Retour et limite de dose

Le gouvernement japonais s’est fixé comme objectif à long terme de décontaminer de façon à ce que l’exposition annuelle soit inférieure à 1 mSv/an. Il n’a jamais donné de calendrier et, pour la politique de retour actuelle, il s’accroche au 20 mSv/an.
Cet objectif est traduit par un débit de dose de 0,23 microsievert par heure. Pour faire ce calcul, il est supposé que les personnes passent 8h par jour à l’extérieur et 16h à l’intérieur où le débit de dose est 60% plus faible qu’à l’extérieur. Le bruit de fond naturel de 0,04 microsievert/h est ensuite ajouté.
Selon le blog ex-skf, le ministère de l’environnement serait en discussion avec les communes pour revoir cet objectif qui est difficilement atteignable. Un seuil 2 fois plus élevé serait choisi, avec un débit de dose entre 0,4 et 0,6 microsievert/h.
Pour justifier ce choix, les autorités estiment que le calcul précédent est trop pénalisant : peu de gens restent 8 heures par jour à l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments en béton, le débit de dose est réduit de 80, voire 90%.
Rappelons que cette limite de 1 mSv/an n’est pas une limite d’innocuité, mais une limite à ne pas dépasser en prenant compte de toutes les sources d’exposition possibles.

Erreur dans l’inventaire plutonium

Dans son bilan annuel à l’AIEA pour les années 2012 et 2013, le Japon a oublié de déclarer 640 kg de plutonium. Ce plutonium est sous la forme de combustible MOX dans le réacteur n°3 de la centrale de Genkaï (Saga) à Kyûshû. Il a été chargé en mars 2011, mais le réacteur n’a pas fonctionné depuis à cause de la catastrophe de Fukushima. Il a été retiré deux ans plus tard sans être irradié et est actuellement dans la piscine de combustible. Il doit donc être déclaré à l’AIEA, ce que n’a pas fait le Japon.
C’est Kakujoho.net qui a découvert l’erreur.

Village nucléaire : mutations

Satoru Tanaka, membre du village nucléaire japonais, vient d’être nommé parmi les 5 sages de la NRA. Il a été président de la Société pour l’énergie nucléaire japonaise et du Forum de l’industrie nucléaire.
Un des cours qu’il donnait à l’université de Tôkyô a été sponsorisé par TEPCo. 120 millions de yens (860 000 euros) ont été versés sur 4 ans et l’université en a rendu 20,36 millions non utilisés. Le cours s’est arrêté en septembre 2011.

Le gouvernement a décidé de changer le président de la NUMO (l’ANDRA japonaise) deux ans avant la fin de son mandat pour accélérer le processus de sélection de site d’enfouissement pour les déchets de haute activité à vie longue.

Fuite et records

Suite de la fuite des deux cuves d’eau de pluie très contaminée : TEPCo estime que 3,4 m3 auraient pu fuir au-delà de la zone de rétention qui entoure les cuves.
Il n’y a eu aucun contrôle de la zone depuis mars dernier… et la vanne d’écoulement était en position ouverte, comme avant le scandale de l’été 2013. Cela n’a surpris personne qu’il ne fallait pas pomper l’eau de pluie dans cette zone.
Il y a d’autres zones qui ne sont pas contrôlées. TEPCo va le faire.

Records du jour de la contamination de l’eau :
–    dans le puits de contrôle 2-8, la contamination bêta total atteint maintenant 4 300 Bq/L (prélèvement du 4 juin 2014).
–    dans le puits de contrôle 1-8, la contamination en tritium est maintenant de 33 000 Bq/L et celle en bêta total du puits de contrôle 1-17 est de 25 000 Bq/L (prélèvements des 2 et 5 juin 2014).
–    la contamination en tritium de l’eau de mer prélevée le long du rivage bat aussi deux records avec 2 600 et 3 200 Bq/L (prélèvements des 2 et 3 juin 2014).

Témoignages cachés de la commission d’enquête

Les révélations du Asahi basées sur le témoignage de l’ancien directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi continuent de faire des vagues. La commission d’enquête gouvernementale a interrogé 722 personnes dont le verbatim n’a jamais été rendu public. Même leur identité n’est pas connue. Il y a 1 479 heures d’enregistrement.
Un groupe d’actionnaires de TEPCo et d’autres personnes ont annoncé une action légale pour obtenir ces documents et est prêt à mener une action en justice pour obtenir gain de cause. Le gouvernement s’est alors engagé à les publier si les personnes interrogées donnent leur accord. Il a 30 jours pour répondre, une fois la demande officielle déposée.
Cependant, le gouvernement se garde le droit de retenir certains passages s’ils concernent des tiers ou la sécurité de la nation.
Dans l’interview consultée par l’Asahi, l’ancien directeur, maintenant décédé, donne son accord à la publication.
Ce même groupe d’actionnaires envisage aussi une action en justice contre TEPCo pour clarifier les responsabilités des dirigeants dans la catastrophe.

