Voici quelques données extraites des nombreux tableaux sur la contamination de l’eau souterraine, de l’eau de mer et des poissons au mois d’août 2015.
TEPCo pompe toujours l’eau en amont des réacteurs pour le rejeter directement dans l’océan. Dans le puits de pompage n°9, la contamination en tritium a battu plusieurs records successifs : 280 Bq/l dans le prélèvement du 30 juillet, puis 310 Bq/l dans celui du 13 août et 320 Bq/L dans celui du 20 août. Puis, il y a eu une redescente à 300 Bq/l dans celui 27 août. C’est moins que la limite de rejet de 1 500 Bq/L. Dans le puits voisin n°10, cela dépasse parfois 1 500 Bq/L, mais avec la dilution, TEPCo respecte ses engagements.
Dans l’eau souterraine prélevée aux pieds des réacteurs, la contamination est toujours beaucoup plus élevée. Des records sont régulièrement battus ça et là. Ainsi, dans les prélèvements du 29 juillet, la contamination en tritium a atteint 9 200 et 2 700 Bq/L dans les deux puits. Parfois, c’est contamination bêta totale qui bat des records, comme dans le prélèvement du 3 août dans le puits n°1, avec 2 600 Bq/L, puis 2 900 Bq/L dans celui du 9 août et 3 200 Bq/L dans celui du 13 août et 3 700 Bq/L le 27 août. Là, la limite de rejet en mer est, à titre de comparaison, de 5 Bq/L. Evidemment, il y a des puits beaucoup plus contaminés, même si des records n’y sont plus battus. Cela montre jusqu’à 500 000 Bq/L en bêta total ou 100 000 Bq/L en tritium.
TEPCo met aussi en ligne des résultats sur la contamination en strontium-90 pour des prélèvements plus anciens, car la mesure prend du temps. Ainsi, dans ceux du 2 juillet, les résultats obtenus pour le strontium dépassent souvent ceux en bêta total, sans que cela ne semble gêner TEPCo. Le strontium est pourtant un émetteur bêta. Un record a été battu dans le puis n°1 avec 1 800 Bq/L. Cela monte jusqu’à 780 000 Bq/L dans un puits voisin, là où il avait 660 000 Bq/L en bêta total.
La contamination de l’eau de mer dans le port devant la centrale n’est pas en reste. Au milieu du port, il y a eu un record dans le prélèvement 28 août avec 79 Bq/L pour la somme des deux césium. A l’embouchure, du côté de l’océan, la contamination en césium mesurée en continu a eu quelques pics de concentration à la mi-août et atteint presque 2 Bq/L.
Du côté des poissons, ceux prélevés dans le port sont tous contaminés. La plus forte valeur est de 23 900 Bq/kg pour les deux césiums. Au large, à moins de 20 km de la centrale, tous les spécimens contrôlés avait une contamination inférieure à la limite de mise sur le marché de 100 Bq/kg. La plus forte contamination est de 25 Bq/kg.
Par ailleurs, le Japon et la Corée ne se sont pas entendus à propos de leur différend relatif à l’importation de produits marins et le Japon a donc sollicité la création d’un groupe d’arbitrage par l’OMC.