Doses reçues par les travailleurs à Fukushima daï-ichi

TEPCO a mis en ligne les dernières statistiques relatives aux doses prises par les travailleurs. Ils sont maintenant plus de 30 000 à être passés sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi : plus de 26 000 sous-traitants pour 4 000 employés de TEPCo. En octobre dernier, ils sont 3 500 sous-traitants à être intervenus, contre 813 employés de TEPCO. Il y a eu 561 nouvelles personnes en octobre

Plainte d’un sous-traitant

Un ancien intervenant sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi, embauché par une compagnie au 5ième niveau de sous-traitance, a porté plainte (aux prudhommes?) suite à son licenciement en juin denier. A l’embauche, on lui aurait dit que le travail serait sans danger, mais, au bout d’un certain temps et il aurait été exposé à de fortes radiations. Il a donc refusé une tâche qui lui a été assignée et a été licencié.
Il ne recevait que 13 000 yens par jour (100 euros) et devait payer son logement, alors qu’il pense que TEPCo payait 50 000 yens. Le reste aurait donc été ponctionné par les couches de sous-traitance.

Témoignage de Happy

“Happy” est le pseudonyme d’un intervenant sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi qui twitte régulièrement et a 87 000 abonnés. Cela presque 20 ans qu’il travaille dans le nucléaire et est à Fukushima depuis le début de la catastrophe. Il a écrit un livre sur les 700 premiers jours et a répondu à une interview du Asahi. Les chefs d’équipe ne se rendent presque plus sur le site de la centrale car ils ont presque atteint la limite de dose. Ils donnent donc des instructions aux équipes, mais sont de plus en plus coupés de la réalité, ce qui complique les tâches et entraîne des erreurs.
Il confirme aussi que TEPCo cherche à diminuer les coûts et choisit l’option la moins chère. Au tout début de la catastrophe, TEPCo ne se préoccupait pas du coût. Puis, une fois l’arrêt à froid déclaré, en décembre 2011, le siège à Tôkyô est devenu plus regardant sur les prix.

Les cuves et l’eau contaminée

Suite à une réunion entre TEPCo et le gouvernement, des mesures ont été proposées pour limiter les fuites radioactives en cas de fortes pluies : un chéneau autour des cuves va être installé, ce qui devrait diminuer de 60% l’eau de pluie qui s’accumule au pied des réservoirs. Le muret qui retient l’eau va être élevé pour atteindre 60 cm minimum. Il pourra atteindre 1,30 m par endroit. Les zones déjà contaminées vont être repeintes.

L’agence de presse AP publie une enquête inquiétante sur les conditions de construction des cuves qui contiennent l’eau radioactive à Fukushima. Selon un des ouvriers qui a monté des cuves pendant 6 mois l’an dernier, un mécanicien auto qui n’y connaissait rien, le travail était bâclé à cause de la forte pression qui reposait sur les équipes. Ils n’attendaient pas que ce soit sec pour mettre de l’anti-rouille sur les boulons et les joints. Même sous la pluie ou la neige. La dalle en béton n’était pas toujours bien plate. Des ouvriers auraient même vu que de l’eau a été mise dans des cuves non finies ! Depuis, il a peur chaque qu’il y a un séisme.
En octobre 2012, on lui a demandé de remplacer les couvercles de l’orifice par lequel on insère un tuyau par une plaque en acier de la taille d’une assiette. Il a alors découvert que le précédent couvercle n’était que du papier collant…
Un membre de la NRA prétend que les tests d’étanchéité étaient parfois faits sous la pluie et qu’il était, par conséquent, impossible de détecter une fuite.

Nous avons signalé la veille que la contamination de l’eau du puits E1, situé près de la cuve qui a fui cet été, était repartie à la hausse. Elle vient de battre un nouveau record : 710 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 10 novembre). C’était 550 000 Bq/L la veille. TEPCo ne met plus de note en anglais pour expliquer cette valeur.

Contamination des travailleurs : les poussières du réacteur n°3 ?

