Reprise de l’enquête sur l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi

L’Autorité de régulation nucléaire, la NRA, a annoncé vouloir reprendre les investigations pour comprendre le déroulement de l’accident à la centrale du Fukushima daï-ichi. Certains équipements seraient devenus accessibles suite à la baisse du niveau de radioactivité ambiant. Le rapport devrait être rédigé et rendu public durant l’année fiscale 2020, juste avant le 10ième anniversaire en mars 2021.

Parmi les questions ouvertes, il y a le cheminement de l’eau contaminée et le fonctionnement des systèmes de refroidissement au moment de l’accident. Par ailleurs, il est probable que l’évent du réacteur n°2 n’ait pas fonctionné et que la pression ait fortement augmenté, entraînant un endommagement de l’enceinte de confinement et des rejets radioactifs supérieurs à ceux des autres réacteurs où il y a eu fusion du cœur.

3 apprentis vietnamiens envoyés sur des chantiers de décontamination ont porté plainte

Plusieurs apprentis venus du Vietnam pour se former dans les métiers de la construction ont été envoyés par des entreprises sur des chantiers de décontamination. La formation aux risques radioactifs n’était pas satisfaisante à cause des problèmes de langue et les primes de risque n’ont souvent pas été versées.

Trois d’entre eux, qui étaient venus au Japon en 2015 pour se former, viennent de porter plainte à Kôriyama, contre leur employeur, la compagnie Hiwada. Ils réclament un total 12 millions de yens (102 000 €) en compensation. Ils auraient été envoyés pendant deux ans sur des chantiers de décontamination, essentiellement à Kôriyama, mais aussi à Namié, en zone dite de retour difficile pour travailler sur la réfection des égouts.

Les trois apprentis seraient très stressés et se feraient du soucis pour leur santé. Ils sont aussi très déçus par le programme de formation car ils n’auraient appris aucune compétence sur les chantiers de décontamination.

La compagnie a reconnu les avoir envoyés travailler en zone contaminée. Une enquête gouvernementale avait révélé que 4 compagnies japonaises avaient envoyé des apprentis vietnamiens sur des chantiers de décontamination.

Démolition partielle de la cheminée du réacteur des réacteurs 1 et 2

TEPCo a réussi à démanteler la partie haute de la cheminée de rejet des réacteurs 1 et 2 de sa centrale de Fukushima daï-ichi. Les travaux avaient débuté il y a un mois.

Les opérations semblent télécommandées car le niveau de radiation est trop élevé. La cheminée est découpée en tranches qui sont descendues par une grue. TEPCo a mis en ligne quelques images, ainsi qu’une vidéo, avec des explications en japonais uniquement. La compagnie ne dit rien sur le devenir des déchets radioactifs, ni sur leur niveau de contamination.

Les travaux devraient être terminés en mars prochain.

 

Le Japon doit apprendre des autres pays en matière de démantèlement, selon un livre blanc

24 réacteurs nucléaires, dont les réacteurs accidentés de Fukushima daï-ichi, doivent être démantelés au Japon dans les années et décennies à venir. Cela représente environ 40% du parc d”avant la catastrophe. L’industrie nucléaire doit apprendre des autres pays, selon un livre blanc rédigé par la commission japonaise de l’énergie atomique.

Le Japon n’a mené à bien aucun démantèlement à ce jour et n’a pas de solution pour les déchets radioactifs. La date d’achèvement du démantèlement du réacteur Tôkai-1 a été repoussée de 5 ans en mars dernier, à 2030. Et le démantèlement de l’usine de retraitement de Tôkaï devrait prendre 70 ans…

Le livre blanc, en revanche, continue à soutenir le retraitement des combustibles usés et la construction d’un surgénérateur, malgré les échecs patents de ces programmes : l’usine de Rokkashô n’a jamais démarré et accuse 24 ans de retard ; le surgénérateur Monju a été arrêté définitivement car il n’a fonctionné que quelques mois en plus de 2 décennies.