J-Power veut finir son réacteur

La compagnie J-Power, qui construit un nouveau prototype de centrale nucléaire à Ôma (Aomori) qui doit fonctionner avec un cœur entièrement constitué de MOx va déposer un dossier demande de démarrage, comme nous l’avons déjà signalé. 40% des travaux de construction de ce nouveau réacteur étaient réalisés en mars 2011.

La compagnie espère un démarrage en 2021 et est allée informer officiellement les communes situées dans un rayon de 30 km, dont celle de Hakodaté située de l’autre côté du détroit de Tsugaru, à Hokkaïdô, qui a déposé un recours en justice contre la reprise des travaux de construction. A l’issue de la réunion, le maire a déclaré ne pas avoir été convaincu. La commune d’Ôma, quant à elle, soutient le projet car elle va toucher les subsides.

Ce nouveau type de réacteur qui fonctionne à 100% au MOx est plus complexe à faire fonctionner. En général, dans les réacteurs classiques, la part du MOx ne dépasse par un quart à un tiers du coeur. Plus il y a de MOx, plus il est difficile d’arrêter la réaction en chaîne. Cela impose des moyens supplémentaires pour assurer la sûreté de ce nouveau réacteur et il n’y a pas d’équivalent dans le monde. L’examen de la sûreté de ce réacteur va donc être complexe. La compagnie assure avoir pris en compte les nouveaux critères de sûreté japonais qui imposent une meilleure tenue aux séismes par exemple et une deuxième salle de contrôle. Cela lui coûtera 130 milliards de yens (presqu’un milliard d’euros) en plus.

Il y a deux autres réacteurs dont les travaux avaient débuté avant le 11 mars 2011 et qui ne sont donc pas comptés comme « nouveaux » par les autorités. Il s’agit du réacteur n°1 de Higashi-dôri (Aomori) et du n°3 de Shimané.

Remballage des déchets

Les négociations avec les propriétaires des terrains où le gouvernement souhaite implanter le centre d’entreposage pour 30 ans des déchets radioactifs de Fukushima sont plus complexes que prévu. L’ouverture, prévue initialement en Janvier pourrait être retardée.
Mais le ministère de l’environnement a organisé un voyage de presse sur un site où les déchets attendent pour montrer aux journalistes la mise dans des « big bags » d’un mètre cube pour préparer les déchets au transport. Les sacs actuels, qui attendent depuis 3 ans, pourraient montrer des signes de détérioration. Les reprendre maintenant est donc une mesure préventive. Les odeurs seraient fortes, mais il n’y aurait pas de gaz toxiques.
Le gouvernement espère terminer avant l’arrivée de la neige en décembre.

L’Asahi reconnaît son erreur

Le quotidien Asahi avait révélé le témoignage de l’ancien directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi devant la commission d’enquête mise en place par le gouvernement et avait mal interprété ses propos. Cela a entraîné une polémique et le journal a dû corriger ses articles. Il a aussi présenté ses excuses aux travailleurs de TEPCo qu’il a pu offenser en laissant entendre qu’ils avaient désobéi en se retirant de la centrale accidentée. Il a mis en place une commission d’enquête qui vient de conclure qu’il y avait bien des erreurs majeures dans les articles. Elle critique aussi le temps qu’il a fallu au quotidien pour admettre les erreurs suite aux polémiques.
Le président du journal va démissionner.

Un exercice de crise tourne au fiasco

Un exercice de crise a tourné court à Niigata. Le scénario était qu’un séisme arrête le refroidissement de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. TEPCo a annoncé des rejets radioactifs. Le gouverneur, en liaison avec la cellule de crise gouvernementale, a demandé que les comprimés d’iode soient distribués avant le rejet. Mais le gouvernement a refusé sous le prétexte que les textes prévoient que la distribution ait lieu après le rejet et seulement dans les zones les plus touchées.
Le gouverneur a raison car l’iode stable a une efficacité maximale quand il est pris 6 heures avant l’exposition aux rejets. Le gouvernement n’ayant pas lâché sur ce point, l’exercice a dû être arrêté. Et le gouverneur a expliqué qu’il était impossible de protéger la population avec les règles actuelles. Quant au maire de Kariwa, qui n’attend que le redémarrage pour des raisons financières, il a critiqué le gouverneur.
1 500 personnes ont participé à l’exercice de crise.

Les communes autour de Hamaoka demandent à être consultées

7 communes situées à moins de 30 km de la centrale de Hamaoka (Shizuoka) ont réclamé la signature d’un accord avec l’exploitant qui veut redémarrer certains réacteurs de sa centrale. Elles demandent à être consultée en amont de la décision de redémarrage ou en cas de changement notable à la centrale. Un tel accord existe déjà avec 4 autres communes plus proches. La compagnie n’a pas souhaité commenter.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs

TEPCO a arrêté depuis quelques mois de publier des statistiques sur les doses prises par les travailleurs sur le site de sa centrale accidentée. Elles sont maintenant sur le site du ministère de la santé, du travail et des affaires sociales.
Au 30 septembre 2014, 38 454 travailleurs sont passés sur le site de Fukushima daï-ichi, dont 34 121 sous-traitants. Entre juillet et septembre 201, la dose la plus forte enregistrée en un mois est de 18,69 mSv, et c’est un sous-traitant. La dose moyenne prise par les sous-traitants est toujours plus forte que celle prise par les employés de TEPCo.

Reportage sur les déchets

Le Figaro propose un reportage sur les déchets issus de la décontamination, avec une photo impressionnante. Il mentionne un total de 43 millions de mètres cube sans préciser s’il s’agit seulement de Fukushima ou si cela inclut aussi les provinces limitrophes.
Les autorités veulent incinérer les déchets végétaux pour limiter les volumes, mais sans être précis sur les rejets atmosphériques engendrés.
A Tochigi, qui est la deuxième province la plus touchée après Fukushima, le gouvernement est à la peine pour trouver un site de stockage définitif pour ces déchets. Lors d’une réunion entre le ministre de l’environnement et les maires concernés qui a eu lieu la veille, le maire de Shioya a fermement réitéré son opposition à voir un te centre sur sa commune. Cela n’a pas empêché le ministre de dire que l’acceptation du projet progressait. Il y a actuellement 170 sites d’entreposage à Tochigi.

Très faible contamination de la mer sur la côte Ouest des Etats-Unis

Le Woods Hole Institute qui fait une surveillance citoyenne de la pollution marine commence à détecter la pollution de Fukushima au large des côtes japonaises. C’est la présence de césium-134, qui a une demi-vie de 2 ans, qui permet de signer l’origine. Les résultats sont très faibles, de quelques becquerels par m3.
Voir le communiqué de l’Institut et sa carte de résultats.

TEPCO s’est sentie obligée de publier un communiqué à ce propos. Elle ferait mieux de communiquer sur ses propres mesures. Surtout que ses commentaires sont douteux. Après avoir rappelé que les niveaux sont très faibles, la compagnie insiste pour dire que ses rejets en mer ont beaucoup baissé (heureusement !), ce qui est une façon détournée d’admettre que cela fuit toujours…
Plus près du Japon, les dernières données officielles sont ici.