaise image de l’énergie nucléaire. Pour eux, cette catastrophe nucléaire, ne doit être qu’une “rumeur néfaste”… Une autre planche leur a aussi déplu car elle osait demander : “Le nucléaire est-il bon marché ?”. Les représentants du ministère lui auraient suggéré de présenter une autre perspective.

L’enseignant-chercheur a fait sa présentation comme prévu, mais aurait ajouté une image d’une éolienne accidentée. Le Mainichi montre la planche avant et après :

Il s’agit là d’une atteinte inacceptable à la liberté académique.

Réouverture des écoles et des collèges dans 5 communes de Fukushima, avec très peu d’enfants

135 enfants ont fait leur rentrée pour la première fois en 7 ans dans 14 écoles et collèges de 5 communes de Fukushima. Il s’agit de Namié, Tomioka, Iitaté et le district Yamakiya de Kawamata, où l’ordre d’évacuer a été levé au printemps et 2017, sauf dans les zones dites de retour difficile, et de Katsurao, où l’ordre d’évacuer a été levé en juin 2016. C’est à peine 3% des 4 000 d’enfants scolarisés avant la catastrophe. Les écoles et collèges ont donc été regroupés, faute d’enfants, comme rapporté dans notre bilan annuel publié à l’occasion du septième anniversaire de cette catastrophe sans fin.

A Iitaté, une école toute neuve a été reconstruite et 75 élèves et collégiens sont inscrits. Il y a 5 mois, 90 étaient attendus. Ils étaient 742 avant la catastrophe. Les enfants vivent toujours en dehors de la commune, pour la plupart d’entre eux, et ont jusqu’à une heure de bus chaque jour pour venir à l’école ou au collège.

A Tomioka, seuls 17 enfants sont inscrits à l’école et au collège. Avant la catastrophe nucléaire, la commune avait deux écoles élémentaires et deux collèges, avec 1 487 enfants scolarisés. Le taux de retour dépasse à peine 1%. Le CP compte trois élèves.

A Katsurao, il y a 22 enfants en tout dans l’établissement qui regroupe la maternelle, l’école élémentaire et le collège.

Fin de la tentative d’arbitrage entre Namié et TEPCo

En 2013, la commune de Namié avait saisi la commission d’arbitrage mise en place par les autorités au nom de ses résidents forcés à évacuer. Plus de 15 000 personnes, soit environ 70% des habitants, avaient signé la pétition afin d’obtenir une meilleure indemnisation. TEPCo leur verse 100 000 yens (763 euros) par mois et, en mars 2014, la commission d’arbitrage avait tranché en faveur des habitants en proposant une augmentation de 50% environ. La commune avait accepté, mais pas TEPCo.

La commission n’a cessé, depuis, de demander à TEPCo d’accepter cet accord, en vain. Elle vient donc d’informer la commune qu’elle clôturait ce dossier. Les requérants pourraient saisir la justice à l’instar des 12 000 autres personnes qui ont déposé des plaintes collectives. La commune de Namié a fait savoir que 800 personnes concernées étaient déjà décédées.

TEPCo est venue présenter ses excuses après avoir été condamnée à dédommager un suicide

TEPCo a récemment été condamnée à indemniser la famille de Fumio Ôkubo, âgé de 102 ans, qui s’est suicidé le 12 avril 2011, après avoir appris qu’il devrait évacuer bientôt. Trois représentants de la compagnie ont rendu visite à la famille du défunt pour présenter leurs excuses. C’était une de ses revendications.

La belle fille du défunt a montré aux représentants de TEPCo le champ qu’il a cultivé toute sa vie : c’est devenu un site d’entreposage de déchets radioactifs issus de la décontamination.

Retrait de nombreux radiamètres à Fukushima

L’Autorité de Régulation Nucléaire veut retirer environ 80% des 3 000 radiamètres qui mesurent en continu le débit de dose un peu partout à Fukushima. Il y a plusieurs raisons derrière cette décision. D’abord, ils ont une durée d’utilisation limitée et ils doivent être bientôt remplacé. Leur entretien coûte 360 millions de yens (2,7 millions d’euros) par an. Et enfin, le débit de dose a diminué.

