Riz récolté en zone évacuée

Du riz a été planté à Ôkuma, village évacué, à titre expérimental dans une rizière de 25 ares qui a été décontaminée. La moisson vient d’avoir lieu en présence d’une dizaine d’agriculteurs. Les grains vont être séchés pendant deux semaines avant d’être contrôlés.
Avant la catastrophe, 800 hectares de rizières étaient cultivés à Ôkuma.

Retour vers les points chauds

A Minami-Sôma, il y a 142 points chauds où l’exposition externe dépasse 20 mSv par an. 152 familles sont touchées et 80% des 720 habitants ont évacué. Maintenant que les travaux de décontamination sont terminés, le gouvernement veut que les habitants rentrent chez eux. L’exposition externe la plus élevée qui reste est de l’ordre de 5 mSv/an, ce qui est plus que la limite de 1 mSv/an en temps normal. Lors d’une réunion, le 26 septembre dernier, il a expliqué vouloir lever la recommandation à évacuer (ce n’est pas une obligation) en octobre 2014. Les indemnités liées à l’évacuation seraient versées durant 3 mois après la levée, ce qui est beaucoup plus court que pour les zones où l’évacuation est obligatoire : c’est un an.

Réévaluation du rejet du 19 août 2013

TEPCo avait estimé, à la louche, à 1,12 TBq (1 120 milliards de becquerels) le rejet atmosphérique du 19 août 2013 lors de travaux de démantèlement de la partie haute du réacteur n°3. Comme nous l’avons déjà raconté, ces travaux ont entraîné plusieurs rejets, mais celui du 19 août serait le plus fort et aurait contaminé du riz à plus de 20 km de la centrale. Cette contribution venant s’ajouter à la contamination déjà existante aurait rendu ce riz impropre à la consommation.
La compagnie vient d’affiner son estimation pour le seul 19 août et avant un chiffre 5 à 10 fois inférieur. Cela reste très élevé !
Voir les 27 pages d’explications en japonais.

Contamination du sol de la centrale

TEPCo a mesuré entre 26 et 340 Bq/kg en strontium 90, particulièrement toxique, dans le sol desséché de la centrale. C’est beaucoup plus que ce que l’on trouve habituellement à cause des essais nucléaires. Dans son style inimitable, TEPCo précise qu’il y a une « possibilité que ces fortes valeurs soient dues à l’accident ». Quelle pourrait être l’autre cause ?
La contamination en plutonium est plus faible, du même ordre de grandeur que les niveaux avant accident. Mais il doit aussi y avoir une contribution de l’accident, comme dans les sédiments des rivières des alentours (cf 8 août). Là encore, TEPCo précise qu’il y a une possibilité…

Plutonium dans les rivières

Une étude franco-japonaise sur la pollution au plutonium dans les sédiments des rivières vient de paraître. On trouve du plutonium partout à de faibles concentrations, suite aux essais nucléaires atmosphériques. Mais certains isotopes ont des demi-vies assez courtes. En regardant les ratios entre les différents plutonium, il est possible de dater les rejets et faire la part entre ce qui vient de la catastrophe de Fukushima, récente, et les essais nucléaires, anciens.
Du plutonium de Fukushima a été détecté dans tous les échantillons contrôlés, jusqu’à 45 km de la centrale, mais en très faible quantité. La plus forte contribution de l’accident nucléaire est de 60% du plutonium trouvé dans un échantillon. La concentration en césium dans ces mêmes échantillons est, quant à elle, beaucoup plus forte.
L’étude est ici, en accès payant.

