Plutonium dans les rivières

Une étude franco-japonaise sur la pollution au plutonium dans les sédiments des rivières vient de paraître. On trouve du plutonium partout à de faibles concentrations, suite aux essais nucléaires atmosphériques. Mais certains isotopes ont des demi-vies assez courtes. En regardant les ratios entre les différents plutonium, il est possible de dater les rejets et faire la part entre ce qui vient de la catastrophe de Fukushima, récente, et les essais nucléaires, anciens.
Du plutonium de Fukushima a été détecté dans tous les échantillons contrôlés, jusqu’à 45 km de la centrale, mais en très faible quantité. La plus forte contribution de l’accident nucléaire est de 60% du plutonium trouvé dans un échantillon. La concentration en césium dans ces mêmes échantillons est, quant à elle, beaucoup plus forte.
L’étude est ici, en accès payant.

Note IRSN sur le rejet du 19 août 2013

L’IRSN a rédigé une note sur le rejet atmosphérique du 19 août 2013 qui fait beaucoup couler d’encre actuellement au Japon. L’Institut ne prend en compte que le rejet de ce jour et se base sur l’AFP pour ses informations. Rappelons que les rejets liés au démantèlement du réacteur n°3 ont été détectés à plusieurs reprises et que celui du 19 août semble être le plus élevé. L’IRSN semble l’ignorer.
Le seul apport de la note est le calcul des retombées à Minami-Sôma en prenant en compte la météo du jour et le terme source de TEPCo via l’AFP, à savoir la quantité de radioéléments rejetés. Ce rejet aurait ajouté entre 100 et 1 000 Bq/m2 pour le seul césium. C’est faible par rapport à la contamination existante des sols qui était déjà de quelques dizaines de Bq/m2 à plus d’un million et demi de Bq/m2. Mais ce nouveau rejet est aussi tombé sur les feuilles des plants de riz avec un transfert à la plante qui est beaucoup plus grand que par les racines.

Annonce du démantèlement du réacteur n°1

Dans un communiqué en anglais, TEPCo annonce le début des travaux de démantèlement du réacteur n°1 et qu’elle va tirer les leçons du réacteur n°3, sans mentionner les problèmes passés. Aucun calendrier précis n’est donné, même si l’on sait qu’il y a un mois de retard suite aux scandales sur le réacteur n°3. Mais la compagnie espère pouvoir commencer à retirer les combustibles de la piscine à partir de 2017. Elle ne dit pas non plus comment elle va s’y prendre pour les 70 assemblages qui sont endommagés depuis bien avant la catastrophe sur les 292 au total.

Retour sur les forts rejets atmosphériques de 2013

Retour sur le fort rejet atmosphérique qui a eu lieu en août 2013, lors du démantèlement de la partie supérieure du réacteur n°3. Il a probablement entraîné une contamination du riz cultivé à plus de 20 km de la centrale, le rendant impropre à la consommation.
Des mesures faites par une équipe universitaire à Marunomori, dans la province de Miyagi, à 59 km au Nord-Ouest de la centrale accidentée, ont mis en évidence une augmentation des la contamination de l’air en lien avec les travaux de démantèlement. Le système de filtration de l’air permet d’étudier la contamination des poussières, aérosols… Entre décembre 2011 et décembre 2013, les chercheurs ont mesuré, à 8 occasions différentes, une augmentation significative de la contamination, avec des niveaux plus de 10 fois plus élevés que ce qui est mesuré habituellement. A chaque fois, les vents dominants soufflaient vers le Nord-Ouest. La plus forte contamination relevée concerne un prélèvement qui a eu lieu entre le 16 et le 20 août 2013, qui correspond au seul rejet reconnu par TEPCo. Elle était de 50 à 100 fois plus élevée que les niveaux habituels.
Selon TEPCo, 7 des 8 augmentations de la radioactivité de l’air correspondent aux travaux de démantèlement de la partie haute du réacteur n°3. Le dernier cas, qui date du 16 au 20 novembre 2012, coïnciderait avec une fuite d’eau d’une cheminée d’un système de capture de césium dans l’eau. Mais ce dernier incident n’aurait pas entraîné un rejet aussi fort qu’en août 2013. La compagnie ne donne pas de chiffre.
Les chercheurs en concluent que des rejets répétés ont atteint des zones éloignées. Ils demandent donc à TEPCo de faire plus attention lors de ses opérations de démantèlement des réacteurs accidentés. Ils ont fait part de leurs résultats au ministère de l’agriculture en mai 2014. Cela ne l’a pas plus incité à communiquer sur le sujet que lors des précédents résultats reçus en mars de la même année.
Les travaux de démantèlement du réacteur n°1, qui devaient commencer ce mois-ci inquiètent de plus en plus. La négligence avec laquelle TEPCo a traité ces rejets est scandaleuse. Ils sont reportés le temps de trouver de meilleures solutions ou le temps que la polémique ne retombe ? Il ne faut pas s’étonner ensuite si les gens rechignent à retourner dans les territoires évacués.
Source Asahi.

