Maigres informations sur l’écoulement découvert dans le réacteur n°3

Un robot avait découvert un écoulement dans le réacteur n°3. TEPCo a mis en ligne quelques maigres informations en anglais sur cette fuite. On ne sait toujours pas grand chose : d’où elle vient et depuis quand elle existe ? Est-elle en partie responsable de la perte de refroidissement ?
La version japonaise est à peine plus fournie, mais sans évocation des questions cruciales.

Vapeurs et rumeurs

TEPCo observe de nouveau de la vapeur au dessus du réacteur n°3, comme c’était déjà le cas cet été. Voir les communiqués en japonais du 24 décembre, 25 décembre et 27 décembre. TEPCo a cessé de traduire en anglais ces communiqués.

Cela a conduit un site américain à en déduire que la fusion du réacteur n°3 a repris et d’alerter la population américaine à se préparer au pire. Pas les Japonais, semble-t-il ! La photo qui accompagne le texte date de 2011.

Ce genre d’alerte, reprise par quelques sites français, est ridicule : si la fusion avait repris, il y aurait des rejets massifs (ceux qui menacent les Américains) qui auraient été vus par les nombreuses balises accessibles sur Internet et les nombreuses stations de mesures indépendantes au Japon.

La situation est déjà suffisamment grave pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter.

Le scénario de fusion revisité

TEPCo a rendu publiques de nouvelles conclusions sur la fusion du cœur du réacteur n°3. Elle avait estimé que la fusion avait commencé le 13 mars 2011 à 13h40. La fusion est due à un manque d’eau qui serait dû, d’après la nouvelle étude, à un dysfonctionnement d’un système de secours (pas vraiment une révélation…). Le système d’injection d’eau de refroidissement sous pression serait tombé en panne. Le rapport d’enquête gouvernementale avait dit que ce système avait été arrêté manuellement, mais TEPCo prétend qu’il était déjà défaillant. La fusion aurait donc pu commencer plus tôt et plus de combustible pourrait avoir fondu et percé la cuve.

Ce n’est pas le seul problème : l’eau injectée par les camions pompier à partir de 9h ce jour là ne serait pas parvenue dans la cuve du réacteur à cause de vannes restées ouvertes qui auraient dévié une partie de l’eau vers d’autres zones. TEPCo prétend que la quantité d’eau injectée était suffisante. Plus de 7 fois la quantité nécessaire pour le réacteur n°2. Des problèmes similaires sur les vannes auraient eu lieu dans les réacteurs 1 et 2, où il y a aussi eu fusion du coeur. Il était impossible d’envoyer des personnes actionner les vannes à cause de la trop forte radioactivité.

Voir le document, la présentation et le communiqué de presse en japonais. La version anglaise est maintenant disponible pour la présentation. Voir aussi la liste des documents.

TEPCo connaissait ces problèmes de circulation de l’eau depuis la fin mars 2011, mais n’en a jamais parlé avant… TEPCo reste TEPCo. Elle a modifié les vannes en conséquence dans ses réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa, toujours à l’arrêt.

Piscines des réacteurs : assemblages endommagés

TEPCo a finalement reconnu que 80 assemblages de combustible étaient endommagés avant la catastrophe, dont 70 dans la seule piscine du réacteur n°1. Cela représente près du quart des 292 assemblages ! Il y en a aussi 3 dans la piscine du réacteur n°2 et 4 dans celle du 3, et 3 dans celle du 4. TEPCo ne sait pas encore comment elle va les retirer.
Le réacteur n°1 de Fukushima daï-ichi est le plus ancien de la compagnie. Au début la qualité des assemblages laissait à désirer. Cela s’est amélioré par la suite.

Contamination des travailleurs : les poussières du réacteur n°3 ?

TEPCo pense que la contamination des 12 personnes qui attendaient le bus (cf 12 et 19 août dernier) est finalement due à de la poussière qui provenait du sommet du bâtiment réacteur n°3 en cours de démantèlement. De gros morceaux y ont été retirés récemment, ce qui aurait provoqué plus de poussières. TEPCo va revoir la zone de retombée des poussières et couvrir l’entrée du bâtiment où les personnes attendent le bus. Elle n’envisage pas de limiter les rejets de poussières.

Comme toutes les fins de mois, TEPCO a mis en ligne les doses reçues par les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il y a eu 390 nouvelles personnes en juillet 2013. La dose maximale reçue en juillet est de 14,68 mSv et c’est un sous-traitant.
Pour les personnes qui ont le droit de prendre des doses plus élevées car elles sont indispensables pour la centrale, il faut aller voir le tableau n°4.

Dernière feuille de route de TEPCo

Pour les courageux, les 242 pages en japonais de la dernière feuille de route de TEPCo sont ici en ligne. Il y a de nombreuses images et graphes.

On y apprend, par exemple (p 152-158), que TEPCo a commencé à retirer les débris de la piscine du réacteur n°3. Ce travail est toujours télécommandé car le débit de dose y est trop élevé pour des humains. Un résumé en anglais antérieur, daté du 28 novembre, est aussi disponible.

Inspection des sous-sols des réacteurs 2 et 3

TEPCo a envoyé 6 personnes inspecter les sous-sols des réacteurs n°2 et 3. Les débits de dose sur place sont encore très élevés, ce qui empêche toute intervention. Les détails avec photos sont ici en anglais. Il y a aussi des vidéos à télécharger sur le site de TEPCo.

L’inspection de la chambre de décompression, ou condenseur en forme de tore qui est en bas du réacteur, n’a pas mis en évidence de fissure, ni de déformation. La compagnie a inspecté l’intérieur pour trouver par où pouvait fuir l’eau, mais n’a pas trouvé. Le débit de dose maximal était de 160 millisierverts par heure. Il y avait environ 60 cm d’eau très contaminée dans les sous-sols. Les employés ont pris au maximum 2,87 mSv.