Le gouvernement veut reporter une partie des coûts du démantèlement et de la catastrophe nucléaire sur les consommateurs

De nombreux réacteurs nucléaires ne redémarreront jamais au Japon. 6 ont déjà été arrêtés définitivement depuis le début de la catastrophe, en plus des 6 de la centrale de Fukushima daï-ichi. Les réacteurs arrêtés coûtent chers sans rien rapporter. Tout cela dans un contexte d’ouverture du marché de l’électricité.

Les opérateurs historiques ont donc une offre moins compétitive avec leur parc nucléaire. Dès 2014, le gouvernement avait trouvé la parade : reporter le coût du démantèlement sur le transport de l’électricité et donc sur la facture de tous les consommateurs, quel que soit leur choix de producteur. C’est une façon d’externaliser les coûts du nucléaire.

Selon le Maïnichi, le gouvernement persiste dans cette voie. Une partie des coûts de l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi est aussi prise en charge par tous les exploitants nucléaires. Là encore, il est question de demander à tous les producteurs de mettre la main à la poche. In fine, ces coûts seront aussi reportés sur les factures des consommateurs.

Une telle politique déresponsabiliserait les exploitants du nucléaire et va à l’encontre de l’esprit de la libéralisation du marché.

Un groupe de travail mis en place par le ministère de l’économie et de l’industrie doit faire des propositions concrètes avant la fin de l’année afin de changer la loi l’an prochain.

TEPCo lance un appel à l’aide technologique pour se diversifier et démanteler Fukushima daï-ichi

TEPCo vient de lancer un site internet avec 77 défis technologiques auxquels elle fait face et pour lesquels elle lance un appel. Voir aussi son communiqué. Le défi n°1, par exemple, concerne de la peinture anti-rouille pour ses pylônes. Il y a aussi de l’analyse de données concernant la consommation et la production d’électricité, la diversification des ressources et, bien entendu, la situation à la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi.

La vidéo introductive classe ces défis en trois rubriques, qui sont la diversification des ressources et les énergies nouvelles et la vente de nouveaux produits afin de faire face à la dérégulation du marché au Japon, puis, en dernier, le démantèlement des réacteurs nucléaires. Les mots accident, Fukushima daï-ichi, déchets, radioactivité… ne sont jamais prononcés. Seules quelques images font référence à la catastrophe nucléaire.

TEPCo a compris qu’il n’y avait pas d’avenir dans le nucléaire pour elle et elle cherche à se diversifier. Elle compte; certes, redémarrer ses réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa dans la province de Niigata, mais elle fait face à une forte opposition locale. Ainsi, le charbon d’EDF intéresserait TEPCo et Chûbu Electric. Les deux entreprises souhaiteraient racheter EDF Trading qui gère un volume de 100 millions de tonnes de charbon par an, dans un marché total qui équivaut à 1,3 milliard de tonnes, selon la Tribune. TEPCo envisage aussi de lancer de nouveaux services pour ses clients, en partenariat avec Sony.

Côté démantèlement, la liste des défis est intéressante à regarder. Il y a la gestion des déchets radioactifs et la réduction de leur volume. C’est effectivement un défi majeur. Il y a aussi le démantèlement des cheminées qui sont très radioactives. En 2013, TEPCo avait relevé des points chauds allant jusqu’à 25 Sv/h. Ailleurs, les débits de dose restent élevés, de l’ordre de quelques mSv/h. Et leur structure pourrait avoir été fragilisée par le séisme.

Il y a aussi toute une série de défis relatifs à la mesure de la radioactivité, comme la détection des neutrons, la mesure du tritium, de l’eau de mer… C’est assez surprenant, car il s’agit de protocoles normalisés. Il y a aussi la gestion de l’eau contaminée et la recherche d’options pour se débarrasser du tritium. Sur ce dernier point, TEPCo avait déjà envisagé plusieurs options, souvent assez farfelues.

Toujours à propos de l’eau, TEPCo recherche enfin des solutions pour l’eau stockée dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine. D’après l’agence Kyodo, reprise par le Maïnichi, il y en aurait près de 10 000 m3 rien que dans les galeries souterraines que la compagnie n’a pas prévu de reprendre dans l’immédiat, auxquels il faut ajouter 70 000 m3 dans les sous-sols des réacteurs avec une contamination beaucoup plus élevée.

Pour limiter les fuites, TEPCo a aussi lancé comme défi de trouver une solution pour colmater les cuves où le débit de dose interdit aux humains d’approcher. Il est peu probable qu’une solution soit trouvée rapidement.

Pour en savoir plus, il faut se connecter. En utilisant son compte twitter, voici ce à quoi l’on s’expose :

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Ainsi TEPCo veut pouvoir changer notre profil et poster des tweets pour nous ! C’est incroyable !

Démantèlement du réacteur n°1 : nouvelle vidéo de TEPCo

TEPCo a engagé le démantèlement de la structure qui recouvrait le réacteur n°1. Elle va ensuite retirer les débris et reconstruire une nouvelle structure afin de retirer le combustible de la piscine de refroidissement. Cela a déjà été effectué pour le réacteur n°4. Pour le réacteur n°3, le retrait des débris est terminé et TEPCo construit une nouvelle structure.

