TEPCo a aspergé le réacteur n°1 de résines supposées fixer les poussières. Elle a mis en ligne des photos et vidéos démonstratives pour montrer l’impact des résines. On dirait un spot publicitaire.
Archives mensuelles : novembre 2014
Retrait complet des combustibles usés
TEPCo annonce avoir retiré tous les 1 331 assemblages de combustibles usés de la piscine du réacteur n°4. Une belle prouesse. Ces assemblages, de 22 crayons chacun, sont provisoirement mis dans une piscine au niveau du sol, qui est plus stable.
En revanche, la compagnie reste discrète sur les 180 assemblages neufs qui restent car trois sont endommagés, depuis bien avant la catastrophe. Ces derniers seront transportés dans la piscine du réacteur n°6.
Pour les autres réacteurs, ce sera plus complexe car les être humains ne peuvent pas pénétrer à cause des débits de dose trop élevés.
Consultation de l’assemblée régionale de Kagoshima
L’assemblée régionale de Kagoshima, réunie en cession extraordinaire, a débattu du redémarrage de la centrale de Sendaï. Le gouverneur a demandé aux membres de faire part de leur avis pour l’aider à prendre sa décision, alors qu’elle est déjà prise. Le vote, sans surprise, aura lieu vendredi 7 novembre. Le théâtre continue…
Risque volcanique mal estimé
Le risque volcanique continue de faire débat à propos de la centrale de Sendaï. En cas de risque, l’exploitant prévoit de retirer tout le combustible pour le mettre à l’abri. Mais la NRA vient d’estimer que cela prendrait 3 mois et qu’il faudrait donc prévoir l’éruption trois mois à l’avance… Ce qui est impossible. Chaque fois qu’il y aura suspicion, l’exploitant va arrêter sa centrale et retirer tout le combustible ?
La NRA ne sait encore comment ni où ce combustible serait transporté.
Un groupe de travail de la société japonaise de vulcanologie propose à la NRA de revoir ses critères de sûreté nucléaire face au risque d’éruption volcanique qui est peu prédictible.
Loi déchets adoptée par la chambre basse
La chambre basse du parlement japonais a adopté la loi sur le stockage des déchets radioactifs issus de la décontamination à Fukushima. Pour rappel, cette loi prévoit un entreposage de 30 ans maximum à Fukushima avec un stockage définitif en dehors de la province. Elle prévoit aussi la mise au point de technologies pour réduire les volumes gigantesques, de l’ordre de 25 à 30 millions de m3. Elle charge aussi une compagnie d’Etat, en charge du stockage des PCB, de trouver une solution de stockage définitif.
La loi doit encore passer à la chambre haute pour être validée, mais ce n’est pas parce que la loi est adoptée qu’elle sera effective. Trouver un nouveau site n’est pas facile et déplacer un tel volume, non plus. Il est peu probable que le gouvernement puisse tenir ses engagements.
Les maires demandent voix au chapitre
L’Asahi a interrogé 155 maires et gouverneurs ayant une centrale nucléaire sur leur territoire ou à moins de 30 km. 69 d’entre eux, ou 45%, demandent à ce que toutes ces communes et provinces soient consultées sur le redémarrage de la centrale en question. En restreignant aux 123 maires et gouverneurs qui n’hébergent pas la centrale, mais sont à moins de 30 km, ce nombre est de 66, ou 54%. Cela signifie qu’il n’y a que 3 maires ou gouverneurs qui hébergent une centrale qui sont d’accord de consulter leurs voisins ! Et encore, il y a parmi ces trois là, le maire de Tomioka dans la province de Fukushima où il n’y aura pas de redémarrage de la centrale de Fukushima daï-ni. Les deux autres sont le gouverneur de Shizuoka et le maire de Tôkaï (Ibaraki).
Les autres doivent craindre que cela retarde le processus et menace leurs finances…
Parmi toutes les personnes interrogées, 60, ou 39%, demandent au gouvernement de clarifier le processus de consultation et décision. Sur les 12 qui sont contre, il y a 9 maires ou gouverneurs qui hébergent une centrale…
Incinérateur de déchets à Fukushima daï-ichi
D’après le Maïnichi, les travailleurs à la centrale accidentée revêtent des combinaisons protectrices qui deviennent des déchets radioactifs. Et comme ils sont presque 6 000 par jour sur le site, cela s’accumule vite. Il y en aurait 33 300 m3 et cela augmenterait à raison de 1 000 m3 par mois. Sur l’équipement complet d’un travailleur, seuls les chaussures et masques sont réutilisés après nettoyage. Tout le reste, à savoir les combinaisons, les gants en trois épaisseurs, chaussettes en deux épaisseurs… sont à usage unique.
TEPCo veut construire un incinérateur sur place pour traiter ce problème, qui ne devrait pas être mis en service avant un an avec près de six mois de retard. Et encore, cette installation ne devrait pouvoir incinérer que 960 m3 par mois si l’on en croit la présentation faite à la NRA. Et le nombre de travailleurs devrait encore augmenter.
Il s’agit là d’un exemple illustratif du problème des déchets générés par le démantèlement des réacteurs accidentés pour lesquels la compagnie n’a aucune solution à proposer.
Publication en anglais du rapport de la NRA
La NRA a mis en ligne une traduction en anglais de son rapport sur l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi. Il fait 137 pages.
Kurion prétend pouvoir retirer le tritium
L’entreprise américaine Kurion, engagée par le gouvernement japonais pour trouver un moyen de séparer le tritium, hydrogène radioactif, de l’eau contaminée à Fukushima – un travail à un milliard de yens – a publié un communiqué triomphant : non seulement, la compagnie prétend pouvoir séparer le tritium, mais elle va aussi générer du dihydrogène qui pourrait être utilisé comme combustible dans les piles à hydrogène.
Il y a déjà 400 000 m3 d’eau contaminée à traiter et Kurion prévoit d’en traiter le double. Elle prévoit aussi de produire 90 000 tonnes de dihydrogène.
La compagnie prétend pouvoir adapter la performance du système au niveau requis par la demande sociétale, en restant discrète sur le coût et l’énergie consommée, et le devenir du tritium séparé.
Exercice de crise qui tourne mal
Le Japon a effectué un exercice de crise à la centrale de Shika (Ishikawa), en supposant qu’un séisme a coupé l’alimentation électrique et que le refroidissement de la centrale a dû s’arrêter. Un exercice d’évacuation de quelques personnes a été fait. Les autorités régionales prévoyaient d’évacuer certains habitants par la mer, mais le mauvais temps ne l’a pas permis et il n’y avait pas de moyens de substitution. Il y a eu aussi des problèmes de visio-conférence, sans le son qui passe.
(L’Allemagne a aussi fait un exercice de crise nucléaire qui a tourné au désastre et elle l’a tenu secret…)