Droit de regard des autorités locales sur le centre d’entreposage des déchets à Fukushima

Le ministre de l’environnement veut un feu vert pour le premier transport de déchets

Le ministre de l’environnement est allé rencontrer le gouverneur de la province de Fukushima à propos du premier transport de déchets vers de centre d’entreposage en début d’installation dans les communes d’Ôkuma et Futaba.

La province et les communes avaient mis 5 conditions à l’acceptation des déchets demandant une garantie de la sûreté des installations, un soutien financier pour faire revivre la région, un plan transport et une loi où il est inscrit que les déchets n’y resteront pas plus de 30 ans.

Une condition reste à satisfaire : la signature d’un accord de sûreté entre le gouvernement, la province et les communes. Le gouvernement propose que les autorités locales aient un droit de contrôle sur les installations avec des inspections et le pouvoir de suspendre les travaux et le transfert des déchets en cas de problème.

Le ministre de l’environnement a expliqué vouloir commencer par la terre des cours d’école et la boue des réservoirs d’eau pour l’irrigation.

Lancement du chantier du centre d’entreposage devant les médias

On le sait, le gouvernement veut installer un centre d’entreposage sur les communes d’Ôkuma et Futaba pour les déchets issus de la décontamination, mais il peine à acheter les terrains. D’un autre côté, les élus qui voient les déchets s’entasser chez eux avec les perspectives d’ouverture du centre reculer s’inquiètent.

Le gouvernement a donc lancé le chantier d’installation du centre d’entreposage devant la presse pour rassurer. Il s’agit de deux centres d’entreposage temporaire de 20 000 m2 en tout qui pourront accueillir 20 000 m3 de déchets, le temps que le vrai projet avance. Ils seront donc à nouveau transvasés. Rappelons qu’officiellement, pour le vrai projet, de 16 km2, les 20 à 30 millions de mètres cube attendus de déchets ne doivent pas y rester plus de 30 ans… et qu’ils devront à nouveau repartir, sans que personne ne sache où.

Le premier voyage (devant les médias ?) est prévu pour le 11 mars, jour du quatrième anniversaire de la catastrophe.

Le projet coûte 1 100 milliards de yens (8 milliards d’euros) et est pris en charge par le gouvernement. Une carte permettant de le situer est ici en ligne.

Barricade sur l’accès à site pressenti pour les déchets

300 habitants ont barricadé l’accès à un site retenu pour y stocker définitivement des déchets radioactifs dus à la catastrophe à Tochigi, dans la commune de Shioya. Le maire a rappelé son opposition à toute étude de la géologie et dénonce l’attitude du ministère de l’environnement qui veut passer outre. Les représentants du ministère ont dû rebrousser chemin.

Centre d’entreposage des déchets radioactifs

Le gouvernement s’était engagé à commencer le transport des déchets radioactifs issus de la décontamination sur le centre d’entreposage avant la fin janvier 2015. Il n’a pas pu tenir son objectif et a reporté le premier transport au 11 mars 2015, date anniversaire de la catastrophe.

Il ne possède toujours pas les terrains des 16 km2 où il veut installer le site. Il va donc entreposer provisoirement les déchets sur place avant de les déménager pour un entreposage de 30 ans, puis de les re-déménager en dehors de la province de Fukushima sans savoir où.

Des travaux d’aménagement pour accueillir les premiers déchets débuteront mardi 3 février avec l’accord des propriétaires concernés.

Entreposage à sec des combustibles usés

Les piscines de combustible usé sont presque pleines pour plusieurs centrales. Les exploitants comptaient sur l’usine de retraitement pour les en débarrasser, mais comme elle a de nombreuses années de retard et que personne ne sait si elle démarrera un jour, il faut trouver un plan B pour ce qui sort des centrales nucléaires. La NRA préconise un entreposage à sec, plus sûr, mais qui n’est possible que pour des combustibles qui ont une dizaine d’années. Avant, ils dégagent trop de chaleur.

Chûbu Electric a déposé une demande en ce sens pour sa centrale de Hamaoka. Ce sera le troisième au Japon. Si la compagnie obtient le feu vert de la NRA, elle prévoit d’y mettre 400 tonnes de combustibles usés à partir de 2018 pour une durée de 50 ans. Il n’y a pas de solution pour après.

Site de stockage bloqué

Le gouvernement est à la peine avec les propriétaires des terrains où il veut installer le site d’entreposage des déchets issus de la décontamination à Fukushima. Il n’a trouvé que la moitié des 2 000 propriétaires. Tous ont dû évacuer et il ne sait pas où sont passés les autres. Pour le moment, aucun accord n’a pu être signé.

