Reconduction des prêts

Trois banques ont accepté de reconduire des prêts à TEPCo arrivés à échéance. Il y en aurait pour des dizaines de milliards de yens. D’autres banques hésitent encore pour d’autres prêts, d’un total de 150 milliards de yens (plus d’un milliard d’euros), qui arrivent à échéance en décembre prochain.

Record de contamination en amont

Record de la contamination bêta total de l’eau souterraine dans le puits de contrôle E9 situé en amont des réacteurs, mais en aval des cuves, avec 14 000 Bq/L (prélèvement du 8 octobre 2014). Il y a aussi eu un record de la contamination bêta total dans l’eau d’un drainage de surface (prélèvement du 7 octobre 2014). Ces augmentations pourraient être dues aux fortes pluies qui ont déplacé la pollution radioactive.

Lacunes dans la préparation à l’évacuation en cas d’urgence

Les autorités locales peinent à établir des plans d’évacuation des populations en cas d’accident nucléaire. 40% des communes n’y seraient pas encore parvenu, selon le gouvernement japonais. Le trafic engendré va fortement ralentir l’évacuation, exposant les populations dans les véhicules où elles sont peu protégées. Il n’est pas toujours facile pour trouver un abri pour tous les habitants vivant à moins de 30 km des centrales. Ils sont presqu’un million autour de Tôkai (Ibaraki) et 740 000 autour de Hamaoka (Shizuoka). C’est encore plus compliqué pour les personnes âgées et les personnes hospitalisées qui ont besoin d’assistance et de soins.
Et là où les plans sont terminés, comme autour de la centrale de Sendaï (Kagoshima) ou dans la province de Fukui, il y a encore de nombreuses lacunes. Plusieurs responsables locaux considèrent qu’ils ne sont pas réalistes.
L’exemple japonais prouve qu’il n’est pas possible d’avoir un plan d’évacuation effectif si l’on veut faire les choses sérieusement. Ce qui signifie que les plans européens ne seront pas fiables en cas d’accident.

Par ailleurs, chaque pays nucléarisé se doit d’avoir un logiciel pour prédire les retombées radioactives en fonction de la météo en cas d’accident grave. Au Japon, il s’appelle SPEEDI et n’a servi à rien lors de la catastrophe de mars 2011. Les experts ne pouvaient estimer la quantité de radioéléments qui étaient rejetés et donc la quantité qui retombaient. La seule information disponible était où ils retombaient. Mais cela n’a pas été transmis aux personnes concernées et de nombreuses personnes ont évacué vers des zones plus contaminées.
La nouvelle autorité de sûreté japonaise, la NRA, a décidé de ne pas utiliser SPEEDI en cas de nouvel accident, car il ne serait pas fiable. On ne sait pas comment elle va faire.

Toujours le problème de la sous-traitance

Reuters consacre une nouvelle enquête aux travailleurs à la centrale de Fukushima. Un an après que le gouvernement ait décidé de doubler la prime de risque, nombre d’entre eux ne savent toujours pas combien ils vont toucher. Seulement une personne sur les 37 interviewées par l’agence de presse a déclaré avoir reçu complètement cette prime. Certains n’ont rien reçu et la plupart, moins de la moitié de la somme promise.
A certains d’entre eux, il a été expliqué que la prime serait proportionnelle à la dose prise, comme pour les inciter à prendre des risques. Un autre explique qu’il ne reçoit de prime que quand il pénètre dans les zones les plus chaudes près des réacteurs.
TEPCo refuse de communiquer sur le sujet, disant que c’est l’affaire des compagnies sous-traitantes qui ponctionnent à chaque niveau.
Il y a toujours près de 800 compagnies sous-traitantes à intervenir sur le site et qui fournissent la majorité des 6 000 travailleurs quotidiens. Il n’y a que 250 employés de TEPCo.
Si TEPCo ne fait pas le ménage et ne s’inquiète pas de ce que touchent les travailleurs, ils vont se détourner de la centrale et aller travailler sur les chantiers de construction liés aux jeux olympiques de 2020.

Riz récolté en zone évacuée

Du riz a été planté à Ôkuma, village évacué, à titre expérimental dans une rizière de 25 ares qui a été décontaminée. La moisson vient d’avoir lieu en présence d’une dizaine d’agriculteurs. Les grains vont être séchés pendant deux semaines avant d’être contrôlés.
Avant la catastrophe, 800 hectares de rizières étaient cultivés à Ôkuma.

Conséquences du typhon

Un typhon est passé sur le Nord-Est du Japon et la centrale de Fukushima daï-ichi a été bien arrosée. Selon TEPCo une alarme a signalé une fuite qui versait de l’eau d’un tuyau externe dans le bâtiment turbine du réacteur n°1. La compagnie a aussi trouvé une fuite dans le bâtiment réacteur n°3 où l’eau de pluie pénètre puisqu’il n’est pas couvert.
TEPCo prétend qu’il n’y a pas eu de fuite d’eau contaminée vers l’extérieur, alors que ces fuites sont quotidiennes, qu’il pleuve ou pas.
Communiqué en japonais.

Contrôle de bois de culture des champignons

C’est bien connu, les champignons sont de vraies pompes à césium. Les shiitakés sont cultivés sur du chêne qui provient souvent de Fukushima. Au début, il n’y a pas eu de contrôle sur le bois de culture et des shiitakés dépassant les normes ont été cultivés à l’autre bout du pays. A Kyôto, le bois a même contaminé un terrain avant d’être renvoyé discrètement à Fukushima.
Les autorités régionales veulent instaurer un contrôle systématique du bois de culture afin de relancer l’industrie forestière. Ces contrôles systématiques existent depuis 3 ans pour le riz et les kakis.
Des premiers tests sur le bois vont avoir lieu dans la région d’Aïzu. Le matériel de détection est non destructif et permet de garder les échantillons entiers. Si les tests sont concluants, la méthode sera déployée pour la récolte de l’automne 2015. La province de Fukushima espère ainsi retrouver sa place de premier producteur de bois pour la culture des champignons.
De nombreux échantillons ont plus de 50 Bq/kg pour le césium et la production est passée à 300 000 bûches en 2012, soit 6% de la production antérieure au désastre nucléaire.