Retour sur le rejet du 19 août 2013

Retour sur le rejet atmosphérique qui a eu lieu en août 2013. Pour rappel ce sont des chercheurs qui, en mesurant la contamination de l’air, ont découvert de brusques augmentations. Cela pourrait expliquer le fait que la contamination du riz dépasse la limite de mise sur le marché en des lieux où elle était inférieure les années précédentes. Alerté depuis mars 2014, le gouvernement a contacté TEPCo qui n’a ni confirmé, ni infirmé. Ni l’un ni l’autre n’ont jugé utile de prévenir la commune de Minami-Sôma, qui a été exposée par ces rejets, le public etc… Il a fallu attendre juillet pour que l’affaire soit révélée. Il y avait bien eu une histoire de travailleurs contaminés en attendant le bus sur le site de la centrale et rien d’autre.
TEPCo vient maintenant de reconnaître que le déblaiement des débris situés en haut du réacteur n°3 a entraîné le rejet total de plus de 1,12 térabecquerel d’éléments radioactifs (1 120 milliards de becquerels) pour la seule journée du 19 août. Cela vient s’ajouter aux autres rejets continus par les réacteurs accidentés. Et les autres jours ?
Comme le rejet aurait duré 4 heures, cela représente un rejet de 280 milliards de becquerels par heure à comparer aux 10 millions par heure rejetés en continu par ailleurs. Ces 10 millions par heure sont déjà beaucoup plus élevés que les rejets d’une centrale en fonctionnement normal.
L’estimation de TEPCo reste grossière et est prétendument majorante : ce débit de 280 GBq/h n’aurait duré de 20 minutes, mais TEPCo l’a extrapolé aux 4 heures où il y a eu des rejets qui ont déclenché des alarmes. La compagnie ne dit rien des autres jours où les rejets ont dus être plus forts qu’à l’accoutumée, même s’ils n’ont pas fait sonner les alarmes. Les chercheurs ont détecté d’autres pics de rejet en dehors du site. Et comme leurs détecteurs ne sont pas situés tout autour de la centrale, ils n’ont forcément pas tout vu.
TEPCo ne peut donc pas détecter de tels rejets aériens anormaux ? Ni en informer les autorités et le public ? Pourquoi la compagnie n’est interrogée que maintenant par la NRA, quand c’est devenu public, alors que l’affaire est connue des autorités depuis mars dernier ? Décidément, ni le gouvernement, ni la compagnie n’ont encore tiré les leçons de la catastrophe passée.
Tout le monde s’inquiète légitimement des rejets à venir quand les travaux de démantèlement du réacteur n°1 vont commencer.