Report des premiers transports de déchets radioactifs

Le gouvernement voulait commencer à transporter les premiers déchets radioactifs issus de la décontamination à Fukushima sur le site où il veut installer un centre d’entreposage centralisé avant la fin janvier. Mais ce ne sera pas possible. Le ministre de l’environnement a dit espérer commencer avant le 11 mars 2015, date du 4ième anniversaire du déclenchement de la catastrophe. Et il demande aux autorités locales d’être patientes et de garder les déchets en attendant car le transport des grandes quantités accumulées va prendre du temps. C’est une preuve de plus que la promesse de reprendre ces déchets au bout de 30 ans n’est pas réaliste.

Il y a 1 37 sites d’entreposage actuellement, dans 53 des 59 communes de Fukushima.

Feu vert pour le centre d’entreposage des déchets à Fukushima

Le gouvernement veut installer un centre d’entreposage de 16 km2 sur les communes d’Ôkuma et de Futaba pour les déchets issus de la décontamination à Fukushima. Les déchets n’y resteront pas plus de trente ans, en principe. C’est dans la loi, même si c’est complètement irréaliste car les autorités ne trouveront pas d’autre site et le transport des volumes énormes attendus est très lourd à mettre en œuvre. La commune d’Ôkuma a donné son feu vers en décembre dernier. C’est au tour de la commune de Futaba d’accepter. En revanche, les négociations avec les propriétaires des terrains et le plan pour le transport des déchets prennent beaucoup de retard.
Le gouvernement vient d’affecter un budget de 75,8 milliards de yens (550 millions d’euros) au projet. C’est moins qu’initialement prévu, mais le retard dans l’achat des terrains fait qu’une partie de la somme sera transférée à l’année fiscale 2015 qui commence le 1er avril. La construction du site devrait coûter 70 milliards de yens (plus de 500 millions d’euros) et la recherche 700 millions (plus de 5 millions d’euros).

Toujours pas de site de stockage pour les déchets radioactifs dus à la catastrophe nucléaire

Le gouvernement est à la peine pour trouver des sites de stockage pour les déchets dus à la catastrophe nucléaire. Il y a des boues de station d’épuration, des cendres d’incinérateurs, du compost et de la paille de riz qui ont plus de 8 000 Bq/kg de césium pour un total de 152 000 tonnes dans 12 provinces. Le gouvernement veut les stocker dans 5 provinces : Miyagi, Ibaraki, Tochigi, Gunma et Chiba. S’ajoutent à cela les déchets qui sont à Fukushima.
Selon l’agence de presse jiji, reprise par le Japan Times, le gouvernement a sélectionné un site à Tochigi et un à Miyagi, mais il fait face à une forte opposition locale. A Tochigi, le site pourrait influencer la source thermale Jojinzawa, qui a été classée par le ministère de l’environnement parmi les 100 meilleures eaux du Japon. Une pétition a déjà recueilli 170 000 signatures.
A Miyagi, le gouvernement a présélectionné trois sites, mais, sur un site, les riverains ont empêché les forages prospectifs. La situation est bloquée.
A Chiba, le gouvernement ne possède pas de terrain et il recherche des terrains privés. Les déchets sont provisoirement entreposés sur plusieurs sites, mais le bail expire fin mars 2015…
A Gunma et Ibaraki, la procédure de recherche de site est toujours en discussion.
A Fukushima, où il y a 128 000 tonnes, le gouvernement veut utiliser les sites existants et, pour les déchets les plus radioactifs, qui dépassent 100 000 Bq/kg, utiliser le centre d’entreposage de Futaba-Ôkuma. Mais l’achat des terrains y a pris du retard et n’avance pas.

Vers un stockage réversible pour les déchets radioactifs

Le gouvernement fait face à une forte opposition des populations près des lieux où il veut installer un centre de stockage des déchets dus à la catastrophe dans les provinces voisines de Fukushima. Il s’agit de cendres, boues de station d’épuration et autres déchets radioactifs.
Le gouverneur de Tochigi a proposé que le stockage soit réversible et que les déchets soient repris une fois la radioactivité diminuée. Un groupe d’experts mis en place par le gouvernement pour trouver une issue a décidé de reprendre cette idée.
Il s’agirait d’appliquer les seuils de libération pour les déchets issus du démantèlement des installations nucléaires, seuils en dessous desquels les déchets peuvent être recyclés pour d’autres usages. Il ne s’agit que de pistes, rien n’étant décidé pour le moment.