Du déni de réalité à la catastrophe

En août 2002, c’est à dire neuf ans avant la catastrophe de Fukushima, l’ancienne « autorité » de sûreté, la NISA, avait demandé à TEPCo d’évaluer l’impact d’un tsunami suite à un séisme au large et l’exploitant aurait refusé. C’est ce qui ressort du témoignage de Shuji Kawahara, qui était à la tête d’une équipe en charge de la tenue aux séismes à la NISA. Cette demande faisait suite à la publication, le 31 juillet 2002, d’un rapport d’un comité d’experts gouvernemental qui estimait qu’un tsunami majeur, similaire à celui de 1896, pouvait frapper la côte pacifique du Japon à tout moment. Il estimait la probabilité à 20% dans les 30 prochaines années pour la partie allant de Chiba au Tôhoku.

Selon le Japan Times, qui a pu consulter le témoignage de Shuji Kawahara, une réunion a eu lieu le 5 août 2002 dans les locaux de la NISA pour discuter des conséquences du rapport. TEPCo aurait résisté pendant 40 minutes avant refuser d’évaluer l’impact d’un tsunami. Shuji Kawahara pense que cela aurait demandé beaucoup de moyens pour faire l’étude demandée et la NISA n’a pas plus insisté.

Ce témoignage a été produit par des plaignants qui réclament une meilleure indemnisation et est appuyé par une série de emails qui résument les discussions entre la NISA et TEPCo. La compagnie a refusé de répondre aux médias à ce propos.

Selon le Maïnichi, la NISA aurait refait une demande en 2006, suite au tsunami de 2004 qui avait ravagé l’Asie du Sud-Est et, comme on le sait déjà, en 2008, TEPCo avait estimé qu’un tsunami d’une hauteur de 15,7 m pourrait frapper la centrale de Fukushima daï-ichi, mais n’avait entrepris aucune action pour renforcer la protection des réacteurs nucléaires.

Le gouvernement, plus préoccupé par la promotion du nucléaire que par sa sûreté, n’a pas su imposer des contrôles plus stricts. La NISA était une branche du ministère de l’industrie, qui soutenait le développement de l’énergie nucléaire.