Retour sur les forts rejets atmosphériques de 2013

Retour sur le fort rejet atmosphérique qui a eu lieu en août 2013, lors du démantèlement de la partie supérieure du réacteur n°3. Il a probablement entraîné une contamination du riz cultivé à plus de 20 km de la centrale, le rendant impropre à la consommation.
Des mesures faites par une équipe universitaire à Marunomori, dans la province de Miyagi, à 59 km au Nord-Ouest de la centrale accidentée, ont mis en évidence une augmentation des la contamination de l’air en lien avec les travaux de démantèlement. Le système de filtration de l’air permet d’étudier la contamination des poussières, aérosols… Entre décembre 2011 et décembre 2013, les chercheurs ont mesuré, à 8 occasions différentes, une augmentation significative de la contamination, avec des niveaux plus de 10 fois plus élevés que ce qui est mesuré habituellement. A chaque fois, les vents dominants soufflaient vers le Nord-Ouest. La plus forte contamination relevée concerne un prélèvement qui a eu lieu entre le 16 et le 20 août 2013, qui correspond au seul rejet reconnu par TEPCo. Elle était de 50 à 100 fois plus élevée que les niveaux habituels.
Selon TEPCo, 7 des 8 augmentations de la radioactivité de l’air correspondent aux travaux de démantèlement de la partie haute du réacteur n°3. Le dernier cas, qui date du 16 au 20 novembre 2012, coïnciderait avec une fuite d’eau d’une cheminée d’un système de capture de césium dans l’eau. Mais ce dernier incident n’aurait pas entraîné un rejet aussi fort qu’en août 2013. La compagnie ne donne pas de chiffre.
Les chercheurs en concluent que des rejets répétés ont atteint des zones éloignées. Ils demandent donc à TEPCo de faire plus attention lors de ses opérations de démantèlement des réacteurs accidentés. Ils ont fait part de leurs résultats au ministère de l’agriculture en mai 2014. Cela ne l’a pas plus incité à communiquer sur le sujet que lors des précédents résultats reçus en mars de la même année.
Les travaux de démantèlement du réacteur n°1, qui devaient commencer ce mois-ci inquiètent de plus en plus. La négligence avec laquelle TEPCo a traité ces rejets est scandaleuse. Ils sont reportés le temps de trouver de meilleures solutions ou le temps que la polémique ne retombe ? Il ne faut pas s’étonner ensuite si les gens rechignent à retourner dans les territoires évacués.
Source Asahi.

Contamination des retenues d’eau

Avant la triple catastrophe, le barrage Ogaki à Namié alimentait 1 613 fermes ou 1 531 hectares de cultures dans le district d’Odaka à Minami-Sôma. Le barrage a été endommagé par le séisme et les sédiments contaminés par les rejets radioactifs. Namié et le district d’Odaka ont été évacués.
Les travaux de consolidation du barrage ont commencé en avril dernier et la décontamination du fond devrait commencer en octobre prochain.
La mairie de Minami-Sôma espère un retour des habitants à Odaka en avril 2016. Les eaux du barrage devraient pouvoir à nouveau servir à l’irrigation à partir d’avril 2017. Ce sera le premier parmi les dix barrages dédiés à l’agriculture de la zone évacuée qui sera réhabilité.
Mais le lessivage des sols va, à nouveau, contaminer les sédiments retenus dans le barrage. Les analyses de l’eau de surface a mis en évidence une absence de contamination décelable. Seules les eaux de surface seront donc utilisées. En cas de basses eaux ou de fortes pluies entraînant une forte turbidité, le barrage ne sera pas utilisé.

Réouverture d’une pâture à Iwaki

Une partie de la pâture de Shibayama dans la commune d’Iwaki a été rouverte car les niveaux de la contamination de l’herbe ont baissé après les travaux de décontamination qui ont consisté en la tonte de l’herbe, le retrait de la partie supérieure du sol et un semis. 7 hectares sur les 50 sont donc rouverts au pâturage. 10 bovins de 4 fermes sont venus ce premier jour.

Fuite sur une cuve : reprise de la terre contaminée

On s’en souvient, lors de l’été 2013, TEPCo avait mis un mois de se rendre compte qu’une cuve fuyait. Elle avait ainsi perdu 300 m3 d’eau très contaminée. C’est le strontium qui dominait ce rejet, avec 45 TBq (45 000 milliards de becquerels). TEPCo a retiré toute la terre autour de la cuve incriminée et estime avoir repris 80% du strontium qui s’était échappé. Elle vient de soumettre un rapport en ce sens à la NRA, l’autorité de sûreté nucléaire japonaise. Les 20% restant (9 TBq tout de même) seraient restés dans le sol plus profond. Il serait peu probable que ce strontium ait atteint l’océan selon TEPCo. Le tritium, quant à lui, est bien allé dans la nappe phréatique.

Reprise de la culture du riz

Après la catastrophe nucléaire de mars 2011, le gouvernement avait interdit la culture du riz dans 12 communes. De nombreux agriculteurs ont aussi renoncé d’eux-mêmes à planter. Ce printemps, l’interdiction de cultiver et les restrictions volontaires ont été levées sur 5 600 hectares répartis sur 6 communes. C’est lié à la baisse de la contamination des sols et aux autorisations de retour pendant la journée. Cependant, peu d’agriculteurs concernés ont planté du riz cette année.
A Minami-Sôma, la culture a repris sur 111 hectares, soit 3,6% de la surface disponible. C’est 0,2% à Tomioka et 0,1% à Namié et Ôkuma, 0,06% à Katsurao. Rien à Futaba.
Ils estiment que la décontamination des rizières ou des canaux d’irrigation n’a pas été suffisante. Dans 5 communes, il a d’abord été décidé de planter du riz à titre expérimental, de le faire contrôler, puis de décider ensuite si la culture à grande échelle peut être reprise.
Il y a aussi un manque de motivation de certains agriculteurs et la peur de ne pas pouvoir vendre la récolte.