Après les deux décès qui sont survenus en janvier, TEPCo a enquêté sur les circonstances et propose des mesures pour améliorer la sécurité des travailleurs. Elle a décidé de mettre la sûreté prioritaire sur la tenue du calendrier et des inspecteurs vont patrouiller sur les sites afin de vérifier l’implémentation des mesures.
TEPCo avait suspendu la plupart des travaux sur ces trois centrales. Ils ont repris le 26 janvier à Kashiwazaki-Kariwa, le 28 à Fukushima daï-ni et reprennent aujourd’hui à Fukushima daï-ichi où il y a près de 7 000 travailleurs par jour sur le site. Cet arrêt a entraîné un retard de deux semaines à un mois pour toutes les opérations de démantèlement.
Voir le communiqué de TEPCo, une explication sur les circonstances du décès du premier travailleur et du deuxième travailleur, ainsi qu’un résumé des mesures prises pour améliorer la sécurité au travail (tout est en anglais).
Archives mensuelles : février 2015
TEPCo accepte d’indemniser les dommages à propriété dans les « points chauds »
Selon le Maïnichi, TEPCo a finalement accepté d’indemniser partiellement des habitants qui ont dû évacuer car leur maison se trouvait à proximité d’un point chaud. Rappelons qu’après l’évacuation d’urgence dans les premiers jours de la catastrophe, il y a eu une évacuation tardive due aux retombées radioactives suivie par des évacuations ponctuelles près de points chauds qui se sont poursuivies jusqu’en septembre 2011. A la fin, la décision était prise maison par maison avec recommandation à l’évacuation, pas ordre à l’évacuation.
52 personnes réparties dans 10 foyers de Minami-Sôma dont les maisons étaient un district classé « point chaud » ont réclamé une indemnisation au titre des dommages à la propriété. Un autre foyer avec 9 personnes d’un autre district s’est associé à la procédure.
TEPCo a accepté de payer 420 millions de yens (3,1 millions d’euros), ce qui correspond en grande partie à la somme recommandée par la commission ad-hoc chargée des conflits relatifs aux indemnisations. En revanche, TEPCo a refusé d’indemniser le foyer situé dans un autre district où il n’y a pas eu de recommandation à l’évacuation. La compagnie tient à faire la distinction entre les maisons situées près d’un point chaud et les autres. La limite entre les deux cas est assez arbitraire et considérée par beaucoup comme trop élevée. Les plaignants restent solidaires et n’accepteront le paiement qui si tous sont indemnisés.
C’est la première fois qu’une telle demande d’indemnisation est acceptée.
Fin de la consultation du public à propos de Takahama
La NRA avait, en décembre dernier, accepté le dossier de sûreté des réacteurs 3 et 4 de la centrale de Takahama (Fukui). Elle a mis son rapport sur Internet pendant un mois afin de le soumettre à l’avis du public. Elle a reçu 3 600 commentaires environ qu’elle est en train d’examiner. Mais cela ne devrait pas changer sa décision et son avis définitif devrait être rendu la semaine prochaine : le dossier de sûreté est bien recevable.
KEPCo, l’exploitant, n’en a pas fini pour autant. Il lui faut rédiger de nombreux rapports détaillés qui seront instruits, puis faire des travaux etc etc. Elle doit aussi obtenir le feu vert des élus locaux, ce qui ne devrait pas poser de problème.
Le nouveau référentiel de sûreté demande l’installation d’une deuxième salle de contrôle bunkérisée. Pour le moment, KEPCo compte utiliser celle des réacteurs 1 et 2. Mais comme, à terme, elle veut aussi redémarrer ces deux réacteurs, il lui faudra construire de nouvelles salles de contrôle et la NRA devra les inspecter.
Lancement du chantier du centre d’entreposage devant les médias
On le sait, le gouvernement veut installer un centre d’entreposage sur les communes d’Ôkuma et Futaba pour les déchets issus de la décontamination, mais il peine à acheter les terrains. D’un autre côté, les élus qui voient les déchets s’entasser chez eux avec les perspectives d’ouverture du centre reculer s’inquiètent.
