Une résidence pour personnes âgées devrait être construite à Ôkuma

Ôkuma est une des communes les plus touchées par la catastrophe nucléaire. Ces 10 000 habitants sont encore évacués. La majeure partie est classée en “zone de retour difficile” car l’exposition externe peut y dépasser 50 mSv/an. Il n’y a pas d’espoir de retour avant longtemps.

Certaines personnes âgées souhaitent pouvoir rentrer dans leur commune d’origine avant la fin de leur vie. La mairie vient donc de lancer le projet d’une résidence qui devrait être terminée d’ici mars 2017, dans une partie relativement moins contaminée, le district d’Ogawara. Elle espère une centaine de personnes. L’exposition externe y serait inférieure à 2 mSv/an, ce qui est dix fois inférieur à la limite fixée par les autorités pour le retour, mais est toujours plus élevé que la limite de 1 mSv/an utilisée en temps normal.

La compagnie TEPCo, quant à elle, veut y installer des hébergements pour les travailleurs qui interviennent à sa centrale accidentée. Les premiers pourraient arriver dès 2016, avant les habitants et avant même la levée de l’ordre d’évacuer. Est-ce que les doses prises dans ces bases de vie seront prises en compte ? Il le faudrait.

22% des opérateurs de centrale nucléaire n’auraient aucune expérience

Selon la télévision publique, la NHK, 22% des opérateurs de centrale nucléaire n’auraient aucune expérience. C’est le chiffre qui ressort d’une enquête auprès des 10 “exploitants” de centrales nucléaires menée à la fin août dernier. Pour la centrale de Sendaî où le réacteur n°1 vient tout juste d’être remis en route, c’est même 40%. C’est 37% à Shimané, 33% à Ikata et 30% à Genkaï.

L’arrêt prolongé des réacteurs fait que les nouvelles recrues n’ont aucune possibilité de pratiquer. Il y a bien des simulateurs, mais cela ne remplace pas complètement l’expérience en réacteur.

Un travailleur porte plainte contre TEPCo suite à un cancer

Un homme de 57 ans, qui a participé à des travaux de décontamination en 2011 à la centrale de Fukushima daï-ichi, vient de porter plainte contre TEPCo et ses employeurs, Taisei Corp. et son sous-traitant, Yamazaki Construction Co., suite à de multiples cancers. Il pense que c’est lié à l’exposition aux rayonnements et réclame 65 millions de yens (480 000 euros).

Ce serait la première plainte de se type depuis le début de la catastrophe nucléaire.

Il aurait participé au déblaiement de débris pendant quatre mois à partir de juillet 2011. Sa tâche consistait en la manipulation d’engins télécommandés, mais il aurait dû aussi conduire des engins et déblayer des débris radioactifs à la main quand les machines ne pouvait pas être utilisées.

La dose enregistrée est de 56,41 mSv pour les quatre mois de travail. C’est plus que la limite annuelle autorisée en temps normal, qui est de 50 mSv. Mais il prétend avoir reçu plus de 100 mSv car il aurait parfois travaillé sans dosimètre pour pouvoir travailler au-delà de la limite légale.

On lui aurait diagnostiqué un cancer de la vessie en juin 2012, un cancer de l’estomac en mars 2013 et du colon en mai 2013. Ils seraient apparus séparément. En 2013, il aurait demandé un dédommagement auprès du bureau du travail de Tomioka, mais sa demande a été rejetée.

L’AIEA publie son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi

L’AIEA a publié son rapport sur la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a 1 200 pages en tout réparties en

avec des annexes.

En feuilletant rapidement certaines parties, il apparaît que ce rapport a beaucoup puisé dans les rapports des commissions d’enquête gouvernementale et parlementaire et n’apporte pas beaucoup d’information nouvelle.

Dans sa communication, l’AIEA a mis en avant deux points repris par les médias :

  • une trop grande confiance dans la sûreté des installations nucléaires et un manque de préparation pour faire face à l’accident (il aurait été difficile de dire l’inverse…)
  • qu’il est peu probable qu’il y ait une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima.

