Transport du premier container de la piscine n°4

TEPCo a transporté le container de transport chargé de 22 assemblages de combustible neuf de la piscine du réacteur n°4 vers la piscine commune. Elle a mis en ligne des photos et une vidéo.
Les médias ont aussi envoyé des hélicoptères pour couvrir l’évènement, ce qui n’a pas été du goût de TEPCo qui a protesté pour des raisons de sécurité.
Cette opération devra être répétée 70 fois environ.

Arrêt définitif et espoir de redémarrage

TEPCo a finalement décidé de demander l’arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de sa centrale de Fukushima daï-ichi, conformément à la demande du premier ministre. Ces deux réacteurs, arrêtés et partiellement déchargés le 11 mars 2011, ont pu être sauvé grâce à un générateur diesel. Comme ils ont aussi été noyés par le tsunami, il s’agit d’une sage décision. La décision officielle devrait être prise en décembre prochain.
Ces deux réacteurs vont aussi servir de centre d’entraînement au démantèlement avant de s’attaquer aux réacteurs où le cœur a fondu.

TEPCo prévoit maintenant le redémarrage de ses réacteurs 6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa en juillet 2014. Elle est encore bien optimiste… mais cela lui permettrait d’afficher un résultat bénéficiaire supposé rassurer les banques. Si le démarrage n’a lieu qu’en janvier 2015, l’année prochaine sera encore déficitaire.

Témoignage de Happy

“Happy” est le pseudonyme d’un intervenant sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi qui twitte régulièrement et a 87 000 abonnés. Cela presque 20 ans qu’il travaille dans le nucléaire et est à Fukushima depuis le début de la catastrophe. Il a écrit un livre sur les 700 premiers jours et a répondu à une interview du Asahi. Les chefs d’équipe ne se rendent presque plus sur le site de la centrale car ils ont presque atteint la limite de dose. Ils donnent donc des instructions aux équipes, mais sont de plus en plus coupés de la réalité, ce qui complique les tâches et entraîne des erreurs.
Il confirme aussi que TEPCo cherche à diminuer les coûts et choisit l’option la moins chère. Au tout début de la catastrophe, TEPCo ne se préoccupait pas du coût. Puis, une fois l’arrêt à froid déclaré, en décembre 2011, le siège à Tôkyô est devenu plus regardant sur les prix.

Déchargement de la piscine n°4

Le chargement du container de transport de combustible dans la piscine du réacteur n°4, se poursuit. TEPCo a fini de le remplir de ses 22 assemblages neufs vers 18h30. Il n’y a eu aucun incident.
Il faut environ 40 minutes pour déplacer un assemblage. Les équipes de 6 personnes ne restent pas plus de 2 heures à cause de la radioactivité et des conditions de travail difficiles. Ils ont trois paires de gants, un masque intégral… ce qui complique chaque geste. Le débit de dose au bord de la piscine est de l’ordre de 0,4 mSv/h. Deux membres de l’équipe manipulent le pont roulant qui soulève les assemblages, deux les caméras qui sont dans la piscine. Leur équipement rend les communications difficiles.

Début du retrait des combustibles la piscine n°4

TEPCo a commencé le retrait de combustibles de la piscine du réacteur n°4 et a mis des photos en ligne, avec une chronologie détaillée (en japonais et en anglais). On voit des êtres humains à côté de la piscine en train de surveiller les opérations. Ce ne sera pas possible pour les autres réacteurs car le débit de dose y est trop élevé. Une vidéo est aussi disponible ici.
TEPCo a plongé un container de transport de combustible dans la piscine. Il sera chargé de 22 assemblages, fermé hermétiquement, décontaminé, puis transporté par camion vers la piscine de combustibles commune située à proximité au niveau du sol où le container sera déchargé. Quatre assemblages neufs, qui ne dégagent pas de chaleur et sont peu radioactifs, ont été mis dans le container lors de cette première journée. Ce sera le cas pour tous les assemblages de ce premier transport qui devait prendre une semaine. TEPCo a deux containers et va en charger un pendant qu’elle décharge l’autre.
Elle espère avoir vidé la piscine d’ici la fin 2014.
Pour la compagnie, qui a fortement médiatisé l’évènement, il s’agit d’une étape importante dans le démantèlement. Voir son communiqué de presse en anglais. Pour le réacteur n°4, à l’arrêt et complètement vidé au moment de l’accident, le démantèlement est possible. En revanche, pour les réacteurs 1 à 3, où il y a eu fusion du cœur, la tâche est beaucoup plus complexe. Et dans tous les cas, le Japon n’a aucune solution à proposer pour les déchets engendrés par ces opérations. C’est déjà le cas pour les réacteurs non accidentés en cours de démantèlement. A Tôkaï-mura (Ibaraki), Japan Atomic Power Co. a, encore une fois, reporté le début des travaux de démantèlement, faute de solution pour les déchets. Le réacteur en question, mis en service en 1966 et arrêté en 1998, est le premier réacteur commercial à devoir être démantelé. Les travaux auraient dû commencer en 2011.
Le pays n’a pas plus de solution à proposer pour les combustibles usés ou les combustibles fondus, ainsi que les déchets de haute activité à vie longue. Les combustibles usés de la piscine commune de la centrale de Fukushima daï-ichi vont rester là pendant longtemps.

Piscines des réacteurs : assemblages endommagés

TEPCo a finalement reconnu que 80 assemblages de combustible étaient endommagés avant la catastrophe, dont 70 dans la seule piscine du réacteur n°1. Cela représente près du quart des 292 assemblages ! Il y en a aussi 3 dans la piscine du réacteur n°2 et 4 dans celle du 3, et 3 dans celle du 4. TEPCo ne sait pas encore comment elle va les retirer.
Le réacteur n°1 de Fukushima daï-ichi est le plus ancien de la compagnie. Au début la qualité des assemblages laissait à désirer. Cela s’est amélioré par la suite.