Ne devraient être enlevés, que les radiamètres en zone jamais évacuée où le débit de dose ambiant est passé sous la limite de 0,23 µSv/an, qui correspond à 1 mSv/an, selon les hypothèses faites pas les autorités japonaises. Selon l’Asahi, les 600 radiamètres qui resteront, auxquels il faut ajouter les balises de TEPCo et celles des communes, seront déterminés après discussions avec les riverains.

Reprise de l’instruction du dossier de sûreté de l’usine de retraitement de Rokkashô

L’usine dite d’extraction du plutonium des combustibles usés de Rokkashô-mura, dans la province d’Aomori, aurait être mise en service en 1997. Mais la date de démarrage a été repoussée 24 fois. Il y a déjà un retard cumulé de 24 ans.

Après l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi et le renforcement des normes de sûreté, l’exploitant, Japan Nuclear Fuel, a dû revoir son dossier de sûreté qu’il a soumis à l’autorité de régulation nucléaire en 2014.

Puis, en août 2017, 800 litres d’eau de pluie a fui d’un tuyau situé dans une galerie souterraine et a atteint une pièce avec un générateur diesel de secours. La compagnie s’est alors aperçue que la galerie n’avait pas été inspectée pendant 14 ans, c’est à dire depuis sa construction. Les rapports de sûreté mentionnaient pourtant qu’il n’y avait rien à signaler.

En réaction, la NRA avait suspendu l’instruction du dossier de sûreté en octobre 2017. Elle vient de décider la reprise.

Cette usine dite de retraitement a une capacité de traitement de 800 tonnes de combustibles usés par an, de quoi extraire 8 tonnes de plutonium. Plus de 2 000 milliards de yens (15 milliards d’euros) ont déjà été dépensés depuis le début des travaux en 1993. Son démantèlement devrait coûter 1 500 milliards de yens (11,5 milliards d’euros). Tout cela pour aucun service rendu actuellement !

La justice refuse d’arrêter la centrale de Takahama

Une cour d’Ôsaka a refusé d’arrêter la centrale de Takahama située dans la province de Fukui. Les plaignants avaient demandé son arrêt par crainte qu’un missile Nord-coréen la détruise. Mais la justice a jugé que la volonté de détruire cette centrale n’était pas établie.

Cette centrale avait été mise à l’arrêt par la justice en 2016, avant d’autoriser finalement sa remise en service en 2017. Les réacteurs 3 et 4 sont en activité.

Inauguration d’une usine à Namié

La ville de Namié est quasiment entièrement évacuée. En février, 516 habitants seulement y résidaient, alors qu’ils étaient 21 000 avant la catastrophe. 80 % du territoire est classé en zone de retour difficile. Les groupes japonais Nissan et Sumitomo ont décidé d’y implanter un site de recyclage des batteries des voitures électriques. Ils ont bénéficié d’aides financières pour cela et espèrent fournir des batteries recyclées à moitié prix par rapport aux neuves.

Le bâtiment reste sommaire et il n’y a que 10 employés pour le moment, mais l’usine ne devrait être mise en service qu’en mai prochain. 50 employés sont attendus en 2020.

A peine remis en service, Genkaï 3 est arrêté suite à une fuite de vapeur

A peine une semaine après son redémarrage, le 23 mars dernier, la production d’électricité du réacteur n°3 de la centrale de Genkaï vient d’être arrêtée à cause d’une fuite de vapeur sur le circuit secondaire. Il avait atteint 75% de sa puissance.

Kyûshû Electric, l’exploitant, a annoncé qu’un employé avait découvert la fuite vers 19h le 30 mars. La puissance du réacteur a été réduite progressivement à 13% et la production d’électricité stoppée. Le 1er avril, la compagnie a annoncé avoir trouvé un trou d’un centimètre sur un tuyau du circuit secondaire. Il n’y aurait pas de eu de rejet radioactif.

Le réacteur n’est pas arrêté, mais personne ne sait quand il pourra à nouveau produire de l’électricité. Quant au redémarrage du réacteur n°4, prévu en mai prochain, il pourrait être repoussé.

Il n’y a donc plus que 5 réacteurs nucléaires qui produisent de l’électricité au Japon.