L’Asahi a interrogé 72 hommes politiques. 11 d’entre eux ont reconnu avoir été interrogés par la commission d’enquête gouvernementale et 10 ont donné leur accord à la publication de leur témoignage. Parmi eux, il y a Naoto Kan, premier ministre durant les premiers mois de la catastrophe. Yukio Edano, le chef de cabinet de l’époque aussi.
En revanche, le gouvernement ne semble toujours pas disposé à rendre public le témoignage de Masao Yoshida, qui était alors directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi.

Fuite dans les cuves et records

Retour sur la fuite découverte la veille dans deux cuves d’eau de pluie contaminée. 4 m3 de cette eau ont été retrouvés à l’intérieur des petits murets construits pour retenir les fuites. Mais TEPCo a découvert qu’une vanne d’évacuation avait été laissée ouverte et que, par conséquent, de l’eau contaminée est sortie.
La compagnie est en train d’étudier la contamination des sols aux alentours.

Records du jour dans la contamination de l’eau de mer :
– le long du littoral, près de la prise d’eau des réacteurs 1 et 2, il y a maintenant 2 900 Bq/L en tritium et 1 200 Bq/L en bêta total (prélèvements des 1er et 3 juin).

Fuite dans le réacteur n°1 : précisions

Des informations sont maintenant disponibles en anglais sur le site de TEPCo à propos d’une fuite de l’enceinte de confinement du réacteur n°1 découverte par un robot. Le débit serait compris entre 0,75 et 1,5 m3/h. C’est assez important. En colmatant cette fuite, la compagnie espère diminuer les écoulements d’eau contaminée vers les sous-sols, puis l’environnement. Mais les débits de dose sur place interdisent toute intervention humaine.
Voir le communiqué de presse et les explications.

Partout de l’eau contaminée

Deux cuves qui contenaient de l’eau de pluie contaminée ont fui. Elles n’étaient pas surveillées régulièrement. Selon TEPCo, de l’eau de pluie non contaminée se serait infiltrée dans ces cuves et les aurait fait déborder. La contamination en bêta total était de 72 000 Bq/L en bêta total et sera passée à 9 800 Bq/L après dilution. La compagnie n’a pas encore estimé le volume qui a fui.
Voir les photos et explications en japonais.

TEPCo a contrôlé l’eau au niveau des forages qu’elle effectue pour y installer le mur gelé souterrain et a trouvé, dans l’un d’entre eux, une contamination en tritium de 3 100 Bq/L en amont des réacteurs.
Les données sont ici en japonais.

La contamination en tritium de l’eau de mer à proximité du point de rejet en mer de l’eau souterraine pompée en amont a légèrement augmenté à 3,6 Bq/L durant le rejet du 2 juin avant de redevenir indétectable par la dilution.
La contamination en tritium de l’eau dans les cuves avant rejet était de 200 à 210 Bq/L le 22 mai. C’était 150 Bq/L auparavant.
Les données sont ici en anglais.

Record du jour de la contamination de l’eau souterraine :
–    dans le puits de contrôle 1-17 situé non loin du rivage, il y a maintenant 17 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 2 juin).

Qui paye en cas d’accident ?

Le Japon veut réviser sa loi sur la responsabilité financière en cas d’accident nucléaire. Actuellement, la loi stipule que tout doit être payé par l’exploitant. Dans les faits, TEPCo aurait été en faillite et dans l’impossibilité de payer si le gouvernement ne l’avait pas racheté. Par ailleurs, en décidant de la politique énergétique du pays, le gouvernement porte une part de responsabilité.
Une commission va donc être mise en place pour faire des propositions de révision de la loi. Elle devra aussi étudier l’intérêt de rejoindre les conventions internationales à ce propos.

Où sont les inspecteurs en cas d’accident ?

L’Asahi revient sur un autre épisode trouble des premières heures de la catastrophe à partir du témoignage de Masao Yoshida, l’ancien directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi.
Les inspecteurs de la NISA, l’ancienne autorité de sûreté, ont quitté la centrale dans les premières heures de l’accident. Ils se sont réfugiés dans le PC de crise situé à 5 km, qui a dû être évacué dans la ville de Fukushima, à 50 km, car il n’était pas adapté.
Les autorités n’avaient donc aucun relai sur place pour obtenir des informations et dépendaient entièrement de TEPCo. Les relations n’étaient pas bonnes, voire tendues, ce qui est inévitable lors d’un accident de cette ampleur.
La nouvelle loi japonaise requiert que des inspecteurs de la NRA, la nouvelle autorité, restent dans la salle de contrôle décentrée en cas d’accident. Mais combien de temps ? Rien n’est dit. La limite de dose pour les fonctionnaires en cas d’accident est de 100 mSv. Elle était de 250 mSv pour les travailleurs, jusqu’à décembre 2011.