La NRA a mis en ligne quelques résultats de mesure sur la contamination de la Baie de Tôkyô. Aussi bien l’eau de mer que les sédiments marins ont des niveaux de contamination similaires à ce que l’on peut trouver à 10 km de la centrale de Fukushima. C’est dû au lessivage des sols et à la concentration dans la baie presque fermée. Voir, à titre de comparaison, des résultats récents sur l’eau de mer au large de la centrale.
Archives par mot-clé : Contamination de l’eau douce
Plutonium dans les rivières
Une étude franco-japonaise sur la pollution au plutonium dans les sédiments des rivières vient de paraître. On trouve du plutonium partout à de faibles concentrations, suite aux essais nucléaires atmosphériques. Mais certains isotopes ont des demi-vies assez courtes. En regardant les ratios entre les différents plutonium, il est possible de dater les rejets et faire la part entre ce qui vient de la catastrophe de Fukushima, récente, et les essais nucléaires, anciens.
Du plutonium de Fukushima a été détecté dans tous les échantillons contrôlés, jusqu’à 45 km de la centrale, mais en très faible quantité. La plus forte contribution de l’accident nucléaire est de 60% du plutonium trouvé dans un échantillon. La concentration en césium dans ces mêmes échantillons est, quant à elle, beaucoup plus forte.
L’étude est ici, en accès payant.
Contamination des retenues d’eau
Avant la triple catastrophe, le barrage Ogaki à Namié alimentait 1 613 fermes ou 1 531 hectares de cultures dans le district d’Odaka à Minami-Sôma. Le barrage a été endommagé par le séisme et les sédiments contaminés par les rejets radioactifs. Namié et le district d’Odaka ont été évacués.
Les travaux de consolidation du barrage ont commencé en avril dernier et la décontamination du fond devrait commencer en octobre prochain.
La mairie de Minami-Sôma espère un retour des habitants à Odaka en avril 2016. Les eaux du barrage devraient pouvoir à nouveau servir à l’irrigation à partir d’avril 2017. Ce sera le premier parmi les dix barrages dédiés à l’agriculture de la zone évacuée qui sera réhabilité.
Mais le lessivage des sols va, à nouveau, contaminer les sédiments retenus dans le barrage. Les analyses de l’eau de surface a mis en évidence une absence de contamination décelable. Seules les eaux de surface seront donc utilisées. En cas de basses eaux ou de fortes pluies entraînant une forte turbidité, le barrage ne sera pas utilisé.
Shiga : inquiétudes pour le lac Biwa
La gouverneuse de la province de Shiga, où il y a le lac Biwa, le plus grand du Japon, qui alimente en eau potable 14,5 millions d’habitants, était opposée au redémarrage des réacteurs de la province voisine de Fukui. Que se passera-t-il en cas d’accident nucléaire avec l’alimentation en eau potable ?
Son deuxième mandat arrivant à son terme, elle a décidé de ne pas se représenter devant les électeurs. Son successeur, élu la veille, est Taizo Mikazuki, soutenu par le principal parti d’opposition au gouvernement et qui s’inscrit dans la continuation de sa prédécesseuse en terme de politique nucléaire. Une base militaire de la province a aussi un des enjeux de cette élection. Son principal challenger, soutenu par les partis de gouvernement, pensait gagner. Mais il a été battu d’une courte tête.
Evidemment, le gouvernement a annoncé que cette victoire n’allait pas changer sa politique nucléaire.
Naraha veut plus de décontamination
Le conseil municipal de Naraha a demandé plus de décontamination avant d’envisager le retour des habitants, alors que les travaux sont officiellement terminés depuis mars dernier. Il demande que l’exposition externe soit inférieure à 1 mSv/an, que la décontamination de l’intérieur des maisons soit prise en charge par le gouvernement. La commune exige aussi la décontamination du barrage d’alimentation en eau potable où les sédiments sont fortement contaminés.
