Alors que tout le monde attend l’avis de la NRA à propos de la demande de redémarrage de la centrale de Sendaï (Kagoshima), l’Asahi rappelle que le gouvernement a demandé la mise en place de centres de crise protégés, situés au-delà de 5 km, pour gérer la protection des populations en cas d’accident nucléaire. Il faut en prévoir plusieurs au cas où l’un serait défaillant ou inutilisable, comme ce fut le cas lors de la catastrophe de Fukushima. La date limite est septembre 2015.
La province de Kagoshima n’est pas prête et la construction de ces centres est en retard. Le premier centre de crise avec système de filtration de l’air entrant et générateur électrique de secours ne devrait être terminé qu’en mars 2015. La construction d’un deuxième centre ne devrait pas commencer avant octobre. La centrale nucléaire de Sendaï va-t-elle démarrer avant ? Si la NRA donne son feu vert, comme la presse le suppose, l’exploitant, Kyûshû Electric, prévoit un redémarrage cet automne.
Archives mensuelles : juillet 2014
Le mur de glace ne prend pas
TEPCo essaye toujours de bloquer l’écoulement d’eau contaminée dans une galerie souterraine en la gelant. Un essai est mené entre les réacteurs 2 et 3 depuis avril dernier. Mais la glace n’a toujours pas pris malgré les 17 tuyaux réfrigérant installés. TEPCo prévoyait que la tranchée soit gelée à partir de juin pour pouvoir pomper l’eau à partir de juillet. Ce ne sera pas possible.
La galerie fait environ 5 m sur 5 m et est à 22 m de profondeur. TEPCo reste optimiste, mais la NRA précise que s’il n’est pas possible de geler ces nombreuses galeries souterraines, il n’est pas question de parler de mur étanche tout autour des réacteurs accidentés. Elle presse donc TEPCo de trouver des solutions d’ici la fin du mois.
Voir des explications en japonais.
Records du jour
Coût de la remise aux normes
Le coût des travaux d’amélioration de la sûreté du parc nucléaire japonais s’élève à 2 200 milliards de yens (16 milliards d’euros). Et ce n’est pas fini. D’autres mesures de protection sont encore nécessaires. C’est beaucoup plus que ce qui avait été estimé par les exploitants du nucléaire. Pour Chubu Electric et sa centrale de Hamaoka, l’estimation des coûts a doublé en un an : elle est passée de 150 à 300 milliards de yens.
Plainte pour arrêter le chantier de la centrale d’Ôma
La commune de Hakodaté (Hokkaïdô) a porté plainte pour arrêter la reprise du chantier de construction de la centrale nucléaire d’Ôma (Aomori). Le chantier a débuté en 2008 et a été suspendu en 2011 pour reprendre en octobre 2012. En cas d’accident, l’avenir de la commune serait menacé. Ce nouveau type de réacteur devrait utiliser du combustible MOx qui pourrait augmenter la gravité des conséquences.
La première audience a eu lieu. Le propriétaire et l’Etat ont déclaré que la commune ne pouvait légalement pas demander la suspension du chantier. Cela va rassurer les riverains…
Des évacués veulent pouvoir refaire leur vie ailleurs
Les habitants du district de Nogami de la commune d’Ôkuma, situé à 8 km de la centrale accidentée, veulent une meilleure indemnisation de TEPCo pour pouvoir refaire leur vie ailleurs. Ils prétendent n’avoir pas d’autre choix car ils ne pourront jamais rentrer chez eux à cause de la forte contamination et du projet de centre de stockage de déchets radioactifs.
L’argent reçu pour le moment ne permet pas de se réinstaller ailleurs. Ces habitants demandent à leur commune de les soutenir dans leur démarche.
Panneaux solaires sur les centres de recherche en physique nucléaire
Demande d’autorisation de redémarrage pour Tôkaï
Le réacteur nucléaire de Tôkaï (Ibaraki) est dans la liste de ceux qui ne pourront probablement jamais redémarrer car il est trop vieux. Ses câbles électriques sont inflammables. Il y a aussi presque 1 million d’habitants dans un rayon de 30 km à évacuer en cas d’accident.
