L’ASN favorable à l’extension à 100 km de la distribution d’iode comme le réclame l’ACRO

L’ACRO milite pour l’extension de la distribution de l’iode autour des centrales nucléaires. Rappelons qu’en France, c’est 10 km, 20 km en Belgique, 50 km en Suisse et tout le pays au Luxembourg. A l’occasion du renouvellement de la distribution, nous avons appelé à étendre cette distribution à 100 km.

Dans une interview à Libération, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet, après avoir rappelé qu’“il faut imaginer qu’un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe,” il explique : “Fukushima a eu des conséquences de natures diverses pour les populations jusqu’à 100 kilomètres autour de la centrale. Et les gens ont dû être évacués durablement dans un rayon de 20 km, ce qui est déjà énorme. Si on pose ce schéma en Europe, il faut en tirer les conséquences et faire en sorte que nos moyens de gestion de crise soient adaptés, en allant au-delà du rayon de 10 km qui est celui des plans particuliers d’intervention (PPI) actuels autour des installations. Il faut regarder une zone plus large, jusqu’à 100 km.”

A la question, “beaucoup demandent à ce que la distribution actuelle de comprimés d’iode dans un rayon de 10 km autour des centrales françaises soit étendue à ces 100 km”, il répond “nous y sommes favorables.”

Dans la situation actuelle, au-delà de 10 km, il faudra sortir pour chercher ou distribuer l’iode, ce qui peut entrer en conflit avec la mise à l’abri. Pierre-Franck Chevet précise : “Si on est dans le nuage, effectivement, il ne faut pas sortir. Mais oui, il faudra absolument préciser les conditions dans lesquelles on achemine à temps les comprimés jusqu’aux personnes. Je ne sais pas si la solution sera d’étendre la prédistribution des comprimés à 100 km ou d’avoir un circuit très fiable de distribution au moment où… Tout cela se prépare, ça ne dépend pas que de l’ASN.”

Pour en savoir plus, lire notre article sur le sujet.

80% de baisse des émissions de CO2 d’ici… 2050

Le Japon avait affiché un engagement peu ambitieux de diminution des gaz à effet de serre lors de la COP21 : 26% de baisse d’ici 2030 par rapport à 2013, année de forts rejets. Cela lui avait valu le prix fossile.

Le gouvernement veut afficher 80% de baisse par rapport à l’année 1990 à l’horizon 2050 en amont du G7 qui se tiendra au Japon en mai 2016. Il s’agit d’une belle annonce contredite par les faits car le Japon investit massivement dans les centrales à charbon.

Redémarrage du réacteur n°4 de Takahama reporté

Suite à l’arrêt automatique de la veille du réacteur n°4 de Takahama, à peine trois jours après le début du redémarrage, Kansaï Electric reporte les opérations le temps de trouver la cause du problème. La compagnie a procédé à l’arrêt à froid du réacteur.

C’est un courant électrique fort près d’un transformateur qui a entraîné l’arrêt automatique (voir le communiqué de l’exploitant) alors que le réacteur n’était qu’à 5% de ses capacités de production.

Une fois l’origine de la panne trouvée, il faudra une évaluation de l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) et une inspection.

Belgique : le Conseil Supérieur de la Santé reprend plusieurs de nos conclusions sur les plans d’urgence

Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) belge a procédé à un examen critique du plan d’urgence belge, en tirant les leçons de l’accident de Fukushima et d’autres types d’accidents récents, et vient de publier un deuxième avis qui converge avec nombre des critiques et propositions de notre étude pour Greenpeace Belgique.

Que fait la France ? Elle maintient des PPI réduits à 10 km des centrales nucléaires…

Voici quelques extraits du communiqué du CSS :

  • “Une première conclusion, essentielle, est qu’il faut prendre conscience que, bien que très peu probable, un accident nucléaire sévère peut vraiment se produire, même dans des pays technologiquement à la pointe, et y compris en Belgique. […] L’idée que les conséquences d’un accident nucléaire sévère sont limitées aux environs immédiats du site (par exemple une dizaine de kilomètres pour une évacuation) est contredite par l’expérience pratique. Même pour des centrales de conception occidentale, un accident sévère peut avoir des conséquences à grande distance.”
  • “Par ailleurs le CSS recommande l’élargissement des zones de planification : 20 km au moins pour l’évacuation, 100 km au moins pour la distribution rapide d’iode non radioactif aux populations cibles, ainsi que pour la mise à l’abri. Il recommande aussi l’élaboration de stratégies de réhabilitation à long terme, visant à reconstruire le tissu social et économique des zones sinistrées.
    Tout accident sévère aura donc une dimension internationale ce qui nécessite de renforcer les accords et coordinations au niveau bilatéral et européen.”
  • “Le CSS prône une stratégie de précaution. Celle-ci implique de tirer lucidement les leçons des accidents passés, en intégrant des étendues territoriales et des durées de crise réalistes, ainsi qu’un impact européen transfrontalier, et en examinant en détail tous les scénarios possibles, y compris les moins probables, et les vulnérabilités. Une telle approche suppose que tous les intéressés et la population en général soient concernés d’une manière ouverte.”