Responsabilité civile en cas d’accident nucléaire

Il existe plusieurs conventions internationales en terme de responsabilité civile suite à un accident nucléaire. Un de ces conventions n’a été signée que par les Etats-Unis, l’Argentine, le Maroc et la Roumanie. Cela ne suffit pour entrer en application. Les Etats-Unis font donc pression pour que le Japon rejoigne cette convention pour qu’elle puisse entrer en application. Les compagnies américaines sont aussi demandeuses de garanties pour intervenir à la centrale accidentée. Le gouvernement japonais devrait proposer la ratification au parlement.

Records du jour de la contamination et sédiments marins

 

La NRA a rendu publics des résultats d’une campagne de mesure de la contamination du sol sous-marin. Il y a jusqu’à 2 000 Bq/kg en césium 137 à 6 km de la centrale accidentée. Il y a 1 000 Bq/kg en une vingtaine de points situés à 4 km.
C’est à 2,3 – 2,5 km de l’embouchure du fleuve Abukuma que la pollution est la plus forte, jusqu’à 2 700 Bq/kg en césium 137.
Les données sont ici en japonais.

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine et de l’eau de mer à la centrale de Fukushima daï-ichi :
–    dans l’eau de mer prélevée le long du rivage, trois nouveaux records de contamination en tritium ont été battus. Les données vont de 1 200 à 3 900 Bq/L. Dans le puits de contrôle 1-17, situé près du rivage, il y a maintenant 63 000 Bq/L en bêta total (prélèvements des 9 et 12 juin 2014).
–    dans le puits de contrôle E8, situé en amont des réacteurs mais en aval de la cuve qui a débordé durant l’été 2013, il y a maintenant 26 Bq/L en bêta total (prélèvement du 11 juin 2014).
A titre de comparaison, TEPCo se refuse à rejeter en mer de l’eau souterraine qui aurait plus de 5 Bq/L en bêta total et 1 500 Bq/l en tritium.

Suite des révélations de l’Asahi sur les premiers jours

Dans la nuit du 14 au 15 mars 2011, la direction de TEPCo à Tôkyô aurait voulu abandonner la centrale devenue trop dangereuse. La compagnie a depuis démenti. Mais le premier ministre de l’époque et toute son équipe maintiennent ces faits. Dans la matinée du 15, le premier ministre s’est rendu dans les locaux de TEPCo pour leur intimer l’ordre de ne jamais abandonner la centrale nucléaire autrement il n’y aura plus de Japon. Il a aussi laissé sur place un fonctionnaire chargé de récupérer toute l’information pertinente que TEPCo rechignait à transmettre. Ce dernier a pris des notes durant cette phase critique de la crise.
Il a autorisé le quotidien Asahi à consulter ses carnets. Ken’ichi Shimomura a été choqué par ce qu’il a vu. TEPCo ne transmettait que très peu d’informations. Dans la cellule de crise du premier ministre, on pensait que le siège de TEPCo ne savait pas grand chose. Mais K. Shimomura a alors découvert tout ce que TEPCo savait sans le transmettre.
Il s’est rendu au siège de TEPCo à 6h07. A son arrivée, le premier ministre tançait TEPCo.
Vers 6h14, il note qu’un bruit fort a été entendu au niveau du réacteur n°2 et qu’il y a eu une baisse brutale de la pression. TEPCo pense alors que le fond de la cuve s’est effondré.
Peu avant 7h, TEPCo veut déplacer le centre de crise sur place, à la centrale daï-ichi, sans que l’on sache où. Le déménagement n’aura pas lieu.
Vers 9h38, un incendie est déclaré dans la piscine du réacteur n°4. 7 minutes plus tard, K. Shimomura note que le feu est incontrôlable. Mais il s’est éteint tout seul vers 11h.
K. Shimomura note aussi que les officiels du centre de crise à Tôkyô semblaient peu concernés. D’autres haut-fonctionnaires présents sur place ont ressenti la même chose.
En ce qui concerne la fuite de 90% des travailleurs présents vers la centrale daï-ni, TEPCo prétend qu’ils n’avaient fait qu’obéir. Cependant, K. Shimomura n’a pas enregistré un tel ordre. Il ne souvient pas non plus avoir entendu quelque chose de tel.
Vers 6h50, il note que TEPCo a fait savoir au cabinet du premier ministre que les travailleurs vont revenir d’ici une heure environ, après avoir vérifié les débits de dose. Il pensait alors qu’ils étaient tout près. Il n’a jamais imaginé qu’ils étaient allés à daï-ni, 12 km plus loin et qu’ils avaient ôté leurs vêtements de protection. Il ne leur était alors pas possible de rentrer en une heure.
De fait, les premiers travailleurs sont revenus vers midi.
K. Shimomura n’a jamais été interrogé par la commission d’enquête gouvernementale. On ne lui a jamais demandé ses carnets non plus.

