L’Autorité de Régulation Nucléaire demande des garanties sur le recyclage des terres radioactives

La décontamination devrait engendrer 22 millions de mètres cubes de déchets radioactifs après incinération des végétaux. Il s’agit essentiellement de terre contaminées. Voir le dernier bilan mis en ligne par les autorités, page 23. Ils représentent un problème sans fin.

Officiellement, ils vont être entreposés une trentaine d’année sur un site de 16 km2 autour de la centrale de Fukushima daï-ichi avant de trouver mieux. Et comme les autorités ne savent pas où les mettre après, elles veulent recycler les terres contaminées pour faire des routes, digues… ce qui suscite de fortes inquiétudes. Mais le ministère de l’environnement n’a pas d’autre solution à proposer, il s’obstine et met en avant les économies réalisées grâce à cette option.

Selon le Maïnichi, le ministère de l’environnement a sondé l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) à propos d’une saisie du « Radiation Council ». C’est obligatoire pour fixer des niveaux de référence en radioprotection. La NRA a refusé car le ministère n’a pas pu apporter les informations et garanties requises.

Le seuil envisagé pour la réutilisation serait, au maximum, de 8 000 Bq/kg, ce qui correspond au seuil introduit après la catastrophe de Fukushima à partir duquel ces déchets sont considérés comme radioactifs. Avant la catastrophe, le seuil de libération pour chaque césium était de 100 Bq/kg… La NRA a donc demandé au ministère des précisions sur la gestion des sols réutilisés et la durée de la surveillance. Elle voulait aussi en savoir plus sur les contrôles pour éviter les détournements et les stockages sauvages. La NRA s’inquièterait de l’utilisation de ces terres radioactives dans des cours, jardins ou pour des habitations etc… où il y aurait un risque plus grand d’exposition.

La NRA demande donc des garanties quant à la réutilisation de ces sols radioactifs avant d’autoriser la saisie du Radiation Council.

Dans un autre article, le Maïnichi a aussi révélé que la ministère de l’environnement avait coupé des passages gênants des verbatims des réunions qu’il a tenu à propos de la réutilisation des sols radioactifs avant de les publier pour répondre aux demandes d’accès à ces documents. Il apparaît aussi que le ministère a tout fait pour maintenir un seuil de recyclage élevé, malgré les risques calculés de dépasser 1 mSv/an.