Mais l’exploitant, la Japan Atomic Power Co. (JAPC), qui risque de perdre son autre centrale à Tsuruga (Fukui) car elle est sur une faille jugée sismique par la NRA, s’acharne et a déposé une demande de redémarrage pour celle de Tôkaï.
Il a organisé une première réunion publique dans le quartier de Shirakata à Tôkaï-mura pour expliquer les mesures de sûreté supplémentaires. Il y avait une vingtaine de participants ! Des réunions seront organisées dans les 30 quartiers de Tôkaï-mura d’ici la fin août.
Controverses à propos du nouveau commissaire à la sûreté
L’Asahi a découvert que le nouveau commissaire de l’autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA, dont la nomination est controversée, a touché des fonds de l’industrie nucléaire jusqu’en juin 2014. Satoru Tanaka a été nommé en mai dernier et doit prendre ses fonctions en septembre prochain. Il est actuellement professeur en ingénierie nucléaire à l’université de Tôkyô.
Le quotidien a obtenu des documents officiels de l’université grâce à la loi d’accès aux documents publics où il apparaît qu’il a reçu des fonds de Japan Nuclear Fuel Ltd., exploitant de l’usine de retraitement qui n’a jamais fonctionné, et de Mitsubishi FBR Systems Inc., qui développe un surgénérateur, où il siégeait comme conseiller depuis juillet 2007 jusqu’à juin 2014.
L’usine de retraitement, construite par AREVA, est terminée depuis longtemps mais l’atelier de vitrification n’a jamais fonctionné. S. Tanaka présidait le groupe d’évaluation de la technologie de vitrification de l’exploitant de mai 2009 à mars 2014.
L’Asahi ne sait pas combien S. Tanaka a reçu de ces deux industriels du nucléaire car les chiffres étaient noircis dans les documents reçus. Les deux compagnies ont refusé de répondre. S. Tanaka n’a pas mentionné cet argent sans sa déclaration d’intérêt soumise à la NRA et a aussi refusé de répondre au quotidien. Si cela dépasse 500 000 yens par an (3 600 euros), il ne peut pas être commissaire à la NRA.
A la NRA, il devra prendre des décisions concernant ces deux compagnies.
Pour rappel, sa nomination a été très controversée car il est au cœur du village nucléaire : il a été président de la Société pour l’Energie Atomique du Japon et directeur du Japan Atomic Industrial Forum. Il a aussi défendu l’énergie nucléaire après la catastrophe de Fukushima. Il a reçu jusqu’à 5,1 millions de yens (37 000 euros) de l’industrie nucléaire entre 2006 et 2011 pour ses recherches. Il a aussi touché 500 000 yens d’une fondation liée à TEPCo en 2011.
Le précédent gouvernement, dirigé alors par l’opposition, avait défini des règles strictes pour nommer les commissaires de la NRA : ils ne devaient pas avoir travaillé pour l’industrie nucléaire pendant les 3 années précédent leur nomination. Mais l’actuel ministre de l’environnement a déclaré qu’il ne suivait pas les règles définies par l’opposition et qu’il n’avait pas l’intention de définir de nouvelles règles. C’est donc le retour du clientélisme qui a conduit à la catastrophe…
Feu vert attendu pour la centrale de Sendaï
Le Maïnichi croit savoir que, le 9 juillet, la NRA donnera son feu vert au redémarrage de deux réacteurs de la centrale de Sendaï (Kagoshima) exploitée par Kyûshû Electric. Il y aura ensuite une consultation du public d’un mois. L’exploitant doit aussi obtenir le feu vert des élus locaux, ceux dont la commune qui touche de l’argent de la centrale. Les réacteurs pourraient donc redémarrer à l’automne. Le plan d’évacuation des habitants dans un rayon de 30 km n’est pas opérationnel, mais il n’est pas évalué par la NRA et n’empêchera pas le redémarrage.