Contamination des thons de la côte Ouest des Etats-Unis

Une université américaine a mesuré des traces de césium dans des thons pêchés au large des Etats-Unis entre 2008 et 2012. La contamination était présente dans deux spécimens sur deux analysés en 2011 et dans 10 sur 17 en 2012. Avant Fukushima, il n’y avait pas de césium dans le thon.
La concentration maximale détectée est de 1,18 Bq/kg pour la somme des deux césiums. C’est très faible. Mais le communiqué de presse de l’université d’Oregon est complètement stupide : pour rassurer la populace, il fait des comparaisons avec l’exposition au potassium 40 en dormant à côté de son conjoint. Il oublie le potassium 40 du thon dans son calcul qui ne veut donc rien dire. Affligeant.
Comment communiqueront-ils s’il y a un jour une contamination plus forte des aliments ?
L’article scientifique est en accès payant.

Le stock de tritium estimé à 150 années de rejet

Le 19 janvier dernier, un document de TEPCo mentionnait que l’inventaire en tritium de l’eau contaminée était de 875 TBq (875 000 milliards de becquerels). Comme l’autorisation de rejet en mer pour les 6 réacteurs est de 22 TBq, le stock de tritium représente donc 40 années de rejets à la limite.
Maintenant TEPCo estime à 3 400 TBq le stock de tritium dans les 4 réacteurs accidentés, en prenant en compte ce qu’il y a encore dans le combustible. Cela représente donc 150 ans de rejets à la limite autorisée !
Selon la présentation faite lors de la 8ième réunion du groupe de travail tritium du ministère de l’industrie, la plus grande partie du tritium se trouverait encore dans le combustible (2 500 TBq). La quantité de tritium dans l’eau aurait augmenté de 17 TBq depuis le dernier bilan de janvier 2014. Ce tritium s’échappe probablement du combustible fondu.
Voir aussi l’article en anglais du Maïnichi à ce propos.

Série de records de la contamination et une nouvelle fuite

Nouvelle série de records de contamination de l’eau souterraine après le week-end :
–    près du rivage, dans le puits 2-7, il y a maintenant 910 Bq/L en bêta total (prélèvement du 18 avril 2014) ;
–    dans le puits 1-16, il y a maintenant 13 Bq/L en bêta total (prélèvement du 17 avril 2014) ;
–    dans l’eau de mer, la contamination en tritium à l’intérieur de la barrière de protection, est la plus élevée en 5 points de prélèvement datés du 14 avril 2014. Cela va de 540 à 1 400 Bq/L.
La contamination en tritium de l’eau souterraine dans le puits de pompage n°12 est repassée sous la limite de 1 200 Bq/L en tritium (prélèvement du 18 avril 2014). Pour combien de temps ?

Il y a une nouvelle fuite sur des cuves le 18 avril dernier. La contamination de l’eau est de 29 Bq/L en césium et de 130 Bq/L en bêta total. Voir les photos et explications en japonais.

Encore des fuites et des records de contamination

Encore un problème de fuite ! Et c’est encore ALPS, la station de traitement expérimentale de l’eau contaminée, qui est en cause. De l’eau a débordé. 1 000 litres (1 m3) se seraient répandus mais ne seraient pas sortis du bâtiment. La contamination de cette eau est tout de même de 3,8 millions de becquerels par litre en bêta total et 6 700 Bq/L en césium 137.
Il n’y a toujours qu’une seule ligne sur 3 en fonctionnement.
Explications en japonais.

La NRA a demandé à TEPCo d’améliorer la sûreté des ses installations de pompage et stockage de l’eau suite à l’erreur de transvasement. Ce n’est pas la première fois, et sûrement pas la dernière.

Concernant le projet de rejet en mer de l’eau contaminée, l’ASN française est allée vanter le livre blanc tritium français au Japon. Voir sa présentation.

Records du jour dans l’eau souterraine :
–    dans le puits 1-16 situé près du rivage, il y a maintenant 12 Bq/L en bêta total (prélèvement du 14 avril 2014).
–    dans le puits voisin, 1-17, il y a maintenant 4 200 Bq/L en bêta total (prélèvement du 14 avril 2014).

