La réponse de l’université médicale de Fukushima à l’étude sur l’augmentation de cancers de la thyroïde

L’université médicale de Fukushima a officiellement réagi à l’étude épidémiologique qui montre que l’augmentation constatée du nombre de cancers de la thyroïde – reconnue par tous – ne peut pas être expliquée par le dépistage systématique, ou effet “râteau”. Voir l’étude et la conférence de presse du principal auteur.

Rappelons que cette université est en charge du dépistage et du suivi. C’est aussi elle qui a opéré la plupart des enfants atteints d’un cancer de la thyroïde. Mais elle a toujours affirmé que l’augmentation constatée du nombre de cancers n’était pas liée à la catastrophe nucléaire, sans apporter d’autre explication solide. L’étude épidémiologique, quant à elle, se base sur les données officielles pour montrer que l’effet “râteau” lié au dépistage systématique ne peut pas expliquer l’augmentation constatée. Elle conclut qu’il n’y a pas d’autre explication que l’exposition aux retombées radioactives.

L’université médicale de Fukushima a finalement réagi par un communiqué en japonais et elle renvoie au commentaire qui va paraître dans le même journal scientifique que l’étude épidémiologique. Scott Davis, épidémiologiste américain, y explique le contexte sur une dizaine de pages sans rien apporter de nouveau. Il rappelle les conclusions de l’OMS et de l’UNSCEAR qui sont basées sur la modélisation et non l’observation. Sa seule critique est que l’on ne connaît pas la dose reçue par chaque enfant et que l’on ne peut donc rien conclure quant au lien entre la radioactivité et l’apparition du cancer de la thyroïde. Cela signifie-t-il qu’il est d’accord avec le reste de l’étude ? Il ne le dit pas.

En revanche, il explique que la catastrophe nucléaire est due à un tsunami “inimaginable”, que lors de la phase d’urgence, il y a plus urgent que de se préoccuper des effets à longs terme comme les cancers de la thyroïde, qu’avec la triple catastrophe, les autorités ont été dépassées… Tout cela n’a rien à voir avec les conclusions de l’étude épidémiologique et c’est même parfois erroné. Rappelons que la catastrophe nucléaire a été qualifiée de catastrophe d’origine humaine par la commission d’enquête parlementaire, que TEPCo savait que son mur anti-tsunami n’était pas suffisamment élevé… De tels arguments laissent penser qu’il croit au lien avec la catastrophe nucléaire et qu’il cherche à excuser les responsables.