Retour vers les points chauds

A Minami-Sôma, il y a 142 points chauds où l’exposition externe dépasse 20 mSv par an. 152 familles sont touchées et 80% des 720 habitants ont évacué. Maintenant que les travaux de décontamination sont terminés, le gouvernement veut que les habitants rentrent chez eux. L’exposition externe la plus élevée qui reste est de l’ordre de 5 mSv/an, ce qui est plus que la limite de 1 mSv/an en temps normal. Lors d’une réunion, le 26 septembre dernier, il a expliqué vouloir lever la recommandation à évacuer (ce n’est pas une obligation) en octobre 2014. Les indemnités liées à l’évacuation seraient versées durant 3 mois après la levée, ce qui est beaucoup plus court que pour les zones où l’évacuation est obligatoire : c’est un an.

Le puits 1-17 encore et encore

Nouveau record de la contamination radioactive de l’eau souterraine dans le puits de contrôle 1-17. Toujours lui ! Il y a maintenant 960 000 Bq/L en bêta total. Dans le puits 1-14, c’est 29 000 Bq/L (prélèvements du 2 octobre 2014).
A titre de comparaison, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter en mer une eau dont la contamination bêta total dépasserait 5 Bq/L.

Risque sismique et de tsunami à Fukushima

TEPCo s’est fixé comme critère que la secousse maximale possible au niveau de sa centrale de Fukushima daï-ichi est de 600 gals, et la vague de tsunami la plus haute, de 14 m. En mars 2011, ce fut 675 gals et 15,5 m. La NRA a demandé à TEPCo de revoir ces critères et TEPCo a proposé 900 gals et 26,3 m. La NRA donnera son avis plus tard, mais ne devrait pas demander de rehausser la digue qui ne fait que 14 m. Un nouveau tsunami entraînerait un fort rejet radioactif en mer, à cause des sous-sols inondés, qui pourrait atteindre une centaine de térabecquerels de césium 137. C’est 30% de ce qu’il y a dans les galeries souterraines. En revanche, TEPCo prétend que ses réacteurs accidentés peuvent supporter 900 gals.
C’est désormais 27,2 m pour Fukushima daï-ni.

Nouvelle unité de traitement de l’eau

TEPCo est à la peine avec sa station de traitement des eaux contaminées. Elle retire le césium depuis 2011, mais elle a du mal avec la station ALPS qui doit retirer 62 radioéléments en tout.
En attendant, elle a installé une autre unité qui retire le strontium. La concentration de cet élément, particulièrement radiotoxique, devrait être divisée par 1 000. C’est déjà cela, mais TEPCo reconnaît que cela ne suffira pas pour rejeter l’eau traitée dans l’océan. En cas de fuite majeure, l’impact sera moindre.
La compagnie veut traiter les 23 000 m3 d’eau dans lesquelles le césium a déjà été retiré.
Photos commentées en japonais.

Critique du rapport de l’UNSCEAR

Le docteur Keith BAVERSTOCK critique, dans cette note en anglais et japonais, le rapport de l’UNSCEAR sur la catastrophe de Fukushima. Il regrette les conclusions hâtives alors que l’on n’a pas tous les éléments, le rôle de l’AIEA qui n’a pas transmis toutes les informations utiles et qui n’a rien trouvé à redire quand les autorités japonaises ont minimisé l’ampleur de la catastrophe dans les premières semaines. Rappelons qu’il a fallu un mois pour que l’accident soit classé au niveau 7 de l’échelle INES et encore plus pour que TEPCo admette qu’il y a fusion des cœurs nucléaires. L’AIEA n’a rien trouvé à redire.
Faute d’informations fiables sur les premiers jours, où l’exposition était la plus forte, il est difficile de tirer des conclusions définitives.
Le rapport de l’UNSCEAR ne donne que des doses moyennes pour certaines catégories de population sans évaluer la dispersion des résultats.
Keith BAVERSTOCK critique aussi l’évaluation de la dose des habitants d’Iitaté, évacués très tardivement. Le modèle employé est, selon lui, adapté à un mode de vie urbain, pas un mode de vie rural avec consommation de sa propre production.

Craintes persistantes envers les produits de Fukushima

Les autorités font régulièrement effectuer des sondages sur les pratiques alimentaires des Japonais. La dernière étude a été faite auprès de 5 176 personnes du Tôhoku, qui a été particulièrement touché et des grandes agglomérations comme Tôkyô, Nagoya ou Ôsaka. La crainte envers les produits de Fukushima ne diminue pas.
19,6% des personnes interrogées expliquent éviter d’acheter des produits de cette région. En février dernier, c’était 15,3%. En 2013, c’était 17,9 et 19,4%. Ce chiffre de 19,6% est le plus élevé enregistré.
Par ailleurs, 70% des personnes interrogées disent faire attention à la provenance des produits. Ce chiffre est aussi en augmentation. 22,5% demandent des limites plus basses et 47% ne veulent pas consommer des produits contaminés, même si la concentration en césium est inférieure à 100 Bq/kg.
Certains prétendent que le Manga Oishinbo, qui avait défrayé la chronique, est responsable.
Lien vers l’étude.

Pas de révision du risque volcanique

Le président de la NRA a affirmé que l’explosion du volcan Ontaké ne remet pas en cause les décisions quant à la sûreté des réacteurs de Sendaï. Il a expliqué qu’il y a un fossé entre son opinion et celle de certains vulcanologues. Pour lui, on ne peut pas tout arrêter car on ne peut pas prédire la survenue d’une catastrophe naturelle. La comparaison entre les volcans situés près de la centrale de Sendaï et le Ontaké ne serait pas scientifique, d’après lui.