Records du jour et sédiments marins

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits E-10, situé en aval de la cuve qui a fui lors de l’été 2013, il y a maintenant 160 Bq/L en bêta total (prélèvement du 8 avril 2014). Le précédent record pour ce puits était de 54 Bq/L.
–    plusieurs records viennent d’être battus dans les puits où TEPCo a pompé de l’eau souterraine dans le but de la détourner vers la mer après contrôle. Les prélèvements ont eu lieu le 8 avril, qui correspond à la veille du pompage. Il y a maintenant, pour le tritium, 230 Bq/L dans le puits n°6, 690 Bq/L dans le puits n°7 et 1 300 Bq/L dans le puits n°12. TEPCo a limité à 1 500 Bq/L la concentration maximale acceptable avant rejet en mer. Elle s’en approche dans le puits n°12, mais elle doit compter sur l’effet de dilution avec l’eau des autres puits pour que cela n’empêche pas le rejet.

La NRA a mis en ligne des résultats de mesure sur des sédiments marins prélevés au large de la centrale de Fukushima daï-ichi. Les prélèvements datent du 10 septembre et 5 novembre 2013. Il était temps ! La contamination en césium est montée jusqu’à 2 780 Bq/kg de sédiments secs.

Rejets en mer : tierce expertise demandée

Les pêcheurs, qui ont accepté le projet de TEPCo de pomper l’eau souterraine en amont des réacteurs pour la rejeter en mer avant qu’elle ne se contamine plus, ont fait des requêtes au ministre de l’industrie. Ils demandent, entre autres, qu’une tierce expertise soit faite sur l’eau des cuves tampon avant rejet en mer, et que le gouvernement les aide à lutter contre les « rumeurs néfastes ».
Le ministre a répondu qu’il verrait ce qu’il peut faire. La tierce expertise est bien la moindre des choses.

Présentation du projet de rejet en mer de l’eau pompée en amont

TEPCO a mis en ligne une vidéo en anglais de présentation de son projet de détournement de l’eau souterraine dans le but de réduire les infiltrations dans les sous-sols où elle se contamine. Cela devrait commencer en mai. Cette vidéo n’est pas sur sa page en japonais.
Basée sur une maquette qui ressemble à du sucre, tout est blanc, propre, net. Le commentateur a quelques raccourcis qui tentent de dédouaner TEPCo :
–    il dit que la centrale est au pied de la colline, sur le trajet de l’eau souterraine, mais ne dit pas que TEPCo a rasé la falaise pour y placer les réacteurs à cet endroit ;
–    quand la compagnie explique qu’elle espère ainsi réduire les infiltrations dans les sous-sols, elle retire des cuves pleines d’eau contaminées de l’image. Mais l’eau souterraine continuera à s’infiltrer et TEPCO continuera à construire des cuves de stockage, à un rythme moins soutenu.
–    le mur face à la mer n’arrêtera pas l’eau car on n’arrête pas un écoulement. Il va juste faire que l’eau choisira d’autres chemins pour finir dans l’océan.
Le commentateur dit que l’eau en amont n’est pas contaminée, mais qu’elle va être contrôlée. Il mentionne qu’elle pourrait transporter de la contamination collectée en surface. Dans les faits, cette eau souterraine pompée en amont est contaminée en tritium, jusqu’à 1 200 Bq/L ! Il suffit de regarder les résultats de mesure des derniers prélèvements.
Le tritium vient des cuves, pas de la pollution des sols. Quant aux contrôles en bêta total, ils indiquent tous « ND », qui signifie non-détecté, mais la limite de détection choisie est très élevée : 16 Bq/L. Pour les rejets d’eau de pluie contaminée, TEPCo s’est fixé une limite de 10 Bq/L en strontium à ne pas dépasser. Pourquoi ce ne serait pas la même chose pour l’eau souterraine ?
TEPCO s’engage à publier ses résultats de mesure dans les cuves tampon avant rejet en mer, mais ne parle toujours pas d’analyse faite par des tiers pour contrôler son travail. Elle s’est pourtant déjà trompée plusieurs fois dans ses mesures.
Certains articles de presse mentionnent un laboratoire tiers.

Records du jour de la contamination

Seuls deux petits records de contamination ont donc été battus :
–    près des cuves, en amont des réacteurs, dans le puits F1, il y a maintenant 25 Bq/L en bêta total (prélèvement du 1er avril 2014). Ce puits est en amont de la cuve qui a fui.
–    près du rivage, dans le puits 3-5, il y a maintenant 300 Bq/L en bêta total (prélèvement du 2 avril 2014).

Suite à une menace de tsunami suite à un séisme au Chili, il n’y a pas eu de prélèvement le long du rivage. L’alerte tsunami a été levée. La vague la plus haute a fait 60 cm à Iwaté. L’industrie nucléaire a beaucoup communiqué pour mettre en avant les précautions prises.
Voir, par exemple, le communiqué de TEPCo qui a suspendu les prélèvements le long du rivage.