Réunion à propos du retour

La municipalité de Naraha a commencé ses réunions avec les habitants à propos de leur retour. Une soixante de personnes étaient présentes à Iwaki pour la première réunion. Elles ont exprimé leurs doutes et demandé aux autorités de ne pas se presser.
Les réunions vont se poursuivre en d’autres lieux jusqu’au 2 mai prochain.
Le débit de dose a été divisé par deux après la décontamination, ce qui n’est pas une bonne performance. Il y a encore 0,44 mSv/h au centre. Une sorte de galerie marchande a aussi été installée pour facilité les conditions de retour.

TEPCo séparée en deux entités

Le 1er avril correspond au premier jour de l’année fiscale et administrative au Japon. TEPCo a un nouveau président et est maintenant séparée en deux entités : une dédiée à la production, transport et vente d’électricité, l’autre au démantèlement et à la décontamination.
En ce qui concerne l’électricité, les compagnies japonaises bénéficiaient d’un monopole régional qui leur assuraient une rente confortable et leur permettait d’arroser financièrement toute leur région pour continuer à bénéficier de cette position confortable. L’ouverture du marché interne va changer la donne dans un contexte difficile avec l’arrêt complet du parc nucléaire. TEPCo doit donc changer sa culture d’entreprise et va se développer à l’international.
En ce qui concerne la partie démantèlement, elle va être associée avec les grandes industries nucléaires japonaises (Hitachi, Toshiba et Mitsubishi) dans le but d’être, à terme, les mieux placés dans l’immense marché mondial du démantèlement nucléaire qui s’ouvre.
Telle est la mission du nouveau président présentée dans un communiqué de presse.

Création d’un filiale spécialisée dans le démantèlement

TEPCO est en train de créer une filiale spécialisée dans le démantèlement et la décontamination. Elle devrait être mise en place le 1er avril prochain, qui correspond au début de l’année administrative et fiscale au Japon. Des représentants des trois grandes compagnies industrielles japonaises impliquées dans le nucléaire, Hitachi-GE Nuclear Energy, Toshiba et Mitsubishi Heavy Industries, siègeront dans la nouvelle branche et conseilleront le PDG.
Voir son communiqué de presse.

Kawauchi : autorisation de dormir à la maison

Environ 270 à 330 habitants de Kawauchi, selon les sources, seront autorisés à passer la nuit chez eux à partir du 26 avril, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, pour une durée de 3 mois. Les travaux de décontamination sont terminés. Le gouvernement veut donc lever l’ordre d’évacuer et entend ainsi permettre aux habitants de préparer leur retour.
40% du village avait dû fuir en 2011. Les habitants, comme ailleurs, sont réservés. Il reste des points chauds et la vie sur place sera difficile si les villages voisins avec des commerces restent évacués.

“Concertation” avec les habitants

Le correspondant du Maïnichi à Kôriyama a assisté aux réunions publiques avec les habitants du district de Miyakoji à Tamura, où l’ordre d’évacuation sera levé à partir du 1er avril prochain. Il a le sentiment que les autorités ont manipulé les habitants. Il explique pourquoi et donne des conseils aux habitants des autres zones où l’ordre d’évacuer devrait être prochainement levé, comme à Kawauchi ou Naraha.
Il note que certains habitants sont très contents de la décision, mais que beaucoup ne sont pas satisfaits. Il a mené une enquête auprès des habitants de Miyakoji et a reçu 73% de réponses. 47% des personnes qui ont répondu ont dit souhaiter une levée de l’ordre d’évacuer après 2015 et 39% préfèrent dès ce printemps.
Lors de la réunion du 23 février avec les 117 foyers de Miyakoji, des habitants se sont opposés à la décision du gouvernement pour diverses raisons : décontamination insuffisante, risques de recontamination, absence d’accès au centre du bourg où il y avait les commerces, médecins, fin de l’indemnisation… Mais à la fin de la réunion, aucune de ces craintes n’a été prise en compte et les autorités ont confirmé leur décision de lever l’ordre d’évacuer au 1er avril 2014.
En juin 2013, à la fin des travaux des décontamination, qui n’a eu lieu qu’à proximité immédiate des habitations, les autorités ont autorisé les habitants à rentrer chez eux et même y passer la nuit. Cette largesse, initialement prévue pour l’été, a été prolongée sans consultation jusqu’en octobre 2013. Le gouvernement voulait lever l’ordre d’évacuer dans la foulée, à partir de novembre 2013. Mais les habitants, surpris par la rapidité de la décision et l’absence de concertation, s’y sont opposés.
La division des habitants a joué en faveur des autorités. Certains, réticents à l’idée de rentrer, ont été accusés de vouloir profiter de l’indemnisation. Des fractures sont apparues entre les habitants.
Miyakoji est divisé en quatre zones. Dans une zone, les habitants ont réclamé un retour rapide. Dans deux autres zones, où la contamination est plus élevée, les habitants voulaient encore attendre une deuxième campagne de décontamination. Dans la dernière zone, il n’y a pas eu de consensus. En janvier 2014, les autorités locales et nationales ont eu des réunions avec chacune des zones séparément. Un calendrier d’une levée de l’ordre d’évacuer n’a été évoqué qu’avec les habitants de la zone où un retour rapide était souhaité. Le 23 février, les autorités ont profité de la division pour faire adopter la levée de l’ordre d’évacuer pour tout le district.
Le journaliste prévient donc les habitants des autres zones qu’il leur faut être conscient que les autorités ont un agenda en tête en faveur d’un retour rapide. Elles ont donc préparé un scénario et une mise en scène. Le droit du choix du lieu de résidence, garanti par l’article 22 de la constitution, a été mis en avant pour donner une tournure solennelle aux discussions et à la décision. La conclusion de la réunion a été tirée au moment le plus favorable de la discussion, sans qu’il soit possible, pour les autres habitants de changer l’ordre des choses.
Le journaliste appelle donc les habitants opposés à un retour rapide de bien s’organiser en amont de la réunion pour parvenir à faire entendre leur voix. Il pense aussi que les opposants s’étaient résignés sous le prétexte que le gouvernement fera ce qu’il veut à la fin. Les mauvaises conditions de vie des réfugiés leur confèrent un sentiment d’infériorité et de résignation. Ils n’ont plus la force de se battre et ont le sentiment d’avoir été trahis par les fonctionnaires qui devraient servir le public.
Enfin, le dernier point soulevé par le journaliste est que de nombreuses réunions n’étaient pas publiques. Il suggère aux habitants d’exiger que les réunions soient publiques et qu’un compte-rendu soit fait par un tiers.
Il espère que ces conseils seront utiles aux habitants face aux autorités.

Violations du droit du travail

Le bureau du travail à Fukushima a mené des inspections dans 660 compagnies impliquées dans la décontamination entre juillet et décembre 2013 et a trouvé des violations du droit du travail pour 446 d’entre elles, ou 67,6%. Il a, notamment, trouvé 742 cas où le salaire ou le temps de travail n’étaient pas clairement indiqués dans le contrat de travail, ou pour lesquels les salaires n’ont pas été entièrement versés.
363 cas concernent la protection des travailleurs : absence d’équipements de protection individuelle, de masque ou de dosimètre, ou encore de visite médicale.
Entre janvier et juillet 2013, 387 compagnies avaient été inspectées et des violations du droit du travail avaient été relevées pour 68% d’entre elles. Le bureau du travail menace d’être plus sévère par la suite.