Une vidéo promotionnelle de TEPCo explique les opérations à venir et insiste sur les mesures prises pour éviter la dispersion de poussières. Comme le retrait des débris du réacteur n°3 avait entraîné des rejets conséquents de poussières radioactives qui avait contaminé des travailleurs et fort probablement des rizières situées au-delà des zones évacuées, TEPCo promet de faire attention cette fois-ci.

Ce que ne dit pas la vidéo, c’est que les travaux auraient dû débuter en juillet 2014, mais ils ont pris du retard suite au scandale des rejets de poussières radioactives. Ce n’est que le 31 décembre 2013 que l’on avait appris que TEPCo n’avait pas aspergé des résines fixatrices sur le réacteur n°3 ou les avait fortement diluées. Voir notre bilan des quatre ans à ce propos, ainsi que celui pour les cinq ans.

TEPCo explique que toutes les mesures mises en place au niveau du réacteur n°1 sont pour la “tranquillité d’esprit des riverains” (sic). C’est que ces idiots de riverains, ils ont peur de tout !

L’option « sarcophage » est finalement exclue pour Fukushima daï-ichi

Le groupe d’experts chargé par le gouvernement de suivre les travaux à Fukushima daï-ichi avait retenu l’option de la construction d’un sarcophage autour des réacteurs accidentés, à l’instar de ce qui a été fait à Tchernobyl. Face au tollé, le ministre de l’industrie est intervenu et le groupe est revenu en arrière en excluant cette option dans le rapport rendu public ce jour. Le président du groupe technique a dû exprimer ses regrets et s’est engagé à tenir compte de l’avis des résidents de Fukushima à l’avenir…

Ils méritent en effet plus de considération après tout ce qu’ils ont subi. Espérons que cela servira de leçon.

Hypothèse d’un sarcophage à Fukushima daï-ichi

Le groupe de suivi des travaux de démantèlement des réacteurs de Fukushima daï-ichi, mis en place par le gouvernement, a émis l’hypothèse de construire un sarcophage autour des réacteurs accidentés, à l’instar de ce qui a été fait à Tchernobyl. Pour aller recherche le combustible fondu au fond des cuves et sur le radier, il envisage deux pistes. L’une consiste en l’ennoyage des réacteurs pour réduire l’exposition des travailleurs, ce qui suppose avoir colmaté les fuites.

L’hypothèse du sarcophage a provoqué de nombreuses réactions. Les élus locaux parlent de trahison et de menace pour les populations qui ne voudront pas revenir. Et de rappeler les engagements de TEPCo et du gouvernement de retirer les combustibles fondus.

Pour le moment, l’eau de refroidissement se contamine avant de s’écouler dans les sous-sols des réacteurs et de fuir. Le sarcophage n’est donc pas une solution pérenne.

Devant le tollé, le ministre de l’industrie a exclu l’hypothèse du sarcophage et réaffirmé que le retrait du combustible fondu était la priorité n°1.

 

Arrêt définitif du réacteur n°1 d’Ikata

Conformément à la décision prise en mars dernier, Shikoku Electric a arrêté définitivement le réacteur n°1 de sa centrale d’Ikata dans la province d’Ehimé. C’est effectif depuis le 10 mai 2016. Il avait été mis en service en 1977.

Il s’agit du sixième réacteur arrêté définitivement en plus des 6 de Fukushima daï-ichi, qui ont été détruits. D’autres devraient suivre. Le nombre de réacteurs est de 42 au Japon, avec seulement 2 en activité à la centrale de Sendaï.

La compagnie a estimé à 170 milliards de yens (1,4 milliard d’euros) le coût de sa remise aux nouvelles normes de sûreté, ce qui est trop élevé par rapport à sa puissance peu élevée : 566 MWe. Le démantèlement devrait prendre une trentaine d’années et coûter de l’ordre de 40 milliards de yens (320 millions d’euros).

Les subsides de la commune devraient baisser de 300 à 400 millions de yens chaque année, pour atteindre 1 milliard de yens environ.

Risque terroriste : réduction du nombre de travailleurs à Fukushima daï-ichi durant le G7

Le G7 aura lieu à Isé, dans l’Ouest du Japon, les 26 et 27 mai prochain.  Comme l’alerte terroriste sera à son maximum durant cette période, TEPCo a décidé de suspendre les travaux qui peuvent attendre à la centrale de Fukushima daï-ichi pendant cette période. Seuls les travailleurs indispensables à la sûreté pourront pénétrer sur le site.

Il y a actuellement environ 6 000 personnes par jour à travailler à la centrale accidentée durant les jours de la semaine. Pendant le sommet, le nombre de travailleurs sera réduit à un millier environ, comme pendant les dimanches et jours fériés.

Qu’en sera-t-il pendant les Jeux olympiques et paralympiques de 2020 ? Le chantier sera suspendu durant plusieurs semaines ?

Fukushima Nuclear Accident Archives

La Japan Atomic Energy Agency (l’équivalent du CEA) a créé une base de données, documents, articles, vidéo… sur la catastrophe de Fukushima et ses conséquences.