Dernières statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a mis en ligne ses dernières statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi. Au 31 juillet, ils sont officiellement 44 531 à être passé sur le site de la centrale accidentée, dont 39 953 sous-traitants. C’est 507 de plus que le mois précédent. La dose moyenne prise en juillet 2015 par les sous-traitants était de 0,6 mSv, avec un maximum à 10,72 mSv. Ces chiffres devraient évoluer lors de la prochaine publication, comme la fois précédente. En effet, pour le mois de juin 2015, le nombre de sous-traitant est passé de 9 948 la dernière fois à 10 101 cette fois-ci. La dose moyenne est passé de 0,66 mSv à 0,72 mSv.

Les travailleurs ont deux types de dosimètres. La variation observée sur les doses du mois précédent serait due à la prise en compte des données des dosimètres intégrateurs. En revanche la variation sur le nombre de travailleurs n’est pas expliquée.

A ces chiffres, il faut ajouter 1 201 travailleurs, tous employés de TEPCo, qui ont une limite de dose plus élevée que ce qui est autorisé en temps normal afin de pouvoir continuer à pénétrer sur le site de la centrale accidentée ou à effectuer des travaux avec une forte exposition. La dose moyenne prise en juillet par ces personnes est plus faible que celle prise par les sous-traitants. Depuis le début de l’accident, elle est d’un total de 36,15 mSv avec un maximum de 102,69 mSv.

Encore un décès à la centrale de Fukushima daï-ichi

TEPCo a annoncé un nouveau décès à la centrale de Fukushima daï-ichi. C’est le quatrième. Il s’agit d’un homme de 52 ans employé par un sous-traitant la compagnie de construction Kajima. Sa tête a été prise lors de la fermeture de la trappe du réservoir d’un camion.

Il aurait dit à son collègue qu’il avait fini de nettoyer et d’inspecter la cuve du camion et lui aurait demandé de fermer la trappe située à l’arrière. Ce dernier s’est exécuté en actionnant un levier près de la cabine. De là, il ne pouvait pas voir que la personne avait la tête dedans.

Les équipements de protection des travailleurs sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi, qui incluent un casque et un masque de protection, rendent la communication beaucoup plus difficile.

Voir les explications en anglais de TEPCo qui sont beaucoup plus laconiques. Une enquête de police a été ouverte.

Décès d’un sous-traitant à la centrale de Fukushima daï-ichi

Un employé d’une compagnie sous-traitante affecté au mur gelé est décédé le 1er août dernier. Agé d’une trentaine d’années, il avait travaillé trois heures, entre 6 et 9h du matin. De retour à J-Village, il a fait un malaise et a été immédiatement transporté à l’hôpital où il est décédé. La cause de sa mort serait inconnue. Cela pourrait être lié à la chaleur qui est difficilement supportable sous les combinaisons de protection.

Il est surprenant que l’annonce arrive si tard.

Doses prises par les travailleurs : nouvelles données et corrections

TEPCo a mis en ligne ses dernières statistiques en anglais sur les doses prises par les intervenants à la centrale Fukushima daï-ichi. Au 30 juin 2015, ils sont 44 021 à être enregistrés depuis le début de la catastrophe. C’est 420 de plus que le mois précédent, dont 414 sous-traitants.

En juin 2015, la dose moyenne prise par les sous-traitants a été de 0,64 mSv, avec un maximum à 11,21 mSv en un mois. Rappelons, à titre de comparaison, que la dose limite est de 20 mSv en moyenne sur un an, avec une limite absolue de 50 mSv.

Nous avions souligné qu’il y avait eu une forte augmentation des doses prises en début d’année pour atteindre 1,14 mSv en moyenne sur mois en mars 2015 avec une stabilisation à un niveau élevé (0,93 mSv en avril 2015). La dose moyenne reçue est donc redescendue à un niveau plus habituel.

Pour mai 2015, TEPCo avait publié des résultats contradictoires. Il devait y avoir une erreur dans ses tableaux. Les données sur le site du ministère de la santé corrigent partiellement l’intitulé du tableau n°3, alors que TEPCo n’a pas corrigé sur son site. Le dernier tableau publié donne d’autres résultats pour le mois de mai 2015. La dose moyenne prise par les sous-traitants est passée de 0,59 mSv à 0,66 mSv sur un mois. Le nombre de sous-traitants a aussi augmenté : il est passé de 9 817 à 9 948. C’est une forte variation pour une moyenne qui signifie que ceux qui ont reçu les plus fortes doses ont été ajoutés par la suite.