Le gouvernement a donc lancé le chantier d’installation du centre d’entreposage devant la presse pour rassurer. Il s’agit de deux centres d’entreposage temporaire de 20 000 m2 en tout qui pourront accueillir 20 000 m3 de déchets, le temps que le vrai projet avance. Ils seront donc à nouveau transvasés. Rappelons qu’officiellement, pour le vrai projet, de 16 km2, les 20 à 30 millions de mètres cube attendus de déchets ne doivent pas y rester plus de 30 ans… et qu’ils devront à nouveau repartir, sans que personne ne sache où.
Le premier voyage (devant les médias ?) est prévu pour le 11 mars, jour du quatrième anniversaire de la catastrophe.
Le projet coûte 1 100 milliards de yens (8 milliards d’euros) et est pris en charge par le gouvernement. Une carte permettant de le situer est ici en ligne.
Subvention à l’installation à Fukushima
Pour favoriser le retour de l’activité économique à Fukushima, le gouvernement va soutenir les industries qui veulent y déployer une activité de R&D en robotique. Wataru Takeshita, ministre de la reconstruction, a annoncé la création d’une zone économique spéciale avec un prix réduit pour les terrains et une fiscalité moindre.
La loi sur la reconstruction va être révisée en ce sens. Le ministre a aussi annoncé des mesures pour réduire l’anxiété des habitants vis à vis des radiations ( ???) et une chasse aux sangliers qui endommagent les maisons abandonnées…
Saignements de nez
Le Mangaka Tetsu Kariya, auteur de la série Oïshimbo (gourmet) avait fait scandale en suggérant que l’exposition aux rayonnements pouvait provoquer des saignements de nez. Rumeurs néfastes avaient crié les autorités ! La série a été suspendue, puis lors de la réédition sous forme de recueil, l’auteur avait ajouté que ce n’était pas prouvé.
Il récidive en expliquant, qu’après une enquête de terrain, il y a bien eu une augmentation du nombre de cas de saignements de nez. Il parle aussi des problèmes des agriculteurs et pêcheurs sans que les personnes rencontrées puisse être identifiées. Et d’ajouter que la reconstruction de la vie des personnes exposées à la catastrophe est plus importante que la reconquête des territoires abandonnés. Il invite ensuite les habitants de Fukushima à se protéger eux-mêmes et à avoir le courage de quitter la région.
Barricade sur l’accès à site pressenti pour les déchets
300 habitants ont barricadé l’accès à un site retenu pour y stocker définitivement des déchets radioactifs dus à la catastrophe à Tochigi, dans la commune de Shioya. Le maire a rappelé son opposition à toute étude de la géologie et dénonce l’attitude du ministère de l’environnement qui veut passer outre. Les représentants du ministère ont dû rebrousser chemin.
KEPCo veut redémarrer ses vieux réacteurs
Kansaï Electric a annoncé vouloir demander une autorisation de redémarrage du réacteur n°3 de sa centrale de Mihama (Fukui) qui a 38 ans. La loi japonaise de juillet 2013 limite à 40 ans l’exploitation des réacteurs nucléaires en laissant, cependant, la possibilité de demander une prolongation jusqu’à 60 ans après des contrôles plus poussés. Cela sous-entend que la compagnie ne demandera pas à redémarrer les réacteurs 1 et 2 de cette centrale qui ont dépassé les 40 ans.
La compagnie veut aussi redémarrer les réacteurs 1 et 2 d’Ôï (Fukui) qui ont respectivement 37 et 36 ans. Pour les 3 et 4 de cette même centrale, la demande a déjà été déposée. Il y a aussi les 1 et 2 de la centrale de Takahama qui ont respectivement 40 et 39 ans et pour lesquels KEPCo espère une autorisation de redémarrage. Enfin, pour les 3 et 4 de cette centrale, le dossier de sûreté a été jugé recevable.
En conclusion, la compagnie qui a 11 réacteurs en tout, a déjà demandé le redémarrage pour 4 d’entre eux, va le demander pour 5 autres et compte donc arrêter définitivement deux réacteurs. Tout devrait devenir officiel avant la fin mars 2015.
Retard dans la mise en place du mur gelé
TEPCo veut geler le sol en amont des réacteurs pour limiter les infiltrations d’eau souterraine. En aval, elle a des problèmes à cause des nombreuses galeries. Cependant, elle ne pourra pas tenir les délais annoncés pour la partie amont, à savoir mars 2015, à cause des mesures de sécurité supplémentaires qu’elle est en train d’installer suite au décès de deux travailleurs.