Trois ans après la mise en place des nouvelles règles de sûreté nucléaire…

Le 8 juillet a marqué le troisième anniversaire de l’entrée en vigueur des nouvelles règles de sûreté, présentée comme les plus exigeantes au monde. Une demande de redémarrage a été déposée pour 26 réacteurs nucléaires répartis dans 16 centrales. C’est moins de la moitié du parc de 54 réacteurs d’avant la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi en mars 2011. Et tous n’obtiendront pas une autorisation de remise en service. 12 réacteurs ont déjà été arrêtés définitivement, dont les 6 de Fukushima daï-ichi. Les exploitants n’ont pas encore officiellement renoncé aux 16 réacteurs restant.

Pour le moment, le dossier de sûreté de seulement sept réacteurs a été jugé conforme aux nouvelles règles de sûreté, ce qui est une bien piètre performance et seulement deux réacteurs fonctionnent à la centrale de Sendaï (Kagoshima) depuis l’automne dernier. Un troisième pourrait redémarrer cet été à la centrale d’Ikata (Ehimé). Pour deux réacteurs de Takahama (Fukui), une décision de justice a suspendu les opérations de redémarrage.

Les exploitants clament haut et fort que leurs réacteurs sont sûrs, que la sûreté est leur priorité n°1, etc… mais se plaignent par derrière de l’Autorité de régulation nucléaire qui serait trop lente. Mais, comme le rappelle le Maïnichi, de nombreuses voix estiment que la sûreté devrait être encore plus renforcée.

Le tribunal d’Ôtsu, par exemple, qui a suspendu le redémarrage de deux réacteurs de Takahama, a estimé que les défenses n’étaient pas suffisantes en cas d’attaque terroriste. Kunihiko Shimazaki, sismologue et commissaire de l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) jusqu’en septembre 2014, pense qu’il faut revoir les règles de sûreté en ce qui concerne la résistance aux séismes. Il a fait part de son avis en juin dernier, suite aux séismes à Kumamoto. Localement, de nombreux riverains et élus pensent, quant à eux, que les plans d’urgence, qui sont la cinquième barrière de sûreté dans le cadre de la défense en profondeur, ne sont pas à la hauteur. L’Autorité de régulation nucléaire n’a pas à les évaluer. Enfin, une mission récente de l’AIEA avait estimé que cette dernière avait encore de nombreux progrès à faire pour atteindre les standards internationaux.

Par ailleurs, les sondages, comme celui du Maïnichi, montrent qu’une majorité de Japonais sont toujours opposés à l’énergie nucléaire. Seuls 16% estiment cette source d’énergie nécessaire. 50% estiment qu’elle est nécessaire à court terme, mais qu’elle doit être abolie dans l’avenir. Enfin, 31% jugent qu’elle n’est pas nécessaire.

Dans un tel contexte, l’industrie nucléaire japonaise essaye de se développer à l’étranger. Il y a des projets en Turquie et en Grande-Bretagne.