Fin du bail pour les terrains avec déchets

En attendant un centre de stockage centralisé, les déchets issus de la décontamination s’amoncellent un peu partout à Fukushima. Le Maïnichi a interrogé 47 communes de Fukushima à propos de ces déchets et 46 ont répondu. Il en ressort qu’il y a 859 sites d’entreposage dans 40 communes avec un total de 3,2 millions de mètres cubes (chiffres à la fin juillet 2014).
En octobre 2011, le gouvernement pensait reprendre ces déchets d’ici 3 ans, mais il n’en est rien. Les mairies ont donc loué les terrains pour 3 ans et de nombreux baux arrivent à échéance. L’échéance de 3 ans sera dépassée pour 104 sites d’ici fin janvier 2015, avec un total de 178 192 m3.
La commune de Kawamata a demandé au gouvernement de reprendre les déchets de ses 9 sites d’ici là. Celle de Kawauchi a, quant à elle, demandé au gouvernement de renégocier les contrats de location.

Record de contamination

La contamination radioactive du puits de contrôle 1-6 vient de battre plusieurs records : la contamination bêta total est à 7,8 millions de Bq/L, celle en Cobalt-60, 3 600 Bq/L, celle en Manganèse-54, 700 Bq/L, celle en Césium-134, 61 000 Bq/L et celle en Césium-137, 190 000 Bq/L (prélèvement du 13 octobre 2014). Pour le césium, il s’agit d’un record absolu. En bêta total, c’est la deuxième valeur la plus élevée jamais observée.
Et TEPCo d’accuser le typhon. Mais ce n’est pas le typhon qui a apporté celle pollution, c’est bien sa centrale qui fuit de partout.

Monju : caméra de surveillance HS

Un tiers des 180 caméras de surveillance du surgénérateur Monju seraient HS, selon une inspection qui a eu lieu récemment. Ces caméras doivent surveiller le circuit secondaire de refroidissement. Elles avaient été installées en 2005 suite à la fuite de sodium en 1995. Certaines seraient en panne depuis plus d’un an et demi.
La NRA avait déjà stoppé toute tentative de redémarrage en mai 2013 après avoir découverts de nombreuses failles dans la sûreté. Ce réacteur, qui n’a fonctionné que quelques mois depuis 1994, est particulièrement dangereux et cumule les défaillances, mais les autorités ne se résignent pas à l’arrêter.
L’exploitant a expliqué être conscient du problème, mais que ce type de caméras n’est plus fabriqué. Et alors ? C’est tout le réacteur qui est obsolète !

Très forte contamination

Le puits de contrôle de l’eau souterraine 1-17 fait parler de lui dans les médias. La contamination en tritium a atteint la valeur de 150 000 de Bq/L (prélèvement du 9 octobre 2014). C’est 10 fois plus que le 2 octobre. Le typhon est pointé du doigt. Le fait que la contamination bêta total atteigne 1,2 million de Bq/L et qu’elle n’arrête pas d’augmenter ces derniers temps ne semble pas intéresser la presse.

Révision de la politique d’achat de l’électricité d’origine renouvelable

Suite à l’action des compagnies d’électricité qui ont refusé tout nouveau projet de raccordement de sources de production d’électricité renouvelable, le gouvernement pourrait revoir sa politique de rachat. Depuis juillet 2012, les producteurs d’énergie renouvelable bénéficient d’un tarif de rachat avantageux, mais les autorités veulent geler le processus à cause de son succès.
Pour le moment, 90% des demandes de rachat concernent le solaire, qui ne produit que le jour. L’éolien ou la géothermie, qui est plus souple d’utilisation, pourrait être privilégiés.
Un rapport à propos de la politique de rachat va être publié d’ici la fin de l’année. Il se pourrait qu’il y ait une mise en concurrence des projets en privilégiant ceux qui proposent les tarifs les plus bas.
Le gouvernement pourrait aussi développer une économie de l’hydrogène pour stocker et distribuer cette énergie d’origine renouvelable, ou de lui permettre de fournir d’autres consommations, comme les transports.
Le gouvernement n’a pas, à ma connaissance, lancé de politique de réduction de la demande en énergie…

Nouvelle hausse des tarifs

Hokkaïdô Electric va augmenter ses tarifs à partir du 1er novembre prochain de 12,43% en moyenne pour 5 mois. A partir du 1er avril 2015, ce sera 15,33% par rapport à maintenant. Ce calendrier est pour limiter la hausse durant l’hiver, qui est rigoureux à Hokkaïdô. La compagnie avait demandé 17,03%. Elle va couper les salaires et ne pas donner de prime de fin d’année cet hiver (cette prime peut être élevée au Japon).
C’est la deuxième augmentation depuis 2011. La précédente était de 7,73% en moyenne pour les ménages.

Réunion publique à Sendaï

Le gouvernement a organisé une réunion publique pour expliquer les nouvelles mesures de sûreté appliquées à la centrale nucléaire de Sendaï (Kagoshima), mais il n’a semble-t-il pas convaincu. Bien que la réunion ait été prolongée de 30 minutes, il n’a pas répondu à toutes les questions. Un millier de personnes y ont participé, dont le gouverneur et le maire de Sendaï. 4 autres réunions sont prévues dans 4 autres communes.
Par ailleurs, Kyûshû Electric a transmis à la NRA, l’autorité de sûreté nucléaire, les documents relatifs aux mesures de sûreté en cas d’éruption volcanique dans les environs de sa centrale de Sendaï. La compagnie, prévoit, en cas de forte éruption, d’arrêter ses réacteurs, ce qui est bien la moindre des choses et de transporter le combustible au loin. Mais, elle reconnaît qu’une telle opération prendrait au moins 5 ans.

Elections et Fukushima daï-ni

Ils sont 6 à briguer le poste de gouverneur de la province de Fukushima. Le gouverneur actuel n’est pas candidat, mais Masao Uchiborim le vice-gouverneur, si. Ce dernier est soutenu par les principaux partis au pouvoir et d’opposition.
L’ancien maire de Futaba, Katsutaka Idogawa, qui après avoir été un promoteur du nucléaire, est devenu un farouche opposant, avait emmené la population de son village se réfugier jusque dans la banlieue de Tôkyô en 2011. Il prône des normes de radioprotection plus strictes pour définir les zones d’évacuation et veut revoir la politique de gestion des déchets issus des travaux de décontamination.
Il y a aussi un candidat soutenu par le parti communiste, comme toujours, et 6 indépendants issus de la société civile.
Tous sont d’accord pour réclamer l’arrêt définitif des réacteurs de Fukushima daï-ni.