Opposition du gouverneur de Niigata au redémarrage de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa

Le PDG de TEPCo a rencontré le gouverneur de Niigata pour tenter de le convaincre de l’intérêt de redémarrer les réacteurs n°6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa qui en compte sept. Un dossier de sûreté est en cours d’instruction et n’a pas encore été validé par la NRA.
Le gouverneur a tancé le PDG de TEPCo, lui reprochant de ne pas rechercher les causes de l’accident. Ce n’est pas une surprise. Le gouverneur a plusieurs fois répété qu’il voulait que la compagnie tire les leçons de la catastrophe nucléaire et présente ses résultats avant de donner son accord. Il a aussi critiqué le refus de plusieurs cadres de TEPCo que leur témoignage devant la commission d’enquête mise en place par le gouvernement soit rendu public. Il a aussi refusé l’invitation du PDG de TEPCo à venir inspecter la centrale par lui-même.
Dans les textes, il n’est pas nécessaire d’obtenir le consentement du gouverneur de la région pour redémarrer un réacteur, mais, politiquement, TEPCo peut difficilement passer outre.
TEPCo va organiser deux réunions d’information pour les habitants, une le 22 janvier à Kashiwa et une le 23 à Kariwa. Ce sont les deux communes qui bénéficient de la manne financère.
La compagnie a aussi demandé à l’AIEA de venir inspecter ces deux réacteurs et son management. L’AIEA a accepté, mais il n’y a pas grand chose à attendre de cette organisation.
Répétons-le : il n’est pas normal que TEPCo puisse encore exploiter du nucléaire après une catastrophe d’une telle ampleur.

Protection des centrales nucléaires contre les attaques terroristes

Le nouveau référentiel de sûreté mis en place par la nouvelle autorité de sûreté inclut la protection des centrales contre les attaques terroristes. Cependant, face à la surcharge de travail, la NRA a mis la priorité sur les risques naturels et a reporté à 2018 la mise en place des mesures de protection contre le terrorisme. Elle va entamer une première évaluation de ces dernières pour les centrales de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) et de Takahama (Fukui). Cela servira de modèle pour les autres centrales. Les mesures envisagées incluent une deuxième salle de contrôle et d’autres équipements bunkérisés.

Toujours pas de site de stockage pour les déchets radioactifs dus à la catastrophe nucléaire

Le gouvernement est à la peine pour trouver des sites de stockage pour les déchets dus à la catastrophe nucléaire. Il y a des boues de station d’épuration, des cendres d’incinérateurs, du compost et de la paille de riz qui ont plus de 8 000 Bq/kg de césium pour un total de 152 000 tonnes dans 12 provinces. Le gouvernement veut les stocker dans 5 provinces : Miyagi, Ibaraki, Tochigi, Gunma et Chiba. S’ajoutent à cela les déchets qui sont à Fukushima.
Selon l’agence de presse jiji, reprise par le Japan Times, le gouvernement a sélectionné un site à Tochigi et un à Miyagi, mais il fait face à une forte opposition locale. A Tochigi, le site pourrait influencer la source thermale Jojinzawa, qui a été classée par le ministère de l’environnement parmi les 100 meilleures eaux du Japon. Une pétition a déjà recueilli 170 000 signatures.
A Miyagi, le gouvernement a présélectionné trois sites, mais, sur un site, les riverains ont empêché les forages prospectifs. La situation est bloquée.
A Chiba, le gouvernement ne possède pas de terrain et il recherche des terrains privés. Les déchets sont provisoirement entreposés sur plusieurs sites, mais le bail expire fin mars 2015…
A Gunma et Ibaraki, la procédure de recherche de site est toujours en discussion.
A Fukushima, où il y a 128 000 tonnes, le gouvernement veut utiliser les sites existants et, pour les déchets les plus radioactifs, qui dépassent 100 000 Bq/kg, utiliser le centre d’entreposage de Futaba-Ôkuma. Mais l’achat des terrains y a pris du retard et n’avance pas.

Le riz de Fukushima inférieur à la limite de mise sur le marché

La province de Fukushima contrôle tous les sacs de riz produits localement avant de les mettre sur le marché. L’autoconsommation échappe à ces contrôles.
10,75 millions de sacs ont été contrôlés en 2014. Pour la première fois depuis le début de la catastrophe, ils ont tous une contamination en césium inférieure à la limite de 100 Bq/kg pour les deux césium.
Ces contrôles ont débuté en 2012. Les autorités régionales ont acheté 190 appareils de mesure à cette fin. En 2012, 71 sacs de 30 kg ont dépassé la limite. En 2013, c’était 28.
Les pratiques agricoles ont changé afin de diminuer la contamination. Des fertilisants sont utilisés pour réduire l’absorption du césium.

Arrêt définitif de 5 réacteurs

Comme nous l’avons déjà mentionné, 5 des 7 réacteurs qui ont plus de 40 ans ou qui vont bientôt passer la quarantaine, devraient être arrêtés définitivement. Les exploitants devraient bientôt engager des discussions avec les pouvoirs locaux à ce propos. Pour rappel, il s’agit des réacteurs n°1 et 2 de Mihama (Fukui) et les n°1 de Shimané, de Genkaï (Kyûshû) et de Tsuruga (Fukui). Ils sont tous de faible puissance, de 340 à 560 MWhe. L’arrêt définitif devrait réduire les taxes touchées par les communes.

Dernières données sur les doses prises par les travailleurs

Selon les dernières statistiques officielles, au 30 novembre 2014, 39 904 travailleurs sont passés sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi, dont 35 544 sous-traitants et donc 4 360 employés de TEPCo.
Il y a eu 704 travailleurs nouveaux en novembre 2014. La barre de 40 000 a donc dû être dépassée depuis.
Environ 11 000 personnes passent chaque mois sur le site, dont 90% sont des sous-traitants. La presse japonaise mentionne près de 7 000 travailleurs chaque jour.
Ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus élevées, que se soit en moyenne ou en valeur maximale. Entre septembre et octobre 2014, la dose la plus forte enregistrée sur un mois est de 18,22 mSv sachant qu’il ne faut pas dépassé 20 mSv par an en moyenne sur 5 ans et 50 mSv en un an.