23 habitants de la province de Kagoshima ont saisi la justice, en mai 2014, pour arrêter le redémarrage des réacteurs de la centrale de Sendaï. S’ils gagnent, le redémarrage sera retardé. Mais s’ils perdent, Kyûshû Electric pourrait leur réclamer des dommages et intérêts suite au retard engendré par la procédure judiciaire. Cela a refroidi certains plaignants et une dizaine auraient retiré leur plainte. Kyûshû Electric a informé la cour qu’un retard coûterait 550 millions de yens (4 millions d’euros) par jour. Et la compagnie de suggérer à la cour de dire aux plaignants de préparer la somme.
Archives mensuelles : janvier 2015
20% d’électricité d’origine nucléaire en 2030 ?
Le gouvernement n’a toujours pas fixé sa politique énergétique. Il envisagerait de fixer la part du nucléaire à 20% en 2013. C’était 28,6% en 2010 et 0% en 2014. La consommation totale a diminué, mais cela signifierait, grosso-modo, le redémarrage des 2/3 du parc nucléaire, ce qui est encore bien optimiste. Rappelons que sur 54 réacteurs en 2010, les 6 de Fukushima daï-ichi sont définitivement arrêtés, les 4 de Fukushima daï-ni devraient suivre et que 5 autres réacteurs devraient être arrêtés définitivement cette année. Cela fait un total de 15 réacteurs arrêtés et il y en aura d’autres. Inversement, une demande de redémarrage n’a été déposée que pour une petite vingtaine de réacteurs et tous n’obtiendront pas un feu vert.
Vers une restructuration de la Japan Atomic Power Company
La Japan Atomic Power Company (JAPCo), une filiale d’autres compagnies d’électricité avait trois réacteurs nucléaires en exploitation en 2010, deux à Tsuruga (Fukui) et un à Tôkaï (Ibaraki). Le réacteur n°1 de Tsuruga va être définitivement arrêté cette année, même si l’annonce n’est pas encore officielle. Le n°2 n’est pas autorisé à redémarrer par la NRA qui considère qu’il est sur une faille sismique active. Quant à celui de Tôkaï, il est trop vieux : ses câbles électriques sont inflammables et il y a presque un million d’habitants dans un rayon de 30 km.
Cette compagnie va perdre tous ses réacteurs et pourrait faire faillite si elle n’était pas soutenue par ses propriétaires. Elle pourrait se restructurer en deux compagnies qui se spécialiseraient dans le démantèlement des réacteurs nucléaires, un marché porteur au Japon. Une s’occuperait des réacteurs à eau bouillante et l’autre de ceux à eau sous pression. JAPCo est la seule à qui exploitait ces deux types de réacteurs. Cela lui permettrait d’avoir des revenus…
C’est TEPCo, le principal actionnaire, qui pousse en ce sens. Le deuxième actionnaire, KEPCo, semble d’accord.
Report des premiers transports de déchets radioactifs
Le gouvernement voulait commencer à transporter les premiers déchets radioactifs issus de la décontamination à Fukushima sur le site où il veut installer un centre d’entreposage centralisé avant la fin janvier. Mais ce ne sera pas possible. Le ministre de l’environnement a dit espérer commencer avant le 11 mars 2015, date du 4ième anniversaire du déclenchement de la catastrophe. Et il demande aux autorités locales d’être patientes et de garder les déchets en attendant car le transport des grandes quantités accumulées va prendre du temps. C’est une preuve de plus que la promesse de reprendre ces déchets au bout de 30 ans n’est pas réaliste.
Il y a 1 37 sites d’entreposage actuellement, dans 53 des 59 communes de Fukushima.
Le Japon rejoint un traité international de compensation en cas d’accident nucléaire
Le Japon a officiellement fait part à l’AIEA de sa volonté de rejoindre un des traités concernant les indemnisation en cas d’accident nucléaire. Il s’agit surtout d’exonérer les compagnies japonaises qui construiraient des réacteurs nucléaires à l’étranger. La convention devrait avoir un nombre suffisant de signataires pour pouvoir prendre effet à partir du 15 avril prochain.
Contamination en tritium de l’eau de mer
L’eau de mer devant la centrale de Fukushima est toujours contaminée au tritium. C’est beaucoup moins que dans la Manche où il y a les rejets des installations nucléaires, mais c’est une signature que les fuites en mer continuent.
Arrêt complet du parc nucléaire
Cela fait exactement 16 mois consécutifs que tout le parc nucléaire japonais est à l’arrêt.
Même si des réacteurs devaient redémarrer, sans que personne ne sache combien, le renforcement de la sûreté va fortement augmenter les coûts d’exploitation. Cette énergie n’est plus compétitive en prenant en compte les coûts réels. Le gouvernement, on l’a déjà signalé, veut reporter les coûts du démantèlement directement sur les consommateurs. Mais l’ouverture complète du marché inquiète les compagnies d’électricité qui craignent ne pas pouvoir faire face à une concurrence nouvelle. Le gouvernement envisage donc de garantir les prix de l’énergie nucléaire, ce qui revient à la subventionner, à l’instar de ce que compte faire le Royaume-Uni pour les nouveaux réacteurs nucléaires.
Les discussions du groupe d’experts ne sont plus transparentes. Les comptes rendus ou l’enregistrement des réunions ne sont plus publics.
Avancement officiel de la décontamination
Le Ministère de l’environnement a mis en ligne, en anglais, un document décrivant l’avancement des travaux de décontamination à Fukushima et dans les autres provinces touchées par la catastrophe nucléaire.
Contamination des aliments en provenance du Japon
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, explique, dans un communiqué, que « les contrôles ont eu lieu dans les points d’entrée désignés (PED) ayant enregistré des importations japonaises, à savoir : Le Havre, Roissy, Marseille et Strasbourg, et ont porté sur 4 141 lots. Les laboratoires du SCL situés au Havre, à Lille, Strasbourg, Bordeaux et Marseille ont procédé à 415 analyses de prélèvements, dont 195 de thés et 189 de produits végétaux non frais.
Aucune non-conformité n’a été décelée, et on note une nette diminution de la contamination des thés par rapport à l’année précédente.
La DGCCRF va poursuivre le contrôle des denrées d’origine japonaise importées sur le territoire français. »
C’est une bonne nouvelle, mais ce serait mieux de donner le détail des résultats de mesure.
Feu vert pour le centre d’entreposage des déchets à Fukushima
Le gouvernement veut installer un centre d’entreposage de 16 km2 sur les communes d’Ôkuma et de Futaba pour les déchets issus de la décontamination à Fukushima. Les déchets n’y resteront pas plus de trente ans, en principe. C’est dans la loi, même si c’est complètement irréaliste car les autorités ne trouveront pas d’autre site et le transport des volumes énormes attendus est très lourd à mettre en œuvre. La commune d’Ôkuma a donné son feu vers en décembre dernier. C’est au tour de la commune de Futaba d’accepter. En revanche, les négociations avec les propriétaires des terrains et le plan pour le transport des déchets prennent beaucoup de retard.
Le gouvernement vient d’affecter un budget de 75,8 milliards de yens (550 millions d’euros) au projet. C’est moins qu’initialement prévu, mais le retard dans l’achat des terrains fait qu’une partie de la somme sera transférée à l’année fiscale 2015 qui commence le 1er avril. La construction du site devrait coûter 70 milliards de yens (plus de 500 millions d’euros) et la recherche 700 millions (plus de 5 millions d’euros).