Outre les zones d’évacuation, les autorités japonaises ont évacué des points chauds où l’exposition externe dépassait 20 mSv/an. Cela s’est fait jusqu’en septembre 2011 et la décision était prise maison par maison à la fin. Les habitants pouvaient choisir entre une évacuation avec indemnisation ou rester.
Depuis, ces points chauds ont été décontaminés et le conseil à l’évacuation levé. La dernière recommandation à évacuer un de ces points chauds devrait être levée le 28 décembre à Minami-Sôma. Elle concerne 152 foyers à une vingtaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi.
Le gouvernement voulait lever cette recommandation en octobre dernier, mais les habitants s’y sont opposés car ils considéraient qu’il n’était pas encore sûr d’y habiter. Mais les autorités auraient depuis obtenu l’accord des autorités locales. Tous les habitants ne sont pas convaincus et réclament une meilleure décontamination. L’indemnisation va continuer jusqu’en mars 2015.
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Décontamination des résidences secondaires
A Nasu, dans la province de Tochigi, où il y a de nombreuses résidences secondaires, les travaux de décontamination n’avancent pas car il est impossible de joindre de nombreux propriétaires. Selon le Maïnichi, seulement 3 361 maisons sur près de 20 000 ont été décontaminées au 4 novembre dernier. Mais il n’y a pas que cela, puisque 11 000 propriétaires ont donné leur accord. Une petite partie a refusé et 3 600 environ n’ont pas répondu. Certaines propriétés sont aussi abandonnées suite à un héritage et sont entrées en décrépitude.
Le problème ce sont les déchets. Ils sont actuellement laissés sur chaque propriété. Les autorités locales peuvent décontaminer une maison de vacances en cas de non réponse du propriétaire, à condition de l’annoncer dans la presse. En revanche, elles n’osent pas y laisser des déchets sans leur consentement. Et comme l’eau de pluie lessive les sols contaminés avant de rejoindre, parfois, les jardins de résidents permanents, ces derniers demandent au gouvernement de faire quelque chose.
Bilan officiel de la décontamination
Voir le dernier bilan officiel des travaux de décontamination effectué par le ministère de l’environnement. C’est en anglais.
De moins en moins d’habitants désirent rentrer
Un sondage effectué auprès des personnes évacuées montrent qu’elles sont de plus en plus nombreuses à ne plus vouloir retourner dans leur village d’origine. C’est trois points de plus à Tomioka et 11 de plus à Namié, pour atteindre environ 50%. Il y a un an, plus de 60% des habitants de Futaba et d’Ôkuma ont déclaré qu’ils ne rentreraient plus.
Le gouvernement a levé l’ordre d’évacuer d’une partie de Kawauchi le 1er octobre dernier, mais il vient de lancer une décontamination complémentaire dans ce village pour que les populations rentrent. Il avait fait de même dans le district de Miyakoji du village de Tamura.
Bilan de la décontamination
Il y a 104 communes non évacuées où des travaux de décontamination doivent être effectués car l’exposition externe peut y dépasser le millisievert par an. Selon le Maïnichi, sur ces 104 communes, 74 ont prévu de décontaminer des habitations. Sur ces 74 communes, à la fin juin 2014, 40 n’avaient pas terminé. Il resterait au moins 311 700 habitations à nettoyer.
Sur ces 40 communes, 29 sont à Fukushima où les habitations à décontaminer sont plus nombreuses : il en resterait 286 002. Les 11 autres communes sont à Tochigi (4), Miyagi (4), Ibaraki (2) et Gunma (1) avec un total de 25 719 habitations.
Les travaux n’ont pas encore commencé à Yamamoto (Miyagi), avec 1 495 habitations, ni à Shinchi (Fukushima) avec 600 habitations.
Il y aurait trois communes qui ne savent toujours combien d’habitation elles doivent décontaminer.
Pour justifier leur retard, les communes mentionnent le manque de zones de stockage des déchets.
Cinq communes ont terminé leurs travaux mais signalent qu’il faudra une deuxième décontamination par endroit, car il y a encore des débits de dose trop élevés, surtout sous les toits.
41 communes sur 70 n’ont pas terminé de décontaminer les rues et routes, ainsi que leurs abords. Il y a aussi des retards importants pour les terrains agricoles et les forêts.
Décontamination : rapport de l’AIEA
L’AIEA a publié un rapport sur la décontamination, à Tchernobyl et à Fukushima.