Retour sur l’affaire des poussières radioactives

Retour sur l’affaire de la contamination du riz à Minami-Sôma, dans des rizières situées à plus de 20 km de la centrale, suite aux travaux de démantèlement des débris. Selon une étude menée par l’université de Kyôto rapportée par l’Asahi, les particules radioactives peuvent être transportées jusqu’à une cinquantaine de kilomètres.
Ils ont installé des systèmes de prélèvement de l’air en trois points de la province de Fukushima et ont mesuré les filtres chaque semaine depuis septembre 2012. Entre le 15 et le 22 août 2013, c’est à dire la période incriminée par le ministère de l’agriculture, ils ont relevé 1,28 millibecquerel par mètre cube d’air à Sôma, à 48 km au Nord de la centrale. C’est plus de 6 fois plus que ce qu’ils mesurent habituellement. La contamination de l’air était 20 à 30 fois supérieure aux niveaux habituels à Minami-Sôma (Sôma Sud), au point de mesure situé à 27 km de la centrale, pendant cette même semaine. En revanche, à Kawauchi, situé à 22 km vers l’Ouest Sud-Ouest, il n’y a pas eu d’augmentation significative.
L’équipe a aussi trouvé une augmentation significative de la contamination de l’air à Minami-Sôma en mai et juin 2013. Elle attribue ces pics de contamination aux travaux de démantèlement à la centrale.
Elle a présenté ces résultats aux ministères de l’environnement et de l’agriculture en mars dernier. Ce dernier aurait alors demandé à TEPCo de prendre des mesures pour limiter ces rejets aériens.
TEPCo a reconnu que le 19 août 2013, les travaux de démantèlement ont entraîné un rejet de 4 térabecquerels (4 000 milliards de becquerels), ce qui est 10 000 fois plus que les rejets habituels. Et les autres jours ? La compagnie a demandé des excuses pour les troubles occasionnés… Mais elle continue à affirmer que le lien de cause à effet n’est pas prouvé, sans pour autant apporter d’explication alternative.
A la fin juillet, TEPCo va retirer la couverture installée au dessus du réacteur n°1 afin de retirer les débris de la partie haute du bâtiment.

Riz contaminé à Minami-Sôma

La contamination du riz cultivé dans 14 rizières de Minami-Sôma a dépassé les 100 Bq/kg, même à plus de 20 km de la centrale, dans une zone où elle n’aurait pas dû être si élevée. Il ne dépassait pas la limite au même endroit l’année précédente. Ce riz n’a pas été mis sur le marché.
D’où vient cette contamination ? Le ministère de l’agriculture soupçonne les retombées de poussières lors du démantèlement du réacteur n°3 durant l’été 2013. La contamination n’était pas uniforme comme elle aurait dû l’être s’il s’agissait d’un transfert racinaire via la contamination des sols. Les retombées directes ont donc dû contribuer à hausser la contamination. En plus des poussières du démantèlement, il y a les rejets gazeux qui continuent.
Or, en août 2013, des ouvriers avaient été contaminés à la tête sur le site de la centrale par ces poussières et le niveau de dose ambiant avait augmenté au niveau des stations de mesure situées au Nord de la centrale.
TEPCo, qui n’a rien dit à ce propos, ne peut pas contester l’explication, mais ne peut pas la confirmer non plus. Un fonctionnaire de Fukushima a, quant à lui, dit qu’il n’y a pas d’autre explication possible. TEPCo va reprendre ses travaux de déblaiement des débris après avoir retiré la couverture mise sur le réacteur n°1. Elle a reconnu que cela va entraîner de nouveaux rejets. Mais elle devrait prendre des mesures préventives comme pulvériser plus d’agents anti-dispersion. Un pis aller.
Le maire et les habitants de Minami-Sôma sont furieux, car ni TEPCo, ni le gouvernement, ne leur ont signalés des retombées radioactives sur la commune. Le ministère de l’agriculture a parlé de ce problème avec TEPCo en mars dernier mais n’a pas prévenu la commune.
Le gouverneur de Fukushima a annoncé, le 4 juillet dernier, qu’il voulait continuer l’an prochain le contrôle systématique du riz produit dans sa province. Cela coûte 700 millions de yens (5 millions d’euros) par an et le gouverneur ne sait pas sur quel budget il va continuer ce programme.

Réévaluation du terme source

Une équipe de chercheurs japonais a ré-estimé la quantité de césium 137 rejeté dans l’atmosphère par la catastrophe de Fukushima et trouve plus que ce qu’avait estimé TEPCo.
TEPCo avait estimé à moins de 13 600 TBq, la quantité totale de césium 137 rejetée. A titre de comparaison, c’était 85 000 TBq à Tchernobyl. L’équipe de recherche annonce entre 17 500 et 20 500 TBq et prétend qu’il s’agit du chiffre le plus probable.
D’autres estimations faites dans les premiers mois avaient trouvé plus.
Plus de 85% de ces rejets seraient allés vers l’océan, selon eux. Le rejet direct en mer est estimé, quant à lui, à 3 500 TBq. TEPCo avait 940 TBq et l’IRSN 22 000 TBq.
TEPCo a chaque fois l’estimation la plus basse. Un hasard sûrement…
(1 TBq = un térabecquerel = 1 million de millions de becquerels)