Reprise en main de la communication

TEPCo a mis en ligne un communiqué où elle se vante des progrès accomplis. Tout va bien. Ainsi, les réacteurs 5 et 6 n’auraient pas été endommagés par le tsunami. Juste lavés à grande eau ? Mais ils seront démantelés. Quel sens du sacrifice !

Les efforts pour mettre la centrale de Kashiwazaki-Kariwa aux normes continuent, sans un mot sur le laxisme qui a prévalu durant des années et qui explique l’immensité des travaux à effectuer.

TEPCo aurait fait des progrès dans la gestion de l’eau contaminée alors que sans le scandale médiatique de l’été 2013, elle n’aurait rien fait ! Mais bon, les progrès avoués sont sur la qualité des cuves et l’administration ! Faut bien positiver pendant que les fuites en mer continuent comme avant et qu’il faut toujours une cuve nouvelle tous les deux jours.

Faute de maîtriser la situation, on essaye de maîtriser la communication. Ce genre de communiqué, qui montre le pouvoir repris par la com, est complètement inutile. Il n’explique rien et décrédibilise toute autre prise de parole. Et dire que TEPCo se vante d’avoir fait des progrès dans la communication sur les risques…

Politique de communication de TEPCo

TEPCO a cessé de mettre en anglais sur son site Internet toutes les informations relatives à l’avancement des travaux et aux incidents. Mais elle vient de publier un communiqué de presse pour contredire “certaines informations” étrangères sur la centrale de Fukushima daï-ichi.

Moralité, pour avoir des infos, il faut faire circuler des rumeurs et attendre que TEPCo communique…

Vapeurs et rumeurs

TEPCo observe de nouveau de la vapeur au dessus du réacteur n°3, comme c’était déjà le cas cet été. Voir les communiqués en japonais du 24 décembre, 25 décembre et 27 décembre. TEPCo a cessé de traduire en anglais ces communiqués.

Cela a conduit un site américain à en déduire que la fusion du réacteur n°3 a repris et d’alerter la population américaine à se préparer au pire. Pas les Japonais, semble-t-il ! La photo qui accompagne le texte date de 2011.

Ce genre d’alerte, reprise par quelques sites français, est ridicule : si la fusion avait repris, il y aurait des rejets massifs (ceux qui menacent les Américains) qui auraient été vus par les nombreuses balises accessibles sur Internet et les nombreuses stations de mesures indépendantes au Japon.

La situation est déjà suffisamment grave pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter.

Voyage de presse à Fukushima

Le directeur de l’IRSN et son équipe étaient en visite à Fukushima daï-ichi la veille, accompagné d’une armada de journalistes français. Il y a donc de nombreux articles dans la presse française aujourd’hui. Cela s’apparente à une belle opération de communication. On n’apprend pas grand chose de neuf si ce n’est que les discussions pour rejeter en mer l’eau partiellement décontaminée ne débuteront pas avant deux ou trois ans.

Voici un écho du voyage de presse au Japon qui détonne par rapport aux autres articles. Une vingtaine de journalistes français ont rencontré leurs homologues de Fukushima et il en ressort que : “Les mêmes journalistes présents à la réunion racontent comment les familles se divisent sur le fait de savoir s’il faut ou non rester au pays. Et comment, bien souvent, elles éclatent, minées par les divisions internes. Un phénomène qui semble s’être massifié. A Iitate, le maire confiait que sa ville comptait 1.700 ménages avant mars 2011. Or depuis, les séparations et les divorces se sont à ce point multipliés que le nombre de foyers fiscaux a presque doublé pour atteindre le chiffre record  de 3.000.” (Ce n’est le seul phénomène qui explique cette augmentation du nombre de foyers, comme nous l’avons déjà signalé : les familles incluaient souvent plusieurs générations qui n’ont pas pu trouver à se reloger ensemble. Le problème des divorces est cependant bien réel.)
“Ce sont encore les réfugies des zones contaminés qui, selon qu’ils appartiennent à la zone la plus proche de la centrale ou non, ont reçu des indemnités allant de un million de yens à 80.000. Ou presque rien, provoquant de fortes jalousies au sein de “la diaspora des évacués de Fukushima.”
“C’est Masaya Hayakawa, du Fukushima Minpo Newspaper, qui explique la difficulté d’informer les populations locales. […] “Tepco, dit-il, en assurant parler au nom de tous ses confrères, n’est pas pour nous un source fiable. Non pas parce qu’ils falsifient les données, mais tout simplement parce qu’ils sont dépassés, débordés, et littéralement affolés. Deux ans et neuf mois sont passés depuis l’accident, et Tepco n’est toujours pas en mesure de trier les informations qui se bousculent dans ses bureaux”.

Rapport de mission de l’AIEA

L’AIEA a rendu un rapport préliminaire suite à sa dernière visite à Fukushima (communiqué et rapport). La mission de 19 membres a fait 19 constats et 19 recommandations. En particulier, elle souligne qu’il faudra sûrement rejeter le tritium en mer, sans préciser que la quantité à rejeter dépasse largement l’autorisation annuelle de rejet. Elle n’apporte pas de solution autre qu’une étude environnementale pour expliquer que les rejets massifs en tritium ne poseront pas de problème…

De l’urine de souris déclenche une alarme

Une alarme a sonné dans un poste électrique. Après investigation, ce serait dû à de l’urine de souris… Pourtant ces rongeurs, qui ont fait disjoncter 9 installations électriques dans le passé, n’étaient plus supposés pouvoir entrer dans les armoires électriques. Il y avait une faille dans celle là. Pas de communiqué en anglais sur ce sujet.

TEPCo a découvert une nouvelle fuite sur une valve de citerne à raison d’une goutte par seconde. L’eau ne serait pas sortie du réceptacle et n’aurait pas fait de flaque.