La partie sur la participation des « parties-prenantes » (la seule que j’ai lue) est significative de la façon dont est perçu le public. Le seul but de cette participation est de « gagner la confiance du public » et pas de proposer de meilleures solutions, comme on aurait pu le penser. Les experts sont donc infaillibles. Il est aussi beaucoup question de « communication », mais jamais de prise en compte de l’opinion du public. Il y est dit, page 10, par exemple, que TEPCo communique de façon « ouverte et transparente ». Cela fait deux mois qu’elle n’a pas publié en anglais les données sur doses prises par les travailleurs.
Bref, les experts de l’AIEA ont, une fois de plus, montré qu’ils n’avaient rien compris au problème et qu’ils ne connaissent même pas la convention d’Aarhus.
Vidéos IRSN
L’IRSN a mis en ligne les vidéos d’un colloque interne sur la « récupération des territoires contaminés ». L’Institut vante toujours son ouverture à la société civile mais ne l’invite jamais quand il s’agit de sujets l’intéressant directement.
Budget pour la décontamination
Le ministère de l’environnement va demander un budget de 300 milliards de yens dédié à la décontamination pour l’année fiscale 2015. C’est plus que les 258 milliards de yens de l’année 2014. Il va aussi demander 150 milliards de yens pour les centres de stockage et d’entreposage des déchets radioactifs liés à la catastrophe. C’est autant qu’en 2014. Et puis, il y a les aides aux autorités locales pour qu’elles acceptent.
Réunion publique pour le retour à Kawauchi
Le gouvernement a organisé une réunion publique, dimanche, avec les habitants de Kawauchi à propos de la levée de l’ordre d’évacuer. 80 personnes étaient présentes en plus des émissaires. La dernière fois, le gouvernement avait proposé de lever l’ordre d’évacuation le 26 juillet dernier, mais les habitants s’y étaient opposés. Cette fois-ci, il a mieux préparé la réunion avec l’aide du maire et a proposé une deuxième décontamination des points les plus chauds et la réparation des routes. Tout devrait être fini d’ici septembre et l’ordre d’évacuer pourrait être levé à partir du 1er octobre 2014. Le gouvernement a proposé deux dates : le 26 août, qui correspond à la fin de la première période de retour temporaire qui a commencé le 26 avril, et 1er octobre.
Comme toujours, c’est le droit à choisir son lieu de résidence, garanti par la constitution, qui est mis en avant par le gouvernement. Et donc, si les zones en question ne posent pas de problème pour la santé, l’ordre d’évacuation doit être levé. Mais la limite de dose déterminée par le gouvernement pour le retour reste élevée. Et le droit à la santé doit concerner chaque individu, pas un individu moyen.
275 habitants répartis dans 139 foyers sont concernés. Ils habitaient dans la partie Est de la commune, qui est à moins de 20 km de la centrale.
Le maire a donné son accord, sous le prétexte qu’est autorisé à rentrer ne signifie pas être obligé à rentrer. Mais le sujet divise toujours les habitants. La majorité d’entre eux a exprimé fortement son opposition, mettant en avant le fait que la contamination est encore élevée. Par ailleurs, l’indemnisation de TEPCo qui va s’arrêter au bout d’un an, est aussi un sujet d’inquiétude. Comment gagner sa vie à Kawauchi ? Qu’en sera-t-il de la nourriture ? Peut-on cultiver ?
La décision officielle sera prise bientôt. Ce sera alors le deuxième district où l’ordre d’évacuer est levé. Les habitants étaient déjà autorisés à rentrer chez eux, et même y passer la nuit, pour préparer leur retour. Mais seulement 55 d’entre eux en ont fait la demande à ce jour. le retour ne devrait pas être immédiat.
Par ailleurs, le statut d’un district adjacent va changer de catégorie : de zone de retour difficile, il va passer à zone de préparation au retour. 54 habitants répartis dans 18 foyers sont concernés.
Chantiers pilote de décontamination de la forêt
Des chantiers pilote de décontamination de la forêt vont être lancés dans quatre villages de Fukushima : 30 hectares dans le district de Miyakoji de la commune de Tamura où l’ordre d’évacuer a été levé récemment, 10 hectares dans le district d’Odaka de Minami-Sôma, 30 hectares dans le district de Modo de Kawauchi et 10 hectares dans le district de Nimaibashi à Iitaté. Il s’agit de tester l’efficacité des méthodes tout en limitant l’exposition des travailleurs afin de permettre la reprise des activités de l’industrie forestière et de réduire « l’anxiété » des habitants qui souhaitent rentrer. Pas leur exposition à la radioactivité ? Ce sont des forêts privées situées dans les zones où c’est le gouvernement qui a pris en charge la décontamination.
L’agence des forêts estime le coût à 300 millions de yens (2,2 millions d’euros). Un appel d’offre va être lancé pour débuter en septembre prochain.
Rappelons que la province de Fukushima est couverte à 70% de forêts. Combien va coûter la décontamination des forêts ?