Décontamination des retenues d’eau
Après avoir hésité, le gouvernement va décontaminer les réservoirs qui servent à l’irrigation à Fukushima. Il y en a 576 où la contamination de la boue dépasse 8 000 Bq/kg et 14 où elle dépasse 100 000 Bq/kg. Ces deux limites sont utilisées pour la classifications des déchets issus de la décontamination.
Nouveau rapport sur la triple catastrophe
Le HCFDC a publié un rapport sur les conséquences des trois catastrophes au Japon avec beaucoup de chiffres et de données.
Contamination des sédiments des bassins de rétention
C’est bien connu, le césium s’accumule dans les sédiments et c’est particulièrement vrai dans les bassins, lac, réservoirs qui recueillent l’eau de pluie qui lessive les sols. Selon une étude de la province de Fukushima et du ministère de l’agriculture, la concentration en césium radioactif dépasse 8 000 Bq/kg dans les sédiments de 576 réservoirs agricoles utilisés pour l’irrigation sur 1 939 contrôlés. Il y en a 3 730 en tout. 8 000 Bq/kg constitue la limite à partir de laquelle les autorités japonaises considèrent que les boues de station d’épuration, les cendres d’incinérateur et les déchets issus de la décontamination doivent être traités comme déchets radioactifs.
Parmi ces réservoirs, il y en a 14 où la contamination dépasse 100 000 Bq/kg. Cela monte à 370 000 Bq/kg à Motomiya ou 390 000 Bq/kg à Futaba.
108 des 576 bassins de rétention contaminés sont en zone évacuée. Et 9 sur les 14 les plus fortement contaminés sont aussi en zone évacuée.
En été, quand le niveau de l’eau est bas, le débit de dose à proximité augmente. Les autorités régionales s’inquiètent aussi pour les champs et rizières irriguées, même si le niveau de contamination de l’eau reste faible. En cas de sécheresse, la boue pourrait devenir poussière et contaminer les environs. Cependant, le ministère de l’environnement n’a aucune intention de curer ces bassins. Et celui de l’agriculture renvoie vers l’environnement car la décontamination n’est pas de sa compétence. Il se contente de transmettre l’information. Et s’il le faisait, il ne pourrait pas se faire indemniser par TEPCo.
Les autorités régionales ont évalué à 15,4 milliards de yens (plus de 100 millions d’euros) le coût de la décontamination et de la prise en charge des déchets. Le gouvernement pourrait commencer par les réservoirs les plus contaminés en zone non évacuée.
Débris très radioactifs dans une rivière
Des décontamineurs avaient trouvé des débris très radioactifs dans le lit de la rivière Idégawa à Naraha durant l’été 2013. TEPCo les a fait analyser par la JAEA (le CEA japonais) et les résultats sont ici en japonais. Les niveaux sont similaires à ce que l’on trouve dans les débris de la centrale, c’est à dire énormes ! L’échantillon n°3, qui fait 0,4 g, a 2 millions de becquerels en césium 137.
TEPCo affirme qu’ils sont liés à l’accident, mais ne peut en donner l’origine exacte. Cela ressemble à des débris du réacteur n°3 sans que TEPCO ne sache comment ils sont arrivés là. Certains sont en plastique, un autre en bois…
Les premiers tableaux sont en Bq/échantillon. Celui sur le césium et cobalt, en Bq/g. Il faut donc multiplier par 1 000 pour avoir des Bq/kg.
2,9 tonnes de boues radioactives à Kanagawa
Le ministère de l’environnement a classé 2,9 tonnes de boues dans la province de Kanagawa (au Sud de Tôkyô, à 300 km de la centrale) comme déchets radioactifs. Il va devoir les prendre en charge. Il s’agit de boues récoltées dans les caniveaux, gouttières… qui ont plus de 8 000 Bq/kg en césium.
Il y a, en tout, 140 000 tonnes de boues radioactives dépassant cette limite dans 11 provinces du Japon.