Monju : le soutien de la France espéré

Le gouvernement japonais, qui ne sait plus quoi faire pour sauver le surgénérateur Monju, fait appel à la France en espérant qu’elle collaborera. S’il arrive à faire valoir un intérêt international, n’est-ce pas la preuve que Monju est utile ? Le pire, c’est que la France pourrait accepter alors que cette filière est sans avenir à cause des risques encourus. Un surgénérateur refroidi au sodium est bien trop dangereux.

Projet de réhabilitation d’Iitaté

Un groupe d’habitants d’Iitaté a présenté un projet de réhabilitation au maire du village : ils veulent reconstruire leur vie dans le district de Fukaya. La demande inclut des logements pour les personnes âgées et prévoit, entre autres, la culture de fleurs, l’installation d’une immense centrale solaire… pour relancer l’économie locale de ce village classé parmi les 100 plus beau du pays.

Bilan à trois ans

A l’approche du 3ième anniversaire, c’est l’heure des bilans. Suite aux trois catastrophes, il y a encore 267 000 réfugiés, dont 100 000 vivent dans des logements préfabriqués. Les autorités régionales de Fukushima recensent encore 136 000 réfugiés dont la vie reste difficile.

15 884 décès et 2 636 disparus : tel est le dernier bilan de la triple catastrophe. Cela fait un total de 18 520 victimes.

33,8% des enfants affectés par les trois catastrophes qui ont frappé le Tôhoku en 2011 souffrent de troubles de stress post-traumatique. L’étude a été menée sur 198 enfants d’Iwaté, Miyagi et Fukushima âgés de 3 à 5 ans en 2011. Une étude comparable a été menée à Mié, loin de la zone. Il n’y avait que 3,7% des enfants qui montraient des troubles de stress post-traumatique.

Cuves et fuites

Suite à la fuite d’un mois sur une cuve durant l’été 2013, TEPCo avait foré plusieurs puits de contrôle de l’eau souterraine en aval. La contamination en tritium du puits E3 vient d’atteindre 3 300 Bq/L, ce qui la plus forte valeur pour ce puits. (Prélèvement du 1er mars 2014). Il y a 24 000 Bq/L dans le puits E10.

Le débordement récent de 100 m3 d’eau contaminée d’une cuve pleine à 98% a conduit la NRA à demander à TEPCo à limiter à 95% le remplissage des cuves pour prévenir d’autres débordements en cas de fort séisme. TEPCo a refusé, mettant en avant le manque de place…

Retards dans la reconstruction

La pénurie de main d’œuvre ralentit toujours les travaux de reconstruction dans les régions frappées par la triple catastrophe. Le manque de matériaux de construction est un autre obstacle. Le gouvernement a aussi créé plus de 20 000 postes pour aider les réfugiés rien qu’à Miyagi.
Cela rejaillit sur d’autres secteurs d’activité : une usine de transformation du poisson qui a repris ses activités à Kesennuma (Miyagi) n’a plus qu’une cinquantaine d’employés alors qu’ils étaient une centaine avant 2011. La construction paye près de 10 000 yens par jour, un gardien d’un village de préfabriqués pour réfugiés, 8 000. Les 6 000 yens par jour proposés par l’usine de transformation du poisson ne sont pas attractifs.
60% des maires des communes affectées par le séisme et le tsunami pensent que les travaux pour les JO de 2020 seront prioritaires et que cela va retarder encore plus la reconstruction. L’Asahi a interrogé 42 maires de villes côtières ou de la zone évacuée de Fukushima. L’agence de presse Kyodo aussi : il sont plus de la moitié à se plaindre des délais. Les maires de Namié et Futaba, communes évacuées à cause de la radioactivité, n’ont vu aucun progrès.
Des chantiers pour les JO ont déjà commencé : il y en a pour 500 milliards de yens (3,6 milliards d’euros). Il faut ajouter 6 000 milliards de yens (43 milliards d’euros) dans des routes et autoroutes. Les JO devraient coûter jusqu’à 20 000 milliards de yens (143 milliards d’euros).
Les prix de la construction augmentent et les pouvoirs publics du Tôhoku ne peuvent plus suivre : Aïzu-Wakamatsu a eu du mal à trouver un constructeur pour loger 2 000 réfugiés d’Ôkuma. Il a dû lancer plusieurs appels d’offre en augmentant les prix de 6% pour pouvoir y arriver. Le prix du béton a augmenté de 45% environ.

Tous les évacués ne sont pas logés à la même enseigne

Les autorités ont classé les territoires évacués en trois zones en fonction de la contamination. Le calendrier de retour n’est pas le même et les indemnités non plus. A Ôkuma et Futaba, les mairies ont obtenu une indemnisation uniforme. Mais ce n’est pas le cas à Tomioka et les réfugiés ne comprennent pas cette différence de traitement. Ceux qui sont originaires d’une zone où la contamination est la plus forte ne pourront pas revenir et ont droit à plus. Mais de nombreux habitants des autres zones ne reviendront pas et veulent bénéficier des mêmes aides, selon le Maïnichi. Le retour ne sera pas possible avant 2017 dans cette commune et les sondages montrent que seulement 12% des habitants veulent rentrer. Ils vont donc tous souffrir longtemps. Pour cette différence de traitement ?
A Hirono, située entre 20 et 30 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, il y a eu ordre de se mettre à l’abri, puis d’évacuer. L’ordre a été levé en septembre 2011 et l’indemnisation a cessé en août 2012. Pourtant, seulement 1 300 personnes sur 5 200 sont rentrées. Les habitants se plaignent de l’arrêt de l’aide alors qu’il est difficile de rentrer sans travail ni services publics.

Réticences au redémarrage

Selon un sondage pour l’agence de presse Kyodo, seulement 37 (24%) des 156 autorités locales situées à moins de 30 km d’une centrale nucléaire donneront leur accord à un redémarrage, même si l’autorité de sûreté donne son feu vert. Parmi elles, 13 le feront sans condition et 24 demanderont des garanties. 66 communes ou provinces (42%) se déclarent incapables de prendre une décision. Enfin 32 y seront opposées, même si la NRA donne son accord.
Sur les 156 entités interrogées en février 2014, il y a 135 communes et 21 provinces.

Pas de coupable

Les procureurs ont décidé de ne poursuivre personne suite au triple accident nucléaire à Fukushima daï-ichi. Etaient visés, Naoto Kan, l’ancien premier ministre au moment de la catastrophe, des membres de la précédente autorité de sûreté ou l’ancien PDG de TEPCo. Il y a eu une manifestation à Tôkyô pour protester contre cette décision.
La rapport d’enquête parlementaire avait conclu à une catastrophe d’origine humaine, mais sans coupable…
Les plaignants ont décidé de faire appel. D’autres plaintes ont été déposées contre TEPCo à propos des indemnisations ou au civil.