Le mur de glace ne prend pas

Depuis avril dernier, TEPCo essaye, en vain, de construire un mur de glace dans une galerie souterraine pour bloquer les écoulements d’eau contaminée. Elle a augmenté le nombre de tuyaux avec du liquide réfrigérant, sans pouvoir bloquer les écoulements. En juillet, elle a essayé de verser de la glace dans l’eau de la tranchée pour abaisser sa température et favoriser le gel. Elle a commencé avec 2 tonnes par jour, sans plus de succès. Fin juillet, elle est passée à 15 tonnes par jour ! Elle est arrivée à un total de 58 tonnes de glace et un représentant de la compagnie a déclaré qu’il fallait voir si cela marche. Pas très optimiste comme déclaration. La compagnie va aussi essayer la neige carbonique. C’est du bricolage. D’autres personnes avaient proposé d’injecter du béton, plus simple et moins cher, mais TEPCo s’acharne avec son gel. La NRA s’impatiente.

Records du jour de la contamination

Records du jour de la contamination radioactive de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 1-13, il y a maintenant 13 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 31 juillet 2014). TEPCo se refuse à rejeter dans l’océan une eau qui aurait plus de 5 Bq/L en bêta total.
–    dans le puits n°5 situé en amont des réacteurs où TEPCO pompe l’eau souterraine pour la rejeter dans l’océan, la contamination en tritium est maintenant de 50 Bq/L (prélèvement du 31 juillet 2014).

L’eau du puits n°12 dépasse systématiquement la limite que s’est fixée TEPCo qui est de 1 500 Bq/L avant rejet en mer.

Annonce du démantèlement du réacteur n°1

Dans un communiqué en anglais, TEPCo annonce le début des travaux de démantèlement du réacteur n°1 et qu’elle va tirer les leçons du réacteur n°3, sans mentionner les problèmes passés. Aucun calendrier précis n’est donné, même si l’on sait qu’il y a un mois de retard suite aux scandales sur le réacteur n°3. Mais la compagnie espère pouvoir commencer à retirer les combustibles de la piscine à partir de 2017. Elle ne dit pas non plus comment elle va s’y prendre pour les 70 assemblages qui sont endommagés depuis bien avant la catastrophe sur les 292 au total.

Toujours plus de glace, en vain

On s’en souvient, la barrière de glace dans la galerie souterraine ne veut pas prendre et il y a toujours de l’eau qui circule. TEPCo avait donc versé de la glace en plus, ainsi que de la neige carbonique, pour abaisser la température de l’eau et aider au gel au niveau des tuyaux de refroidissement. La première fois, deux tonnes de glace avaient baissé la température de 4°C, mais cela n’avait pas suffi.
Cette fois-ci, TEPCo est passée à 15 tonnes par jour. Cette eau vient s’ajouter à l’inventaire quotidien d’eau contaminée.

TEPCo à la peine avec l’eau contaminée

Depuis mai dernier, TEPCo pompe de l’eau souterraine en amont des réacteurs pour la rejeter dans l’océan après contrôle. Elle espère ainsi diminuer les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. 400 m3 pénètrent chaque jour et cette eau se contamine au contact de l’eau de refroidissement des réacteurs. Le pompage devait réduire de 100 m3 par jour ces infiltrations. Lors d’une réunion au ministère de l’industrie sur le problème de l’eau, la compagnie a reconnu que les effets sont très faibles. Dans des puits de contrôle situés de 70 à 150 m des réacteurs, le niveau de la nappe n’a baissé que de 10 cm, au mieux. Et d’accuser l’eau de pluie qui s’infiltre. La compagnie veut donc couvrir le sol pour limiter cet apport.
Des experts ont demandé à TEPCo d’apporter des mesures plus précis car les pêcheurs, qui ont donné leur accord aux rejets en mer, attendent des résultats.

TEPCo a reconnu que des cuves qui servent à stocker l’eau contaminée sont d’occasion, comme l’a révélé le Maïnichi. Mais la compagnie prétend que cela ne change rien par rapport à leur qualité. Quant à la cuve qui avait fui durant l’été 2013, elle était neuve.
Dans son communiqué, la compagnie dit tout faire pour diminuer le volume d’eau contaminée qui s’ajoute jour après jour. Et de citer notamment, les pompages en amont sans dire que les effets sont quasi-nuls, la station de traitement ALPS, sans dire qu’elle est encore en phase de teste et souvent en panne et le mur de glace, sans dire que dans la galerie souterraine, il ne prend pas. Bref, du blabla.

Suite aux récents scandales, TEPCo tente de reprendre en main sa communication et a mis en ligne plusieurs vidéos :
–    cette vidéo monte une patrouille de contrôle en action ; on voit les bâches en plastique mises par dessus les cuves pour éviter que l’eau de pluie s’accumule dans les réceptacles supposés récupérer l’eau des fuites éventuelles.
–    cette vidéo montre l’imperméabilisation des sols pour éviter que l’eau de pluie rejoigne les nappes phréatiques. Le drainage de ces eaux jusque dans le port est ensuite montré.