Fukushima+3 : le point sur le parc nucléaire

• Depuis la mise en place des nouvelles règles de sûreté, le 8 juillet 2013, aucun réacteur ne satisfait aux nouvelles normes et des investissements massifs sont nécessaires. La situation dépend de chaque installation. Certaines mesures bénéficient d’un délai de grâce de 5 ans. La NRA n’a reçu que 17 demandes d’autorisation de redémarrage de réacteur nucléaire, sur les 48 restant. Suite à un décompte que j’avais fait, il apparaissait qu’au moins un tiers du parc ne redémarrera probablement jamais. Il y a les failles sismiques maintenant considérées comme actives, les câbles électriques de 13 réacteurs avec un matériau isolant inflammable, les plans d’évacuation d’urgence dans un rayon de 30 km pas toujours réalisables… et l’opposition locale des élus qui ne touchent pas la taxe professionnelle.

L’Asahi a interrogé les exploitants à ce propos et il apparaît qu’il n’y aura pas de demande de redémarrage à court terme pour 30 réacteurs sur 48. Le quotidien estime que 13 réacteurs ne redémarreront pas. Il s’agit du réacteur n°2 de Tôkaï (Ibaraki), des trois réacteurs de Mihama (Fukui), de deux réacteurs à Ôï, Takahama et Tsuruga, toutes dans la province de Fukui, du réacteur n°1 de Shimané, d’Ikata (Ehimé) et Genkaï (Saga). Pour 5 d’entre eux, la limite d’âge de 40 ans est dépassée ou sera dépassée dans l’année (n°1 de Tsuruga, n°1 et 2 Mihama, n°1 de Shimané, n°1 de Takahama). On peut ajouter aussi les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni qui ont été noyés par le tsunami et pour lesquels l’opposition locale est, à juste titre, très forte. Et puis, il y a le réacteur n°5 de Hamaoka dans lequel de l’eau de mer est remontée jusque dans la cuve entraînant de la corrosion. On arrive donc à 18 réacteurs, ou 37,5% du parc. La liste pourrait s’allonger si d’autres failles, en cours d’inspection, sont considérées comme actives. A Hamaoka, située à proximité d’une faille réputée active et menaçante, une étude a montré qu’il faudrait jusqu’à 6 jours pour évacuer toute la population dans un rayon de 30 km. Un redémarrage est-il vraiment envisageable ?
Le réacteur n°2 de Tsuruga est sur une faille active. L’exploitant, qui possède aussi la centrale de Tôkaï risque de perdre tous ces réacteurs. Ce sera donc la fin pour cette compagnie qui ne fait que produire de l’électricité pour la revendre aux distributeurs.

L’instruction des dossiers de demande de redémarrage est bien avancée pour 10 réacteurs : le n°3 de Tomari (Hokkaïdô), les n°3 et 4 d’Ôï (Fukui), les n°3 et 4 de Takahama (Fukui) le n°3 d’Ikata, les n°3 et 4 de Genkaï et les n°1 et 2 Sendaï (Kagoshima). L’instruction des dossiers a pris du retard pour 7 autres réacteurs : les N°1 et 2 de Tomari (Hokkaïdô), le n°2 d’Onagawa (Miyagi), les n°6 et 7 de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata), le n°4 de Hamaoka (Shizuoka) et le n°2 de Shimané.

La télévision publique, la NHK, relève de son côté, que près d’un tiers des communes situées à moins de 30 km d’une centrale nucléaire n’ont toujours pas de plan d’évacuation. Elles ont du mal à trouver des structures d’accueil et sont en négociation avec des communes situées au-delà des 30 km. En ce qui concerne les hôpitaux et structures d’accueil des personnes dépendantes, seulement 7% ont déclaré avoir un plan d’évacuation et 44% non.