Auto-contrôle de l’exposition

L’autorité de sûreté, la NRA, a confirmé son intention de proposer au gouvernement de passer d’une dose estimée à une dose mesurée en fournissant un dosimètre à chaque personne qui rentrera chez elle. Le but est d’obtenir une dose plus faible et de rassurer les gens. Une équipe de conseillers dans chaque commune va aider les populations à réduire leur dose. On propose donc aux populations évacuées de rentrer vivre dans la zone contrôlée d’une centrale nucléaire avec limite de dose égale à celle des travailleurs et dosimètres. Les autorités se défaussent de leur pouvoir régalien de protéger les populations sans pour autant les consulter sur leur avenir et leurs droits.
Et les dosimètres distribués aux enfants et femmes enceintes de zones non évacuées n’affichent que les doses cumulées. Il n’est donc pas facile de s’en servir pour tenter de diminuer la dose reçue en contrôlant l’impact de chaque action. Les autorités envisagent donc de procurer un dosimètre plus évolué qui peut aussi donner le débit de dose, la moyenne journalière ou hebdomadaire.
Le ministère de l’environnement va inscrire 670 millions de yens (5 millions d’euros) à son budget de l’an prochain, pour financer 4 200 dosimètres. Cela fait cher le dosimètre…

Pas de retour dans les zones les plus contaminées

Le premier ministre a accepté le plan élaboré par les membres de la coalition au pouvoir à propos du non retour des populations originaires des zones les plus contaminées, où l’exposition externe peut dépasser les 50 mSv/an. Il a aussi acccepté la prise en charge d’une partie des coûts par l’Etat, et donc le contribuable. Le ministre de l’environnement, Nobuteru Ishihara, fils de l’ancien gouverneur ultra-conservateur de Tôkyô, n’est pas d’accord avec ce deuxième point. Pour lui, c’est à TEPCo de payer la majeure partie des conséquences de la catastrophe, au nom du principe pollueur-payeur.
Quant aux principaux intéressés par le non-retour, ils regrettent que les politiciens leur aient donnés de faux espoirs. On aurait dû leur dire depuis longtemps qu’il y a des zones où les habitants ne rentreront jamais. C’était évident depuis le début.
C’est le cas, en particulier pour 96% du village d’Ôkuma. Que va-t-il devenir ? Les habitants vont-ils se disperser ? Un nouveau village va-t-il être créé ailleurs ? Les autorités n’ont aucune réponse à proposer.
Le gouvernement veut autoriser le retour là où la dose annuelle est inférieure à 20 mSv comme pour les évacuations, mais c’est trop. Qu’en est-il pour ceux qui sont originaires d’une zone où il y a entre 20 et 50 mSv/an ? Et pour ceux à qui il sera proposé de rentrer, ce sera un dosimètre par personne pour limiter la dose par rapport aux estimations faites à partir de la contamination ambiante. Mais comment mettre cela en pratique ? Avec quelle limite ? Les individus qui dépassent les doses seront punis ? Réévacués ?
81 000 personnes sont concernées par cette politique de retour et non-retour. Il n’est pas acceptable que le gouvernement se défausse sur les populations pour assurer leur propre sécurité sans leur permettre de donner leur avis. Il y a toujours 280 000 évacués en tout, suite aux trois catastrophes. Ils étaient 470 000 en 2011.