Statistiques sur l’exposition des travailleurs

TEPCo a mis en ligne ses statistiques sur l’exposition des travailleurs sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Au 30 avril 2014, ils sont 34 145 à y être intervenu : 4 170 employés de TEPCo et 29 975 sous-traitants.
De février 2014 (il doit y avoir une erreur dans le fichier de TEPCo qui indique 2013) à avril 2014, la plus forte dose mensuelle a été de 18,49 mSv. Et c’est un sous-traitant.
Un millier de travailleurs indispensables ont droit à une dose plus forte. La plus forte dose prise depuis le début est de 102,69 mSv.

La bataille de l’eau contaminée illustrée

TEPCo a mis en ligne des photos de l’arrivée de nouvelles cuves par la mer.

TEPCO a mis en ligne quelques photos commentées en anglais et une vidéo peu intéressante des travaux de forage pour la mise en place du mur gelé souterrain situé en amont des réacteurs. La contamination en tritium de l’eau profonde à cet endroit atteint 4 700 Bq/L.

Pas d’image pour les records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 3-4 situé près du rivage, il y a maintenant 33 Bq/L en bêta total (prélèvement du 11 juin 2014).
–    dans le puits de contrôle G2, situé près de la cuve qui débordé en février 2014, il y a maintenant 260 Bq/L en bêta total (prélèvement du 10 juin 2014).

Décontamination impossible des zones les plus touchées

Le ministère de l’environnement a reconnu que la décontamination dans les zones les plus contaminées, pudiquement classées en « zone de retour difficile », n’est pas assez efficace pour permettre un retour des populations. Les essais menés ont réussi à faire baisser de 50 à 80% la contamination, mais le débit de dose ambiant reste au dessus des 20 mSv/an.

Le National Institute of Advanced Industrial Science and Technology estime que la décontamination des zones inhabitables coûterait 6,6 milliards de dollars. Encore faudrait-il que ce soit réalisable. L’an dernier, ce même institut avait estimé à 19,2 milliards de dollars le coût de la décontamination des zones où un retour est envisagé. Le gouvernement a estimé que l’entreposage sur 30 ans lui coûtera 10,4 milliards de dollars, en incluant le prix d’achat des terrains.

Reprise de la culture du riz

Après la catastrophe nucléaire de mars 2011, le gouvernement avait interdit la culture du riz dans 12 communes. De nombreux agriculteurs ont aussi renoncé d’eux-mêmes à planter. Ce printemps, l’interdiction de cultiver et les restrictions volontaires ont été levées sur 5 600 hectares répartis sur 6 communes. C’est lié à la baisse de la contamination des sols et aux autorisations de retour pendant la journée. Cependant, peu d’agriculteurs concernés ont planté du riz cette année.
A Minami-Sôma, la culture a repris sur 111 hectares, soit 3,6% de la surface disponible. C’est 0,2% à Tomioka et 0,1% à Namié et Ôkuma, 0,06% à Katsurao. Rien à Futaba.
Ils estiment que la décontamination des rizières ou des canaux d’irrigation n’a pas été suffisante. Dans 5 communes, il a d’abord été décidé de planter du riz à titre expérimental, de le faire contrôler, puis de décider ensuite si la culture à grande échelle peut être reprise.
Il y a aussi un manque de motivation de certains agriculteurs et la peur de ne pas pouvoir vendre la récolte.