TEPCo annonce aussi avoir corrigé son évaluation de la dose interne cumulée prise par 5 intervenants. Dans son communiqué de presse, la compagnie donne aussi plusieurs autres tableaux avec les statistiques sur les doses prises mois par mois depuis le début de la catastrophe.

Début des travaux de décontamination de J-Village

J-Village était un centre d’entraînement et de formation au football d’un cinquantaine d’hectares, situé sur les communes de Naraha et Hirono, à une vingtaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il a été construit en 1997 par TEPCo qui finançait une partie de ses activités. Après la catastrophe nucléaire, il a été transformé en base pour les travailleurs à la centrale accidentée.

En novembre 2013, TEPCo a annoncé vouloir rendre le centre et les autorités veulent l’utiliser pour les JO de 2020. Puis, en janvier 2014, elle a promis d’accélérer les travaux, comme si elle n’avait rien de plus important à faire sur le site de la centrale nucléaire. Les travaux de décontamination, qui viennent de débuter, devraient durer jusqu’en mars 2016. Ils ne concernent que 6,9 hectares. TEPCo devrait avoir terminé sa nouvelle base d’accueil en mars 2017. Elle va ensuite décontaminer une partie des terrains de sport qui accueillent actuellement des préfabriqués et rendre J-Village avant mars 2018. Le centre devrait rouvrir comme centre d’entraînement et de formation de football en avril 2019, juste un an avant les JO.

La décision de récupérer le centre pour le football est purement politique : montrer au monde et aux Japonais que tout est rentré à la normale. TEPCo et les autorités devraient avoir d’autres priorités quand on sait que les ressources sont limitées. Le président de la fédération japonaise de football soutient ce retour. Il n’est pas sûr, cependant, que les équipes internationales acceptent d’y aller. Mais dans le monde du foot, l’argent permet de faire des miracles.

On peut se demander pourquoi les travailleurs n’ont pas eu droit à ces travaux de décontamination depuis plus de quatre ans.

Statistiques sur les doses prises par les travailleurs à Fukushima daï-ichi : résultats contradictoires

TEPCo a mis en ligne les dernières statistiques sur les doses prises par les travailleurs à la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi. Au 31 mai 2015, 43 601 personnes y ont travaillé depuis le début de la catastrophe, dont 39 115 salariés sous-traitant.

Nous avions signalé, qu’au printemps dernier, la dose moyenne reçue avait fortement augmenté, pour atteindre 1,22 mSv en mars pour les sous-traitants, puis s’était stabilisée à un niveau élevé en avril, avec 0,93 mSv.

Avec les dernières statistiques, pour le mois de mai 2015, il est difficile de conclure car les tableaux 1 et 3 n’indiquent pas la même chose. Si l’on croit le tableau 1, 10 791 personnes ont travaillé sous rayonnements ionisants à la centrale de Fukushima daï-ichi. C’est 12 575 dans le tableau 3. Le tableau 1 indique une dose moyenne reçue de 0,59 mSv en un mois, ce qui signifierait une baisse significative par rapport à mars ou avril, et le tableau n°3, 1,36 mSv, ce qui signifierait une nouvelle hausse.

Selon le tableau 1, personne n’a reçu plus de 10 mSv en mai 2015 et ils sont 94 dans le tableau n°3, tous sous-traitants. D’après le tableau n°1, 78 ont reçu entre 5 et 10 mSv en un mois, tous sous-traitants. Ils sont 718 dans le tableau n°3, dont 714 sous-traitants. Là encore, le tableau n°3 indique une aggravation des doses prises. Pas le 1. Lequel est juste ?

Il est fort possible que l’intitulé du tableau n°3 soit erroné. En effet, ce tableau donne généralement la dose cumulée sur les trois derniers mois. Espérons donc que le tableau n°1 est correct.

Rappelons que la dose limite est de 20 mSv en moyenne sur un an, avec une limite absolue de 50 mSv.