TEPCo à la peine avec l’eau contaminée

Depuis mai dernier, TEPCo pompe de l’eau souterraine en amont des réacteurs pour la rejeter dans l’océan après contrôle. Elle espère ainsi diminuer les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. 400 m3 pénètrent chaque jour et cette eau se contamine au contact de l’eau de refroidissement des réacteurs. Le pompage devait réduire de 100 m3 par jour ces infiltrations. Lors d’une réunion au ministère de l’industrie sur le problème de l’eau, la compagnie a reconnu que les effets sont très faibles. Dans des puits de contrôle situés de 70 à 150 m des réacteurs, le niveau de la nappe n’a baissé que de 10 cm, au mieux. Et d’accuser l’eau de pluie qui s’infiltre. La compagnie veut donc couvrir le sol pour limiter cet apport.
Des experts ont demandé à TEPCo d’apporter des mesures plus précis car les pêcheurs, qui ont donné leur accord aux rejets en mer, attendent des résultats.

TEPCo a reconnu que des cuves qui servent à stocker l’eau contaminée sont d’occasion, comme l’a révélé le Maïnichi. Mais la compagnie prétend que cela ne change rien par rapport à leur qualité. Quant à la cuve qui avait fui durant l’été 2013, elle était neuve.
Dans son communiqué, la compagnie dit tout faire pour diminuer le volume d’eau contaminée qui s’ajoute jour après jour. Et de citer notamment, les pompages en amont sans dire que les effets sont quasi-nuls, la station de traitement ALPS, sans dire qu’elle est encore en phase de teste et souvent en panne et le mur de glace, sans dire que dans la galerie souterraine, il ne prend pas. Bref, du blabla.

Suite aux récents scandales, TEPCo tente de reprendre en main sa communication et a mis en ligne plusieurs vidéos :
–    cette vidéo monte une patrouille de contrôle en action ; on voit les bâches en plastique mises par dessus les cuves pour éviter que l’eau de pluie s’accumule dans les réceptacles supposés récupérer l’eau des fuites éventuelles.
–    cette vidéo montre l’imperméabilisation des sols pour éviter que l’eau de pluie rejoigne les nappes phréatiques. Le drainage de ces eaux jusque dans le port est ensuite montré.

Contamination des poissons au large

TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des poissons qui ont été pêchés au large de la centrale, à moins de 20 km, à l’exclusion du port devant les réacteurs accidentés. La tendance est à la baisse, mais il y a encore plusieurs spécimens qui dépassent les 100 Bq/kg en césium, la limite de mise sur le marché. La plus forte contamination est de 370 Bq/kg.

Bétonnage du fond du port

TEPCo avait déjà bétonné le fond marin dans le port devant la centrale. Elle va recommencer.
Voir les photos et explications en japonais.
Les poissons pêchés dans le port peuvent toujours être fortement contaminés. Voir les derniers résultats en japonais.

Résultats de mesure sur l’eau de mer prélevée devant la centrale de Fukushima daï-ichi qui inclut le césium, le strontium et le tritium. Les niveaux sont faibles, mais la contamination est systématique. Les sédiments marins restent contaminés sur des centaines de kilomètres.

Contamination des poissons

TEPCO a contrôlé quelques poissons pêchés à quelques kilomètres des côtes. La contamination en césium total varie entre 246 et 500 Bq/kg. C’est plus que la limite de mise sur le marché, qui est de 100 Bq/kg. Il y a aussi une contamination au strontium qui varie de 0,11 à 1,2 Bq/kg. Les plus contaminés en césium ne sont pas les plus contaminés en strontium.

Records du jour de la contamination et sédiments marins

 

La NRA a rendu publics des résultats d’une campagne de mesure de la contamination du sol sous-marin. Il y a jusqu’à 2 000 Bq/kg en césium 137 à 6 km de la centrale accidentée. Il y a 1 000 Bq/kg en une vingtaine de points situés à 4 km.
C’est à 2,3 – 2,5 km de l’embouchure du fleuve Abukuma que la pollution est la plus forte, jusqu’à 2 700 Bq/kg en césium 137.
Les données sont ici en japonais.

Records du jour de la contamination de l’eau souterraine et de l’eau de mer à la centrale de Fukushima daï-ichi :
–    dans l’eau de mer prélevée le long du rivage, trois nouveaux records de contamination en tritium ont été battus. Les données vont de 1 200 à 3 900 Bq/L. Dans le puits de contrôle 1-17, situé près du rivage, il y a maintenant 63 000 Bq/L en bêta total (prélèvements des 9 et 12 juin 2014).
–    dans le puits de contrôle E8, situé en amont des réacteurs mais en aval de la cuve qui a débordé durant l’été 2013, il y a maintenant 26 Bq/L en bêta total (prélèvement du 11 juin 2014).
A titre de comparaison, TEPCo se refuse à rejeter en mer de l’eau souterraine qui aurait plus de 5 Bq/L en bêta total et 1 500 Bq/l en tritium.

La bataille de l’eau contaminée

TEPCo a procédé au quatrième rejet en mer d’eau souterraine pompée en amont des réacteurs. Le volume augmente à chaque fois : ce sont 1 563 m3 qui ont été rejetés cette fois-ci. Cela a duré 6 heures.

TEPCo a signé un contrat avec la compagnie américaine Kurion pour retirer le strontium de l’eau contaminée.
TEPCO avait, jusqu’alors, tout misé sur ALPS supposé retirer 62 éléments, sans plan B. Comme le système ne marche pas, elle aurait dû se rabattre depuis longtemps sur une solution moins ambitieuse en ce contenant, dans un premier temps, de retirer les éléments les plus pénalisants. Cela aurait dû lui être imposé depuis longtemps.
Le système Kurion devra pouvoir traiter rapidement 300 m3 par jour, dès cet été. La NRA doit encore donner son accord. Cela ne suffira pas car le stock d’eau contaminée s’accroît de 400 m3/j. Mais TEPCo croit toujours en sa station ALPS…

Pour vous changer des records, voici, en japonais, des courbes sur l’évolution de la contamination de l’eau souterraine. L’échelle logarithmique masque les évolutions.

Partout de l’eau contaminée

Deux cuves qui contenaient de l’eau de pluie contaminée ont fui. Elles n’étaient pas surveillées régulièrement. Selon TEPCo, de l’eau de pluie non contaminée se serait infiltrée dans ces cuves et les aurait fait déborder. La contamination en bêta total était de 72 000 Bq/L en bêta total et sera passée à 9 800 Bq/L après dilution. La compagnie n’a pas encore estimé le volume qui a fui.
Voir les photos et explications en japonais.

TEPCo a contrôlé l’eau au niveau des forages qu’elle effectue pour y installer le mur gelé souterrain et a trouvé, dans l’un d’entre eux, une contamination en tritium de 3 100 Bq/L en amont des réacteurs.
Les données sont ici en japonais.

La contamination en tritium de l’eau de mer à proximité du point de rejet en mer de l’eau souterraine pompée en amont a légèrement augmenté à 3,6 Bq/L durant le rejet du 2 juin avant de redevenir indétectable par la dilution.
La contamination en tritium de l’eau dans les cuves avant rejet était de 200 à 210 Bq/L le 22 mai. C’était 150 Bq/L auparavant.
Les données sont ici en anglais.

Record du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 1-17 situé non loin du rivage, il y a maintenant 17 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 2 juin).