TEPCo pense que la contamination des 12 personnes qui attendaient le bus (cf 12 et 19 août dernier) est finalement due à de la poussière qui provenait du sommet du bâtiment réacteur n°3 en cours de démantèlement. De gros morceaux y ont été retirés récemment, ce qui aurait provoqué plus de poussières. TEPCo va revoir la zone de retombée des poussières et couvrir l’entrée du bâtiment où les personnes attendent le bus. Elle n’envisage pas de limiter les rejets de poussières.

Comme toutes les fins de mois, TEPCO a mis en ligne les doses reçues par les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a eu 390 nouvelles personnes en juillet 2013. La dose maximale reçue en juillet est de 14,68 mSv et c’est un sous-traitant.
Pour les personnes qui ont le droit de prendre des doses plus élevées car elles sont indispensables pour la centrale, il faut aller voir le tableau n°4.

Deux autres travailleurs contaminés

Deux autres travailleurs ont été contaminés alors qu’ils attendaient le bus dans la matinée. C’est encore une alarme qui a indiqué un débit de dose ambiant anormalement élevé. La pose de masque intégral a été ordonnée dans la zone où il n’est pas obligatoire.
Les deux travailleurs avaient une contamination de la peau allant jusqu’à 13 Bq/cm2. Le brumisateur, soupçonné d’avoir contaminé 10 autres personnes dans la même zone la semaine précédente (cf 12 août), n’était pas en fonctionement. L’anthropogammamétrie (WBC) n’a pas mis en évidence de contamination interne.
La contamination des poussières qui a encore déclenché l’alarme est redevenue “normale” dans l’après-midi, mais l’ordre de garder le masque intégral est maintenu.

Témoignage d’un travailleur de Fukushima daï-ichi

La radio australienne ABC publie une interview d’un ouvrier décontamineur à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il fait des journées de 12 heures pour 11 000 yens (85 euros), ce qui fait 917 yens (7 euros) de l’heure. Il ne dit pas à ses enfants où il travaille et n’a pas le droit de parler à la presse. Quand de la vapeur a été découverte au dessus du réacteur n°3, TEPCo n’a rien dit aux personnes sur place. Il l’a découvert lors des infos, une fois à la maison.
Il est convaincu que TEPCo ne peut pas faire face à la situation et il a peur d’une autre explosion ou d’un autre accident.

Travailleurs contaminés en attendant le bus

Une alarme a sonné sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi à 12h33, indiquant une contamination anormalement élevée au niveau de la balise située devant le bâtiment principal qui sert de quartier général. Les personnes sur place ont dû remettre leur masque intégral.
TEPCo arrose l’entrée avec de la bruine pour rafraîchir les ouvriers en cette période de fortes chaleurs et 10 ont été contaminés alors qu’ils attendaient le bus. La contamination maximale est de 10 Bq/cm2 sur le visage et la tête, ce qui représente 2,5 fois la limite.
TEPCo a suspendu la diffusion de bruine et est en train d’essayer de comprendre comment cette eau a pu être contaminée. Elle est aussi utilisée dans les toilettes des réacteurs 5 et 6, et provient d’un barrage situé à 10 km de la centrale.
Voir le dernier communiqué de TEPCo.

Inspection des sous-sols des réacteurs 2 et 3

TEPCo a envoyé 6 personnes inspecter les sous-sols des réacteurs n°2 et 3. Les débits de dose sur place sont encore très élevés, ce qui empêche toute intervention. Les détails avec photos sont ici en anglais. Il y a aussi des vidéos à télécharger sur le site de TEPCo.

L’inspection de la chambre de décompression, ou condenseur en forme de tore qui est en bas du réacteur, n’a pas mis en évidence de fissure, ni de déformation. La compagnie a inspecté l’intérieur pour trouver par où pouvait fuir l’eau, mais n’a pas trouvé. Le débit de dose maximal était de 160 millisierverts par heure. Il y avait environ 60 cm d’eau très contaminée dans les sous-sols. Les employés ont pris au maximum 2,87 mSv.